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mercredi 1 septembre 2010
dimanche 25 juillet 2010
Baby hammock
Merci a Capucine pour cet article.

Credit photo : http://www.naturessway.co.nz
Ma fille Charlotte a 10 mois et elle dort toujours dans un hamac pour enfant.
On me l’avait prete alors je me suis dit pourquoi pas essayer. Je l’y ai mise des la naissance et elle a fait tres vite ses nuits sans interruption.
Vers ses 9 mois voyant que le hamac devenait trop petit, j’ai essaye de lui faire passer ses nuits dans un lit, le meme ou elle fait ses siestes. Mais pendant 3 semaines elle se reveillait. J’ai donc decide de la remettre dans son hamac et la je me suis vraiment rendue compte de la difference. Elle y dort comme un loir et quand elle se reveille elle se rendort toute seule.
A notre retour de vacances, je l’ai remise dans son hamac et elle a souri, sourire qu’elle n’a pas fait quand je l’avais mise dans son lit.
Quand je la vois dormir dedans, elle degage vraiment une impression de bien etre.
Le hamac permet au bebe de dormir sur le dos, donc d’eviter les risques de mort subite, et de garder une position foetale grace au support souple. On peut les bercer facilement. J’utilise le ressort, ca fait des bercements en suspension, elle adore et trouve tres vite le sommeil. Le hamac est couramment utilise en Inde et en Chine parait-il.
Voici le lien : http://www.babyhammocks.com/

Credit photo : http://www.naturessway.co.nz
Ma fille Charlotte a 10 mois et elle dort toujours dans un hamac pour enfant.
On me l’avait prete alors je me suis dit pourquoi pas essayer. Je l’y ai mise des la naissance et elle a fait tres vite ses nuits sans interruption.
Vers ses 9 mois voyant que le hamac devenait trop petit, j’ai essaye de lui faire passer ses nuits dans un lit, le meme ou elle fait ses siestes. Mais pendant 3 semaines elle se reveillait. J’ai donc decide de la remettre dans son hamac et la je me suis vraiment rendue compte de la difference. Elle y dort comme un loir et quand elle se reveille elle se rendort toute seule.
A notre retour de vacances, je l’ai remise dans son hamac et elle a souri, sourire qu’elle n’a pas fait quand je l’avais mise dans son lit.
Quand je la vois dormir dedans, elle degage vraiment une impression de bien etre.
Le hamac permet au bebe de dormir sur le dos, donc d’eviter les risques de mort subite, et de garder une position foetale grace au support souple. On peut les bercer facilement. J’utilise le ressort, ca fait des bercements en suspension, elle adore et trouve tres vite le sommeil. Le hamac est couramment utilise en Inde et en Chine parait-il.
Voici le lien : http://www.babyhammocks.com/
jeudi 24 juin 2010
Le concept du continuum
Comme je l'ai deja exprime a plusieurs reprises dans mes commentaires sur ce blog, je pense - a force de lectures et de rencontres, dont certaines "indigenes" - que nos societes occidentales ont vecu une forme de liberation de la femme de maniere completement erronee et biaisee.
Ce n'est pas l'idee d'une liberation que je tend a remettre en cause, car elle fut bien entendu completement justifiee, normale et surtout necessaire. La femme en tant qu'egal de l'homme, moralement c'est une evidence pour la feministe que je suis. Non, je reviens plutot sur la forme et la direction que celle-ci a prise. Selon moi, elle a pris une tournure non-evolutive, dans le sens ou cette liberation s'est decallee, de-cadree : elle a ete deboulonnee de son socle et les deux se sont perdu de vue.
L'image de l'epanouissement personnel et individuel de la femme a ete transposee sur celle de l'homme. La femme en egal de l'homme sur ses droits est une chose. Mais pourtant la femme n'a rien de l'egal de l'homme dans une realite physique, physiologique & psychologique. Tout comme une femme n'est pas un homme, une mere n'est pas un pere et vis et versa. En revanche ces deux etres sont complementaires en plus d'etres compatibles. Une femme ne dispose pas des memes emotions que celles d'un homme ni des memes attributs physiques, qu'ils soient reproducteurs, hormonaux, musculaires, ect... Des etudes tres serieuses ont montre que le cerveau de la femme ne fonctionne pas exactement de la meme maniere que celui de l'homme ! Sans pour autant qu'il y en ai un meilleur que l'autre, ils sont justes differents. Je doute que deux etres aussi distincts puissent se rejoindre sur un epanouissement personnel identique, leurs roles et leurs fonctions dans une societe comme dans une famille. Evoluer ne veut pas forcement dire tout effacer, tout demonter. L'evolution n'est pas le nihilisme. Ce n'est pas non plus un integrisme des idees. Oui, la femme est un etre humain egal a l'homme en droits, mais non la femme n'est pas l'egal de l'homme ! Comme l'homme n'est pas l'egal de la femme.
La liberation de la femme a donc engendre la liberation de la mere. La maniere dont nous avons (mais aussi nos meres et nos grands-meres) aborde les choses a immanquablement engendre cette remise en question du role de la mere dans la societe et au sein de la famille. Pourtant la seule chose dont la mere semble s'etre liberee dans nos societes occidentales, particulierement en Europe, ressemble a un "fardeau", celui de son enfant ; elle peut continuer sa carriere apres quelques mois d'arrets de conges maternite, des infrastructures ont meme ete crees a cet effet : les creches, et puis il y a aussi les nourrices, les assistantes maternelles... On a bascule ici dans une image forte : pour que la femme puisse s'affranchir, elle doit s'affranchir de son enfant. On a ainsi gomme tous les rituels naturels, les dimensions humaines et les roles familiaux des individus feminins.
A mon sens c'est un drame. Et pour l'enfant et pour la femme-mere. Je crois meme que de nombreux troubles et mal-etres encontres par les enfants occidentaux ensuite, dans nos societes contemporaines, viennent de ce simple constat. Je crois que tous ces enfants places dans divers modes de garde desolidarises de la famille et ce, des leur plus jeune age (parfois 1 mois), vivent un manque emotionnel tres important. Tout comme la mere dans sa culpabilite cachee et refoulee et son enthousiasme a revendiquer son autonomie car elle s'inscrit dans un modele societal partage par la majorite. Il me semble pourtant qu'elle n'a pas trouve de reponses franches a son epanouissement et que bien souvent elle se retrouve tiraillee entre son besoin d'exister comme femme liberee et autonome, avec une carriere, une passion et pourtant d'etre une mere. Et puis il va sans dire que tres souvent c'est aussi pour des raisons economiques que certaines femmes travaillent. Nombre d'entres-elles n'ont absolument pas le choix. L'eclatement familial (les grands-parents plus toujours a cote non-plus pour aider) s'inscrit dans cette continuite de separation prematuree du bebe au sein de la famille emotionnelle, tactile, affective. Une nourrice, meme la meilleure de toutes n'est pas une mere et ne peut combler son role. Il faut realiser egalement qu'une journee de travail pour la mere est un temps incroyablement long et distandu pour un bebe et son echelle d'appreciation du temps. A mon sens un enfant ne devrait jamais vivre le drame des pleurs de la premiere journee en creche, voir des suivantes, qui sont des dechirures emotionnelles et qui alterent ensuite les capacites de l'enfant, meme si elles nous semblent invisibles apres un certain temps. La mere ne devrait pas vivre cette separation non plus. Et nous ne devrions pas laisser des "idees preconcues" legitimer ce fait, qui vehicule l'idee que c'est bon pour l'independance de l'enfant. C'est egalement ce que Maria Montessori remettait en question principalement dans sa philosophie de l'education. Il faut respecter TOUS les rythmes de l'enfant. Un enfant qui pleure lorsqu'il quitte sa mere est un enfant qui n'est pas pret et qui souffre. Le forcer ne lui fait pas de bien.
Dans d'autres contrees occidentales que la France, comme dans le pays ou je vis, c'est le schema inverse. Les femmes restent a la maison mais certaines ne sont pas pour autant heureuses, tout comme doivent l'etre leurs enfants, car elles ont eu une vie sociale et professionnelle intense avant d'avoir des enfants et se retrouver a la maison est tres difficile pour elles, parfois meme delicat et mesaventureux.
La aussi, la femme-mere qui reste a la maison contre son gre est un non-sens. Mais alors comment faire pour que nous, les femmes, trouvons notre place dans la societe d'aujourd'hui ? D'apres moi la reponse est simple, tres simple.
Pour cela il faudrait bousculer d'autres piliers "normalises" de la societe. Je crois que la femme devrait tout simplement aller travailler avec ses enfants. Je sais cela peut sembler dingue, mais c'est vraiment la solution qui me parle le plus et qui finalement est celle utilisee par des millions de femmes a travers le monde. Et je crois meme que cela recadrerait la position de l'enfant dans la societe, qui est aujourd'hui completement evince de la vie. Souvent car ils sont trop "bruyants", trop "agites". Oui, c'est la vie non ? Il y a dans le monde anglo-saxon de la zone oceanique (Australie et Nouvelle Zelande) de tres belles pistes du genre qui commencent a emmerger. D'autres qui font partie integrante de la vie depuis belle lurette. Par exemple, mon mari passe chercher sa fille de 5 ans a l'ecole une fois par semaine - a 15 heures - pour l'emmener avec lui a son travail. Il ne le fait pas car nous en avons besoin nous parents. Non je pourrais aller chercher ma fille ce jour la. Il le fait dans le seul but d'emmener sa fille avec lui pour partager avec elle, sa vie. Parfois il arrive en effet que si j'ai une urgence indeplacable pour mon propre travail et que je ne peux emmener mon fils avec moi (sur un chantier par exemple, je suis architecte pendant les siestes et la nuit de maniere occasionnelle pour garder la main, le coeur mais aussi mettre du beurre dans les epinards), je depose mon fils de 2 ans a son travail (industrie medicale). Il est toujours accueuilli merveilleusement bien. Chose que tous les employes de cette boite font regulierement et pas seulement les managers... Et ce n'est pas la seule ! C'est aussi redonner un visage humain au monde qui nous entoure, nous ne sommes pas que des pions de productions mais aussi des etres vivants. Mais pour cela il faut se battre et s'affirmer. Poser nos conditions a l'employeur.
Fascinee par l'anthropologie, l'ethnologie, la sociologie et autres questions inherentes au genre humain, j'ai decouvert la pensee de Jean Liedolff "A la recherche du bonheur perdu" peu apres celle de M. Montessori et l'idee du concept du continuum qui s'inscrivait comme un echo a mon ressenti.
"Le concept du continuum : à la recherche du bonheur perdu est un essai de Jean Liedloff. L'auteur y dénonce les théories ou pratiques occidentales visant à séparer très tôt le nourrisson de sa mère. Au contraire, Jean Liedloff cherche à démontrer la nécessité de conserver le contact physique mère-enfant jusqu'à ce que l'enfant s'en détache tout seul.
La principale justification est qu'un nourrisson qui passe neuf mois au contact permanent avec sa mère ne peut être enlevé du jour au lendemain de sa présence. Au lieu d'isoler l'enfant dans une chambre à part dans un lit sans vie, l'auteur propose de le laisser partager la vie de la mère tant qu'il le réclame. En effet, selon l'auteur, lorsqu'il apparaît au monde, l'enfant a besoin d'être rassuré sur sa propre existence et sur l'amour qu'il reçoit. Alors qu'il ne peut conceptualiser ce besoin, l'enfant ressent l'absolu nécessité d'être entouré à chaque instant comme il le fut dans le ventre de sa mère. L'auteur conseille que l'enfant soit ainsi constamment porté par la mère pour découvrir le monde à travers elle. Peu à peu, l'enfant appréhende ainsi ce qui l'entoure en toute sécurité. Lorsqu'il sera assez confiant en ses capacités, il quittera de lui-même sa mère pour explorer son environnement. Néanmoins à chaque instant, il sait qu'il pourra revenir vers sa mère s'il en ressent le besoin.
L'auteur fonde principalement sa démonstration sur le témoignage de son vécu dans la jungle amazonienne au contact de tribus (les Yekwanas et les Sanemas) dont elle trouva les membres particulièrement épanouis et heureux.
La critique majeure formulée est qu'en ne forçant pas la coupure avec la mère, l'enfant risque d'être trop gâté et de ne jamais pouvoir prendre son indépendance.
L'auteur y répond par l'inverse. En fournissant le plus proche soutien à l'enfant, au moment où il en a besoin, celui-ci conservera tout au long de sa vie en lui le sentiment qu'il est un être aimé. Au contraire, en sevrant l'enfant beaucoup trop tôt ce dernier recherchera toute sa vie à combler l'amour et la présence qu'il n'a pas reçu étant tout petit. Selon Jean Liedloff, ce sevrage peut être par la suite la source d'un besoin permanent de compétition pour acquérir l'attention d'autrui ou alors faciliter la dépendance en général pour combler le vide tragique vécu étant bébé.
Dans sa description de la tribu des Yekwanas, Jean Liedloff dépeint de jeunes enfants confiants en eux-mêmes et surtout très calmes car il ne cherche jamais à attirer l'attention sur eux-mêmes pour se sentir aimer ou exister. De même, quand il sera plus âgé, si un enfant vit une terrible douleur il n'aura aucune honte à retourner voir sa mère pour aller pleurer dans ses bras et aucun enfant ne se moquera de lui.
L'ouvrage de Jean Liedloff ne permet pas réellement de distinguer cette pratique éducative de son contexte d'application dans la forêt amazonienne. Il est donc justifié de s'interroger sur l'application concrète de cette pratique dans les sociétés occidentales modernes, où la mère doit reprendre le travail quelques mois après l'accouchement par exemple.
Selon l'auteur, de nombreuses pathologies des sociétés occidentales modernes (comme la compétition ou un utilitarisme exacerbé) sont liées à la non-écoute des enfants lors de leur plus jeune âge. Pour améliorer la situation, Jean Liedloff conseille de mettre en application le continuum chaque fois que possible. Par exemple, en dormant avec l'enfant ("co-dodo" ou "co-sleeping") ou bien en le portant sur la hanche autant que possible lors des tâches ménagères. Pour Jean Liedloff, au lieu de revenir des courses avec l'enfant dans la poussette, il vaut mieux mettre les courses dans la poussette et porter l'enfant.
On retrouve dans le concept du continuum une approche similaire aux approches éducatives centrées sur l'enfant. Par exemple, la pédagogie Montessori insiste de la même manière sur la liberté de l'enfant quant à son rythme d'apprentissage."
© Copyright Auteurs de Wikipedia - Source Wikipedia - Cet article est sous CC-BY-SA.
Ce n'est pas l'idee d'une liberation que je tend a remettre en cause, car elle fut bien entendu completement justifiee, normale et surtout necessaire. La femme en tant qu'egal de l'homme, moralement c'est une evidence pour la feministe que je suis. Non, je reviens plutot sur la forme et la direction que celle-ci a prise. Selon moi, elle a pris une tournure non-evolutive, dans le sens ou cette liberation s'est decallee, de-cadree : elle a ete deboulonnee de son socle et les deux se sont perdu de vue.
L'image de l'epanouissement personnel et individuel de la femme a ete transposee sur celle de l'homme. La femme en egal de l'homme sur ses droits est une chose. Mais pourtant la femme n'a rien de l'egal de l'homme dans une realite physique, physiologique & psychologique. Tout comme une femme n'est pas un homme, une mere n'est pas un pere et vis et versa. En revanche ces deux etres sont complementaires en plus d'etres compatibles. Une femme ne dispose pas des memes emotions que celles d'un homme ni des memes attributs physiques, qu'ils soient reproducteurs, hormonaux, musculaires, ect... Des etudes tres serieuses ont montre que le cerveau de la femme ne fonctionne pas exactement de la meme maniere que celui de l'homme ! Sans pour autant qu'il y en ai un meilleur que l'autre, ils sont justes differents. Je doute que deux etres aussi distincts puissent se rejoindre sur un epanouissement personnel identique, leurs roles et leurs fonctions dans une societe comme dans une famille. Evoluer ne veut pas forcement dire tout effacer, tout demonter. L'evolution n'est pas le nihilisme. Ce n'est pas non plus un integrisme des idees. Oui, la femme est un etre humain egal a l'homme en droits, mais non la femme n'est pas l'egal de l'homme ! Comme l'homme n'est pas l'egal de la femme.
La liberation de la femme a donc engendre la liberation de la mere. La maniere dont nous avons (mais aussi nos meres et nos grands-meres) aborde les choses a immanquablement engendre cette remise en question du role de la mere dans la societe et au sein de la famille. Pourtant la seule chose dont la mere semble s'etre liberee dans nos societes occidentales, particulierement en Europe, ressemble a un "fardeau", celui de son enfant ; elle peut continuer sa carriere apres quelques mois d'arrets de conges maternite, des infrastructures ont meme ete crees a cet effet : les creches, et puis il y a aussi les nourrices, les assistantes maternelles... On a bascule ici dans une image forte : pour que la femme puisse s'affranchir, elle doit s'affranchir de son enfant. On a ainsi gomme tous les rituels naturels, les dimensions humaines et les roles familiaux des individus feminins.
A mon sens c'est un drame. Et pour l'enfant et pour la femme-mere. Je crois meme que de nombreux troubles et mal-etres encontres par les enfants occidentaux ensuite, dans nos societes contemporaines, viennent de ce simple constat. Je crois que tous ces enfants places dans divers modes de garde desolidarises de la famille et ce, des leur plus jeune age (parfois 1 mois), vivent un manque emotionnel tres important. Tout comme la mere dans sa culpabilite cachee et refoulee et son enthousiasme a revendiquer son autonomie car elle s'inscrit dans un modele societal partage par la majorite. Il me semble pourtant qu'elle n'a pas trouve de reponses franches a son epanouissement et que bien souvent elle se retrouve tiraillee entre son besoin d'exister comme femme liberee et autonome, avec une carriere, une passion et pourtant d'etre une mere. Et puis il va sans dire que tres souvent c'est aussi pour des raisons economiques que certaines femmes travaillent. Nombre d'entres-elles n'ont absolument pas le choix. L'eclatement familial (les grands-parents plus toujours a cote non-plus pour aider) s'inscrit dans cette continuite de separation prematuree du bebe au sein de la famille emotionnelle, tactile, affective. Une nourrice, meme la meilleure de toutes n'est pas une mere et ne peut combler son role. Il faut realiser egalement qu'une journee de travail pour la mere est un temps incroyablement long et distandu pour un bebe et son echelle d'appreciation du temps. A mon sens un enfant ne devrait jamais vivre le drame des pleurs de la premiere journee en creche, voir des suivantes, qui sont des dechirures emotionnelles et qui alterent ensuite les capacites de l'enfant, meme si elles nous semblent invisibles apres un certain temps. La mere ne devrait pas vivre cette separation non plus. Et nous ne devrions pas laisser des "idees preconcues" legitimer ce fait, qui vehicule l'idee que c'est bon pour l'independance de l'enfant. C'est egalement ce que Maria Montessori remettait en question principalement dans sa philosophie de l'education. Il faut respecter TOUS les rythmes de l'enfant. Un enfant qui pleure lorsqu'il quitte sa mere est un enfant qui n'est pas pret et qui souffre. Le forcer ne lui fait pas de bien.
Dans d'autres contrees occidentales que la France, comme dans le pays ou je vis, c'est le schema inverse. Les femmes restent a la maison mais certaines ne sont pas pour autant heureuses, tout comme doivent l'etre leurs enfants, car elles ont eu une vie sociale et professionnelle intense avant d'avoir des enfants et se retrouver a la maison est tres difficile pour elles, parfois meme delicat et mesaventureux.
La aussi, la femme-mere qui reste a la maison contre son gre est un non-sens. Mais alors comment faire pour que nous, les femmes, trouvons notre place dans la societe d'aujourd'hui ? D'apres moi la reponse est simple, tres simple.
Pour cela il faudrait bousculer d'autres piliers "normalises" de la societe. Je crois que la femme devrait tout simplement aller travailler avec ses enfants. Je sais cela peut sembler dingue, mais c'est vraiment la solution qui me parle le plus et qui finalement est celle utilisee par des millions de femmes a travers le monde. Et je crois meme que cela recadrerait la position de l'enfant dans la societe, qui est aujourd'hui completement evince de la vie. Souvent car ils sont trop "bruyants", trop "agites". Oui, c'est la vie non ? Il y a dans le monde anglo-saxon de la zone oceanique (Australie et Nouvelle Zelande) de tres belles pistes du genre qui commencent a emmerger. D'autres qui font partie integrante de la vie depuis belle lurette. Par exemple, mon mari passe chercher sa fille de 5 ans a l'ecole une fois par semaine - a 15 heures - pour l'emmener avec lui a son travail. Il ne le fait pas car nous en avons besoin nous parents. Non je pourrais aller chercher ma fille ce jour la. Il le fait dans le seul but d'emmener sa fille avec lui pour partager avec elle, sa vie. Parfois il arrive en effet que si j'ai une urgence indeplacable pour mon propre travail et que je ne peux emmener mon fils avec moi (sur un chantier par exemple, je suis architecte pendant les siestes et la nuit de maniere occasionnelle pour garder la main, le coeur mais aussi mettre du beurre dans les epinards), je depose mon fils de 2 ans a son travail (industrie medicale). Il est toujours accueuilli merveilleusement bien. Chose que tous les employes de cette boite font regulierement et pas seulement les managers... Et ce n'est pas la seule ! C'est aussi redonner un visage humain au monde qui nous entoure, nous ne sommes pas que des pions de productions mais aussi des etres vivants. Mais pour cela il faut se battre et s'affirmer. Poser nos conditions a l'employeur.
Fascinee par l'anthropologie, l'ethnologie, la sociologie et autres questions inherentes au genre humain, j'ai decouvert la pensee de Jean Liedolff "A la recherche du bonheur perdu" peu apres celle de M. Montessori et l'idee du concept du continuum qui s'inscrivait comme un echo a mon ressenti.
"Le concept du continuum : à la recherche du bonheur perdu est un essai de Jean Liedloff. L'auteur y dénonce les théories ou pratiques occidentales visant à séparer très tôt le nourrisson de sa mère. Au contraire, Jean Liedloff cherche à démontrer la nécessité de conserver le contact physique mère-enfant jusqu'à ce que l'enfant s'en détache tout seul.
La principale justification est qu'un nourrisson qui passe neuf mois au contact permanent avec sa mère ne peut être enlevé du jour au lendemain de sa présence. Au lieu d'isoler l'enfant dans une chambre à part dans un lit sans vie, l'auteur propose de le laisser partager la vie de la mère tant qu'il le réclame. En effet, selon l'auteur, lorsqu'il apparaît au monde, l'enfant a besoin d'être rassuré sur sa propre existence et sur l'amour qu'il reçoit. Alors qu'il ne peut conceptualiser ce besoin, l'enfant ressent l'absolu nécessité d'être entouré à chaque instant comme il le fut dans le ventre de sa mère. L'auteur conseille que l'enfant soit ainsi constamment porté par la mère pour découvrir le monde à travers elle. Peu à peu, l'enfant appréhende ainsi ce qui l'entoure en toute sécurité. Lorsqu'il sera assez confiant en ses capacités, il quittera de lui-même sa mère pour explorer son environnement. Néanmoins à chaque instant, il sait qu'il pourra revenir vers sa mère s'il en ressent le besoin.
L'auteur fonde principalement sa démonstration sur le témoignage de son vécu dans la jungle amazonienne au contact de tribus (les Yekwanas et les Sanemas) dont elle trouva les membres particulièrement épanouis et heureux.
La critique majeure formulée est qu'en ne forçant pas la coupure avec la mère, l'enfant risque d'être trop gâté et de ne jamais pouvoir prendre son indépendance.
L'auteur y répond par l'inverse. En fournissant le plus proche soutien à l'enfant, au moment où il en a besoin, celui-ci conservera tout au long de sa vie en lui le sentiment qu'il est un être aimé. Au contraire, en sevrant l'enfant beaucoup trop tôt ce dernier recherchera toute sa vie à combler l'amour et la présence qu'il n'a pas reçu étant tout petit. Selon Jean Liedloff, ce sevrage peut être par la suite la source d'un besoin permanent de compétition pour acquérir l'attention d'autrui ou alors faciliter la dépendance en général pour combler le vide tragique vécu étant bébé.
Dans sa description de la tribu des Yekwanas, Jean Liedloff dépeint de jeunes enfants confiants en eux-mêmes et surtout très calmes car il ne cherche jamais à attirer l'attention sur eux-mêmes pour se sentir aimer ou exister. De même, quand il sera plus âgé, si un enfant vit une terrible douleur il n'aura aucune honte à retourner voir sa mère pour aller pleurer dans ses bras et aucun enfant ne se moquera de lui.
L'ouvrage de Jean Liedloff ne permet pas réellement de distinguer cette pratique éducative de son contexte d'application dans la forêt amazonienne. Il est donc justifié de s'interroger sur l'application concrète de cette pratique dans les sociétés occidentales modernes, où la mère doit reprendre le travail quelques mois après l'accouchement par exemple.
Selon l'auteur, de nombreuses pathologies des sociétés occidentales modernes (comme la compétition ou un utilitarisme exacerbé) sont liées à la non-écoute des enfants lors de leur plus jeune âge. Pour améliorer la situation, Jean Liedloff conseille de mettre en application le continuum chaque fois que possible. Par exemple, en dormant avec l'enfant ("co-dodo" ou "co-sleeping") ou bien en le portant sur la hanche autant que possible lors des tâches ménagères. Pour Jean Liedloff, au lieu de revenir des courses avec l'enfant dans la poussette, il vaut mieux mettre les courses dans la poussette et porter l'enfant.
On retrouve dans le concept du continuum une approche similaire aux approches éducatives centrées sur l'enfant. Par exemple, la pédagogie Montessori insiste de la même manière sur la liberté de l'enfant quant à son rythme d'apprentissage."
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mardi 18 mai 2010
La "suite" ou l'apres Montessori
Vous etes nombreux a vous poser la question de comment se passe la suite, l'apres Montessori, comment les enfants s'adaptent ensuite a l'ecole dite "normale" lorsqu'ils ont termine leur cursus vers l'age de 12 ans. Comment les enfants vivent-ils cette fameuse "transition" ?
Voici donc le temoignage d'une etudiante que j'ai rencontre l'annee derniere lors d'un seminaire et avec qui j'ai pu discuter longuement de ce sujet. Elle n'est pas la seule, mais elle a offert son temoignage a notre ecole de quartier, car elle est non seulement consciente de l'importance de la promotion de cet enseignement si particulier, mais egalement car elle en a tire des enseignements personnels fabuleux. Je me rejouis de partager ce lien avec vous. Son texte est en anglais. Si jamais il est incomprehensible a certains d'entre vous, je le traduirais volontier dans ses grandes lignes.
Edit du 21 mai 2010, traduction autorisee du temoignage :
"J'etais etudiante a l'ecole Montessori. Pas seulement etudiante en fait. Montessori etait comme ma maison et meme ma famille. Quitter l'ecole fut une histoire, mais plutot que de la quitter dans la tristesse je suis partie avec l'excitation d'aller dans ma nouvelle ecole.
La premiere fois que j'ai visite ma nouvelle ecole j'etais emerveille par l'ouverture des gens et la liberte que l'on pouvait ressentir dans ces couloirs avec leurs casiers.
Arriver dans cette nouvelle ecole etait quelque chose de completement different pourtant. Lorsque j'ai commence les cours la bas, on parlait beaucoup de comment s'ajuster a ce nouvel environnement et de la difficulte que cela serait, l'idee d'avoir des devoirs et projets a faire a la maison, autant de differents professeurs, autant de classes, autant d'emplois du temps et l'enfermement...
Quiconque ayant suivi un cursus Montessori se rappelle surement s'inquieter au sujet de son manque de preparation pour la transition avec le college. Mais cette inquietude n'a pas lieu d'etre. Il n'y a aucune raison d'empecher un enfant de suivre quelque chose d'aussi incroyable, sculpteur et beau que Montessori pour cette raison qui est d'etre sur que l'enfant puisse finir ses devoirs ou ecouter en classe. Car cela arrive simplement, cela se passe, juste comme ca.
La philosophie Montessori est quelque chose qui prend des heures a etre explique dans son ensemble. Mais les choses importantes que Montessori vous apprend, c'est d'etre responsable de votre travail et d'aimer apprendre. Cette motivation qui conforte chaque Montessorien est quelque chose qui reste avec vous toute votre vie. Vivre sa vie depuis l'age de 3 ans, apprendre ainsi et se nourir de cette maniere, ce n'est pas seulement le suivre, c'est le devenir, c'est l'etre. Cet esprit montessorien vous suit dans cette “transition”.
Lorsque je suis arrive dans ma nouvelle ecole, j'ai decouvert un environnement formidable. Bien entendu, tres different de Montessori, ou je me sentais comme a la maison avec mes amis.
J'ai pourtant adore cette annee. Cela m'a pris un certain temps pour m'adapter, avec tous ces changements, mais je n'ai eu aucun probleme. Faire des devoirs egalement, je les fait, c'est tout. Lorsque les devoirs arrivent, je fais de mon mieux, lorsque les tests sont annonces, je revise. Cela aurait ete une veritable peine si je n'avais pas eu mon education montessorienne. Certains de mes camarades ici, n'aiment pas travailler, ni apprendre en face d'un tableau. Je pense que parcequ'ils n'ont pas grandit dans un environnement montessorien cela ne les aide pas non plus. Je me souviens me demander lorsque j'etais a Montessori, comment etait l'ecole assis devant un tableau. Heureusement ce n'est pas comme cela dans toutes les ecoles, en tous cas, pas dans mon ecole maintenant. Dernierement nous avons fait des trucs supers en Anglais, filmer et meme monter nos propres films. Apprendre peut etre sympa avec ces ressources qui nous sont offertes.
A Montessori, j'ai le sentiment d'avoir realise de forts achevements, j'ai eu beaucoup d'amusements aussi avec mes amis, et la meme chose arrive maintenant ici.
[…] (L'auteur parle ici de concours auquels elle a participe et meme gagne au sein de sa nouvelle ecole, de quelle maniere positive elle prend l'esprit de competition, ect...).
Mais la vie ce n'est pas gagner. J'ai adore cette annee et je voudrais remercier Montessori pour ce si parfait type de preparation mis a notre disposition, qui nous etire bien plus que le travail et les devoirs a la maison. Montessori c'est la vie, et cela vous guidera pour toujours. Et cela devrait etre ainsi pour chacun."
Ella Maple, 13 ans. Diplomee de l'ecole Montessori de Sydney en 2002.
Voici donc le temoignage d'une etudiante que j'ai rencontre l'annee derniere lors d'un seminaire et avec qui j'ai pu discuter longuement de ce sujet. Elle n'est pas la seule, mais elle a offert son temoignage a notre ecole de quartier, car elle est non seulement consciente de l'importance de la promotion de cet enseignement si particulier, mais egalement car elle en a tire des enseignements personnels fabuleux. Je me rejouis de partager ce lien avec vous. Son texte est en anglais. Si jamais il est incomprehensible a certains d'entre vous, je le traduirais volontier dans ses grandes lignes.
Edit du 21 mai 2010, traduction autorisee du temoignage :
"J'etais etudiante a l'ecole Montessori. Pas seulement etudiante en fait. Montessori etait comme ma maison et meme ma famille. Quitter l'ecole fut une histoire, mais plutot que de la quitter dans la tristesse je suis partie avec l'excitation d'aller dans ma nouvelle ecole.
La premiere fois que j'ai visite ma nouvelle ecole j'etais emerveille par l'ouverture des gens et la liberte que l'on pouvait ressentir dans ces couloirs avec leurs casiers.
Arriver dans cette nouvelle ecole etait quelque chose de completement different pourtant. Lorsque j'ai commence les cours la bas, on parlait beaucoup de comment s'ajuster a ce nouvel environnement et de la difficulte que cela serait, l'idee d'avoir des devoirs et projets a faire a la maison, autant de differents professeurs, autant de classes, autant d'emplois du temps et l'enfermement...
Quiconque ayant suivi un cursus Montessori se rappelle surement s'inquieter au sujet de son manque de preparation pour la transition avec le college. Mais cette inquietude n'a pas lieu d'etre. Il n'y a aucune raison d'empecher un enfant de suivre quelque chose d'aussi incroyable, sculpteur et beau que Montessori pour cette raison qui est d'etre sur que l'enfant puisse finir ses devoirs ou ecouter en classe. Car cela arrive simplement, cela se passe, juste comme ca.
La philosophie Montessori est quelque chose qui prend des heures a etre explique dans son ensemble. Mais les choses importantes que Montessori vous apprend, c'est d'etre responsable de votre travail et d'aimer apprendre. Cette motivation qui conforte chaque Montessorien est quelque chose qui reste avec vous toute votre vie. Vivre sa vie depuis l'age de 3 ans, apprendre ainsi et se nourir de cette maniere, ce n'est pas seulement le suivre, c'est le devenir, c'est l'etre. Cet esprit montessorien vous suit dans cette “transition”.
Lorsque je suis arrive dans ma nouvelle ecole, j'ai decouvert un environnement formidable. Bien entendu, tres different de Montessori, ou je me sentais comme a la maison avec mes amis.
J'ai pourtant adore cette annee. Cela m'a pris un certain temps pour m'adapter, avec tous ces changements, mais je n'ai eu aucun probleme. Faire des devoirs egalement, je les fait, c'est tout. Lorsque les devoirs arrivent, je fais de mon mieux, lorsque les tests sont annonces, je revise. Cela aurait ete une veritable peine si je n'avais pas eu mon education montessorienne. Certains de mes camarades ici, n'aiment pas travailler, ni apprendre en face d'un tableau. Je pense que parcequ'ils n'ont pas grandit dans un environnement montessorien cela ne les aide pas non plus. Je me souviens me demander lorsque j'etais a Montessori, comment etait l'ecole assis devant un tableau. Heureusement ce n'est pas comme cela dans toutes les ecoles, en tous cas, pas dans mon ecole maintenant. Dernierement nous avons fait des trucs supers en Anglais, filmer et meme monter nos propres films. Apprendre peut etre sympa avec ces ressources qui nous sont offertes.
A Montessori, j'ai le sentiment d'avoir realise de forts achevements, j'ai eu beaucoup d'amusements aussi avec mes amis, et la meme chose arrive maintenant ici.
[…] (L'auteur parle ici de concours auquels elle a participe et meme gagne au sein de sa nouvelle ecole, de quelle maniere positive elle prend l'esprit de competition, ect...).
Mais la vie ce n'est pas gagner. J'ai adore cette annee et je voudrais remercier Montessori pour ce si parfait type de preparation mis a notre disposition, qui nous etire bien plus que le travail et les devoirs a la maison. Montessori c'est la vie, et cela vous guidera pour toujours. Et cela devrait etre ainsi pour chacun."
Ella Maple, 13 ans. Diplomee de l'ecole Montessori de Sydney en 2002.
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dimanche 2 mai 2010
La question de la fessée éclairée par Alice Miller
Juste pour compléter le texte de Sand et le débat qui en a découlé... (cliquez sur le lien pour accéder au document)"Sans fessée comment faire?"
Bonne lecture et merci au Papillon pour ce lien :-)
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mercredi 28 avril 2010
Pour aller plus loin
Des propos d'Albert Jacquard.
Note aux lecteurs. N'hesitez pas a diffuser autour de vous tous les materiaux qui sont presentes sur ce blog, que ce soient les videos, les textes, les commentaires ou les images des lors qu'ils sont autorises.
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jeudi 22 avril 2010
La question de la fessée
Recemment j'ai lu quelques articles sur la toile, dans la presse francaise, sur la question de l'usage de la fessee, en reponse, entre autre, a l'etude d'une chercheuse americaine de l'universite de Tulane, Catherine Taylor, qui expose que les enfants recevant des punitions corporelles ont une forte tendance a l'agressivite, qu'elle soit orale ou physique.
De plus, l'une de nos lectrices nous a egalement pose cette question interessante qui meritait bien plus qu'une reponse en commentaire : “Vous aviez évoqué la question de la punition, c'était également intéressant, j'aimerais beaucoup en savoir plus sur les rapports d'autorité, de guidage, le positionnement parents/enfants, les réactions face à la colère de son enfant, ou à son agressivité par exemple”.
Je vais tenter d'orienter la discussion en debat d'idees par la suite, via les commentaires, mais je vais tout de meme faire etat ici de mon point de vue personnel sur cette question de l'emploi de la fessee sur un enfant.
Je crois tout simplement que l'emploi de toute violence, qu'elle soit physique ou verbale, pour toute raison et dans toute situation que ce soit, d'un faible ou d'un fort niveau d'intensite, a l'encontre de n'importe quel enfant, est immorale.
L'enfant est un etre qui doit tout apprendre de la vie. C'est un etre qui cherche a poser des limites autour de lui et dans le monde qui l'entoure. Il doit apprendre a respecter l'autre, mais aussi a se respecter lui-meme.
Je crois sans fin que l'enfant est capable de poser ces limites par lui-meme, a la simple et pourtant facile condition qu'il soit guide, qu'on lui montre le chemin du respect mutuel et l'exemple, qu'on lui explique pourquoi un geste est “mauvais” alors qu'un autre est “bon”. Il lui faut donc comprendre les notions de “mal” et de “bien”. Et pour les comprendre, pour bien les definir, il a besoin de les vivre. Comme un scientifique a besoin de verifier ses theories par l'experience pour les valider, l'enfant a besoin de verifier par lui meme ces limites et ces notions a travers ses actes. L'experience de la vie est individuelle et non pas universelle.
Comme pour tout apprentissage, que ce soit celui de la proprete, du partage, de la connaissance, de la vie en communaute, l'enfant a besoin de repeter et encore repeter une action, un geste, pour se conforter dans son “idee” qu'il a de la chose face a la reaction qu'il entraine, qu'elle vienne de la personne en face de lui ou de l'outil qu'il manipule.
Il est donc normal – dans le processus - qu'un enfant qui tape un autre enfant, ou l'un de ses parents par exemple, reproduise cette experience plusieurs fois, jusqu'a ce qu'il ait “conscience” de son geste et des implications de ce geste. L'adulte est donc present a ce moment pour lui expliquer calmement que son geste a fait mal, que la violence n'est pas tolerable par celui qui a ete violente. Si en revanche l'adulte repond par une tape, une gifle ou meme une fessee, tout ce rapport de confiance que l'enfant entretient avec ses propres idees, toutes ces notions pourtant evidentes et fondamentales s'ecroulent dans l'esprit de l'enfant, il perd alors ses reperes, sa logique est ebranlee. Il va lui falloir faire preuve d'encore plus de bonne volonte, d'efforts, pour parvenir a comprendre pourquoi il est “interdit” de frapper mais pourquoi celui qui est en face, l'adulte, le fait sans le moindre probleme et pourquoi cela semble “legitime”. L'enfant vit un paradoxe. Et c'est un paradoxe de taille a mon sens, qui regira ensuite beaucoup des emotions que l'enfant une fois devenu adulte aura a gerer avec ses semblables dans la societe.
A ce stade, la confiance de l'enfant en lui-meme se retrouve egalement mise a mal. L'adulte n'est pas son semblable, mais un etre superieur a lui. Il commence a ressentir une injustice. Et la, c'est une porte ouverte a tout un tas de mechanismes qui devraient sembler evidents...
Je crois que la fessee est une reponse erronee et qu'elle entretient reellement des differences d'appreciation entre les hommes. Un enfant n'est nullement inferieur a un adulte. Il est simplement un adulte en devenir. L'enfant ne doit a l'adulte ni soumission, ni obeissance. Il lui doit en revanche respect et gratitude.
L'education est une philosophie, qui doit etre coherente dans son ensemble. Si elle ne l'est pas, des espaces blancs ou vides se forment entre les “idees” que l'enfant construit. En revanche, si son education est un ensemble logique, au fonctionnement presque mathematique, alors ces espaces blancs ne se forment pas et l'enfant assimile d'autant plus vite ces notions fondamentales qui compose le monde qui l'entoure. Maria Montessori a fait un travail de recherche remarquable en ce sens.
Pour ce qui est de ma propre facon d'envisager les choses avec mes propres enfants, qui me semble-t-il sont des etres respectueux, sans violence aucune, ni la moindre agressivite a l'heure d'aujourd'hui, est que je les considere comme des etres, des individus a part entiere. Il y a peu de limites vraiment imposees dans notre maison. Nous laissons enormement nos enfants apprendre d'eux meme. Les accidents de la vie ne sont jamais reprimandes. Je ne crie pas non plus. Je prend le temps autant que possible de m'agenouiller a la hauteur de l'enfant, de lui expliquer calmement la situation. Si l'enfant est en crise, ce qui se produit assez rarement chez nous, je le laisse faire et l'isole pour qu'il ne derange pas les autres tout en etant sure qu'il ne risque rien et qu'il ne peut pas se faire mal. J'utilise tres souvent un endroit neutre de la maison pour se faire. L'enfant s'assoit sur le sol, il doit reflechir a ce qui vient de se passer. Une fois qu'il est calme, il revient de lui meme et nous en discutons. Je n'ai jamais frappe l'un de mes enfants, ni meme donne une tape sur la main.
Il m'arrive d'avoir mes moments de fatigue et d'impatience, il m'arrive de deraper et de gronder en haussant le ton parfois, je vais a contre-courant de ma propre education, ce n'est pas toujours evident j'en suis consciente, et ce, meme si c'est de plus en plus rare pour ma part. Mais dans ce cas-la je m'excuse. Je fais comprendre a mes enfants que c'etait une erreur, que je n'aurais pas du m'enerver. Ils le comprennent parfaitement, car dans leur esprit, le bien et le mal est clair, limpide et ces notions sont partagees par leurs parents, il n'y a pas de legitimisations de cette notion de "mal", qui seraient dues a l'age, la taille ou encore l'experience. Nous sommes tous des etres egaux.
Pour finir, je suis la premiere a critiquer les livres de Claude Halmos et les arguments partisans de la fessee, en revanche je ne partage pas du tout l'idee que "la fessée soit purement et simplement bannie de France" comme la pediatre et deputee UMP, Edwige Antier, qui a depose en novembre 2009 une proposition de loi pour la faire interdire. Meme si je pense que la France a un serieux train de retard sur sa facon d'aborder certaines questions de societe, je crois que la bonne evolution de l'humanite reside dans le fait que la prise de conscience doit etre individuelle, reflechie et avisee, mais surtout l'aboutissement d'une reflexion personnelle dans le but de s'ameliorer, en tant que parent, mais egalement en tant que personne, individu et etre humain. Car c'est du simple bon sens, finalement, cette question de la fessee.
De plus, l'une de nos lectrices nous a egalement pose cette question interessante qui meritait bien plus qu'une reponse en commentaire : “Vous aviez évoqué la question de la punition, c'était également intéressant, j'aimerais beaucoup en savoir plus sur les rapports d'autorité, de guidage, le positionnement parents/enfants, les réactions face à la colère de son enfant, ou à son agressivité par exemple”.
Je vais tenter d'orienter la discussion en debat d'idees par la suite, via les commentaires, mais je vais tout de meme faire etat ici de mon point de vue personnel sur cette question de l'emploi de la fessee sur un enfant.
Je crois tout simplement que l'emploi de toute violence, qu'elle soit physique ou verbale, pour toute raison et dans toute situation que ce soit, d'un faible ou d'un fort niveau d'intensite, a l'encontre de n'importe quel enfant, est immorale.
L'enfant est un etre qui doit tout apprendre de la vie. C'est un etre qui cherche a poser des limites autour de lui et dans le monde qui l'entoure. Il doit apprendre a respecter l'autre, mais aussi a se respecter lui-meme.
Je crois sans fin que l'enfant est capable de poser ces limites par lui-meme, a la simple et pourtant facile condition qu'il soit guide, qu'on lui montre le chemin du respect mutuel et l'exemple, qu'on lui explique pourquoi un geste est “mauvais” alors qu'un autre est “bon”. Il lui faut donc comprendre les notions de “mal” et de “bien”. Et pour les comprendre, pour bien les definir, il a besoin de les vivre. Comme un scientifique a besoin de verifier ses theories par l'experience pour les valider, l'enfant a besoin de verifier par lui meme ces limites et ces notions a travers ses actes. L'experience de la vie est individuelle et non pas universelle.
Comme pour tout apprentissage, que ce soit celui de la proprete, du partage, de la connaissance, de la vie en communaute, l'enfant a besoin de repeter et encore repeter une action, un geste, pour se conforter dans son “idee” qu'il a de la chose face a la reaction qu'il entraine, qu'elle vienne de la personne en face de lui ou de l'outil qu'il manipule.
Il est donc normal – dans le processus - qu'un enfant qui tape un autre enfant, ou l'un de ses parents par exemple, reproduise cette experience plusieurs fois, jusqu'a ce qu'il ait “conscience” de son geste et des implications de ce geste. L'adulte est donc present a ce moment pour lui expliquer calmement que son geste a fait mal, que la violence n'est pas tolerable par celui qui a ete violente. Si en revanche l'adulte repond par une tape, une gifle ou meme une fessee, tout ce rapport de confiance que l'enfant entretient avec ses propres idees, toutes ces notions pourtant evidentes et fondamentales s'ecroulent dans l'esprit de l'enfant, il perd alors ses reperes, sa logique est ebranlee. Il va lui falloir faire preuve d'encore plus de bonne volonte, d'efforts, pour parvenir a comprendre pourquoi il est “interdit” de frapper mais pourquoi celui qui est en face, l'adulte, le fait sans le moindre probleme et pourquoi cela semble “legitime”. L'enfant vit un paradoxe. Et c'est un paradoxe de taille a mon sens, qui regira ensuite beaucoup des emotions que l'enfant une fois devenu adulte aura a gerer avec ses semblables dans la societe.
A ce stade, la confiance de l'enfant en lui-meme se retrouve egalement mise a mal. L'adulte n'est pas son semblable, mais un etre superieur a lui. Il commence a ressentir une injustice. Et la, c'est une porte ouverte a tout un tas de mechanismes qui devraient sembler evidents...
Je crois que la fessee est une reponse erronee et qu'elle entretient reellement des differences d'appreciation entre les hommes. Un enfant n'est nullement inferieur a un adulte. Il est simplement un adulte en devenir. L'enfant ne doit a l'adulte ni soumission, ni obeissance. Il lui doit en revanche respect et gratitude.
L'education est une philosophie, qui doit etre coherente dans son ensemble. Si elle ne l'est pas, des espaces blancs ou vides se forment entre les “idees” que l'enfant construit. En revanche, si son education est un ensemble logique, au fonctionnement presque mathematique, alors ces espaces blancs ne se forment pas et l'enfant assimile d'autant plus vite ces notions fondamentales qui compose le monde qui l'entoure. Maria Montessori a fait un travail de recherche remarquable en ce sens.
Pour ce qui est de ma propre facon d'envisager les choses avec mes propres enfants, qui me semble-t-il sont des etres respectueux, sans violence aucune, ni la moindre agressivite a l'heure d'aujourd'hui, est que je les considere comme des etres, des individus a part entiere. Il y a peu de limites vraiment imposees dans notre maison. Nous laissons enormement nos enfants apprendre d'eux meme. Les accidents de la vie ne sont jamais reprimandes. Je ne crie pas non plus. Je prend le temps autant que possible de m'agenouiller a la hauteur de l'enfant, de lui expliquer calmement la situation. Si l'enfant est en crise, ce qui se produit assez rarement chez nous, je le laisse faire et l'isole pour qu'il ne derange pas les autres tout en etant sure qu'il ne risque rien et qu'il ne peut pas se faire mal. J'utilise tres souvent un endroit neutre de la maison pour se faire. L'enfant s'assoit sur le sol, il doit reflechir a ce qui vient de se passer. Une fois qu'il est calme, il revient de lui meme et nous en discutons. Je n'ai jamais frappe l'un de mes enfants, ni meme donne une tape sur la main.
Il m'arrive d'avoir mes moments de fatigue et d'impatience, il m'arrive de deraper et de gronder en haussant le ton parfois, je vais a contre-courant de ma propre education, ce n'est pas toujours evident j'en suis consciente, et ce, meme si c'est de plus en plus rare pour ma part. Mais dans ce cas-la je m'excuse. Je fais comprendre a mes enfants que c'etait une erreur, que je n'aurais pas du m'enerver. Ils le comprennent parfaitement, car dans leur esprit, le bien et le mal est clair, limpide et ces notions sont partagees par leurs parents, il n'y a pas de legitimisations de cette notion de "mal", qui seraient dues a l'age, la taille ou encore l'experience. Nous sommes tous des etres egaux.
Pour finir, je suis la premiere a critiquer les livres de Claude Halmos et les arguments partisans de la fessee, en revanche je ne partage pas du tout l'idee que "la fessée soit purement et simplement bannie de France" comme la pediatre et deputee UMP, Edwige Antier, qui a depose en novembre 2009 une proposition de loi pour la faire interdire. Meme si je pense que la France a un serieux train de retard sur sa facon d'aborder certaines questions de societe, je crois que la bonne evolution de l'humanite reside dans le fait que la prise de conscience doit etre individuelle, reflechie et avisee, mais surtout l'aboutissement d'une reflexion personnelle dans le but de s'ameliorer, en tant que parent, mais egalement en tant que personne, individu et etre humain. Car c'est du simple bon sens, finalement, cette question de la fessee.
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mardi 30 mars 2010
le silence
Katei Taki - Japon, 1870
Ceci est un thème que j’avais en tête depuis un moment, mais finalement inspirée par ce billet du blog Le Journal de Lyv & Émy, je me permets de partager ici quelques idées sur l’appréciation du silence par les enfants, même très jeunes.
Mon fils, Petit Caramel, avait 11 mois lorsque, à mon avis, il s’est rendu compte de la profondeur du silence. Il prenait son bain et tout d’un coup la chaudière s’est arrêté (en ce moment, je vis en Inde et chaque salle de bain à sa propre chaudière). Le ronronnement constant n’était plus et il n’y avait que le clapotis de l’eau entre ses mains.
Petit Caramel m’a alors regardée avec un regard reflétant mille points d’interrogation. Il a sorti ses mains de l’eau, et s’est immobilisé pendant au moins 30 secondes. Puis doucement, il a souri et remis ses mains dans l’eau, et le gentil clapotis à repris. Je lui ai dit à voix basse « C’est le silence. Tu as entendu le silence ».
Depuis, très souvent, lorsque j’entends que la chaudière va s’arrêter, je lui dis de se préparer. Et il attend avec moi. Il reste calme. Il écoute le sourire aux lèvres. Sa concentration et immobilisme me font penser à un loup aux aguets, mais pas par peur mais plutôt pour l’anticipation du moment… La chaudière s’arrête, il me regarde et reste ainsi une trentaine de secondes, il sourit, puis c’est de retour au bain et aux bulles !
La tendance est de faire du bruit avec les enfants, exception faite à l’heure de la sieste. On leur parle, on chante, on commente les choses autour de nous, on met de la musique. Je trouve cela vital. Mais on oublie qu’entre chaque son il y a le silence. C’est le silence qui créait le son (et vice-versa d’ailleurs). S’il n’y avait pas de silence entre les sons, on n’entendrait rien.
Prendre le temps d’écouter le silence est un privilège qui vaut la peine, car nos jours sont remplis de bruit: le son des voitures, la radio, le clavier de l’ordinateur, les casseroles dans la cuisines, la musique, les conversations au téléphone, etc.
Pour écouter le silence, pas besoin de préparation compliquée. Il ne s’agit pas ici de faire de la méditation ou autre, mais simplement d’être présent. Pour un petit enfant de deux ans ou moins, 30 secondes semble amplement suffisant et ce doit être lui (ou elle) qui coupe la séance.
Et par ma propre petite expérience (et celle commentée dans le billet cité), l’enfant semble se concentrer d’une manière je dirais presque spirituelle, comme si avec ce silence il toucherai une autre dimension de lui-même et de son environnement.
jeudi 18 février 2010
Et des bébés aussi...
Nous parlions il y a peu avec une amie qui travaille avec des enfants psychotiques, et elle resoulignait l'importance de la première année de vie, et de la sécurité affective apportée par la mère (et le père, ou le plus proche parent) pendant cette première année pour l'équilibre de l'être. Cela collait parfaitement à ma réflexion actuelle.
Le respect de l’enfant qui transparaît des écoles Montessori et dans les autres pédagogies alternatives est un respect de longue haleine qui prend sa source dès la naissance de l’enfant (et même bien avant je pense !).
Nous nous sentons très en décalage ici dans notre façon d’être avec notre fils. Pourtant il nous aurait été impossible de faire autrement que de dormir avec lui les premiers mois de sa vie ; d’essayer pour moi de l’allaiter aussi longtemps que mon corps en a été capable ; de l’accompagner dans son sommeil par des câlins, des berceuses ; de le porter pour l’endormir, pour un moment de câlin, pour une balade ; de ne jamais le laisser pleurer tout seul. Dans le sixième mois de sa vie il y a encore largement de tout ça, seul l’allaitement fait défaut et Eliott dort dans sa chambre depuis qu’il « fait ses nuits ». (mais il fait de temps en temps la sieste du matin avec nous, sieste encore souvent en ergo, nous nous adaptons :-))
Rien de bien exceptionnel, que du quotidien et de l’évident par ici. Mais combien de questions sur les « risques » encourus à trop écouter notre fils ? Les remarques sont rarement franches, toujours beaucoup de conseils « bienveillants » mais finalement si critiques. Je « sens » ces regards intrigués, et nous avons vécu ce grand décalage avec notre nounou dont nous nous séparons sans regret… (Elle qui laissait pleurer notre fils même quand elle était disponible pour qu’il s’habitue à ce qu’on ne s’occupe pas de lui tout de suite… Comment dire ?? non !!) Je trouve que notre société est très paradoxale : il faudrait que les bébés fassent leur nuit à une semaine, dorment dans leur chambre dès leurs premiers jours parce qu’il faut bien que les parents eux dorment (c’est presque une citation mot pour mot, je n’invente pas cette phrase), pleurent tout seuls souvent pour les mêmes raisons, pour qu’ils ne s’habituent pas… Mais s’habituer à quoi ? C’est comme si les gens avaient peur du trop gros attachement que porte en eux nos petits bouts, comme si cette dépendance énorme faisait peur… Et pourtant, ce seront les mêmes adultes qui plus tard seront incapables de donner à leurs enfants l’autonomie dont ils ont besoin et dont ils sont pourtant capables (combien de grands enfants ne savent pas : faire leurs lacets, boucler leur manteau, couper leur viande, … parce que finalement les parents font beaucoup à leur place, les couvent trop... Comme pour rattraper ce temps perdu à se détacher au plus vite de leur bébé ?).
Alors oui, nous sommes des parents « scotchs » avec Eliott, mais surtout, nous cherchons à l’écouter au maximum, et nous serons prêts à écouter le temps venu ses désirs d’indépendance et d’autonomie. (Notre nouvelle nounou dont les enfants ont 9 et 14 ans nous disait qu’elle les sent très indépendants comme s’ils avaient eu leur content d’affection et de sécurité pour pouvoir assez tôt voler de leurs propres ailes… Et même plus jeunes, dis moi si je me trompe Sand, mais j’ai le même sentiment concernant Lili et Jules, même s’il y a forcément une part du caractère propre à chacun qui rentre en ligne de compte…)
Alors, sans mettre de nom sur cette façon de faire (maternage est le terme à la mode qui semble décrire le mieux notre façon d’être, mais paternage irait très bien aussi !), écoutons et respectons nos bébés aussi !
Le respect de l’enfant qui transparaît des écoles Montessori et dans les autres pédagogies alternatives est un respect de longue haleine qui prend sa source dès la naissance de l’enfant (et même bien avant je pense !).
Nous nous sentons très en décalage ici dans notre façon d’être avec notre fils. Pourtant il nous aurait été impossible de faire autrement que de dormir avec lui les premiers mois de sa vie ; d’essayer pour moi de l’allaiter aussi longtemps que mon corps en a été capable ; de l’accompagner dans son sommeil par des câlins, des berceuses ; de le porter pour l’endormir, pour un moment de câlin, pour une balade ; de ne jamais le laisser pleurer tout seul. Dans le sixième mois de sa vie il y a encore largement de tout ça, seul l’allaitement fait défaut et Eliott dort dans sa chambre depuis qu’il « fait ses nuits ». (mais il fait de temps en temps la sieste du matin avec nous, sieste encore souvent en ergo, nous nous adaptons :-))
Rien de bien exceptionnel, que du quotidien et de l’évident par ici. Mais combien de questions sur les « risques » encourus à trop écouter notre fils ? Les remarques sont rarement franches, toujours beaucoup de conseils « bienveillants » mais finalement si critiques. Je « sens » ces regards intrigués, et nous avons vécu ce grand décalage avec notre nounou dont nous nous séparons sans regret… (Elle qui laissait pleurer notre fils même quand elle était disponible pour qu’il s’habitue à ce qu’on ne s’occupe pas de lui tout de suite… Comment dire ?? non !!) Je trouve que notre société est très paradoxale : il faudrait que les bébés fassent leur nuit à une semaine, dorment dans leur chambre dès leurs premiers jours parce qu’il faut bien que les parents eux dorment (c’est presque une citation mot pour mot, je n’invente pas cette phrase), pleurent tout seuls souvent pour les mêmes raisons, pour qu’ils ne s’habituent pas… Mais s’habituer à quoi ? C’est comme si les gens avaient peur du trop gros attachement que porte en eux nos petits bouts, comme si cette dépendance énorme faisait peur… Et pourtant, ce seront les mêmes adultes qui plus tard seront incapables de donner à leurs enfants l’autonomie dont ils ont besoin et dont ils sont pourtant capables (combien de grands enfants ne savent pas : faire leurs lacets, boucler leur manteau, couper leur viande, … parce que finalement les parents font beaucoup à leur place, les couvent trop... Comme pour rattraper ce temps perdu à se détacher au plus vite de leur bébé ?).
Alors oui, nous sommes des parents « scotchs » avec Eliott, mais surtout, nous cherchons à l’écouter au maximum, et nous serons prêts à écouter le temps venu ses désirs d’indépendance et d’autonomie. (Notre nouvelle nounou dont les enfants ont 9 et 14 ans nous disait qu’elle les sent très indépendants comme s’ils avaient eu leur content d’affection et de sécurité pour pouvoir assez tôt voler de leurs propres ailes… Et même plus jeunes, dis moi si je me trompe Sand, mais j’ai le même sentiment concernant Lili et Jules, même s’il y a forcément une part du caractère propre à chacun qui rentre en ligne de compte…)
Alors, sans mettre de nom sur cette façon de faire (maternage est le terme à la mode qui semble décrire le mieux notre façon d’être, mais paternage irait très bien aussi !), écoutons et respectons nos bébés aussi !
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mardi 16 février 2010
Peinture sur papier mouillé


Le lundi c'est jour de peinture. Un premier groupe de 8 enfants prépare son matériel pour peindre : 3 pots d'aquarelles (jaune, bleu, rouge) diluées dans de l'eau, 1 pinceau, 1 plaque de bois contreplaqué, 1 pot d'eau claire, 1 chiffon. Une fois le matériel installé sur la table, l'enfant prend sa feuille et la trempe dans une cuvette remplie d'eau, il la pose sur la plaque de bois et la caresse avec une éponge pour retirer un peu d'eau et bien tendre la feuille.Puis il commence à peindre en partant du milieu et en caressant doucement sa feuille (il s'est entrainer en passant son pinceau dans sa main ), il peut mélanger les couleurs sur sa feuille mais pas la peinture dans les pots (il doit penser à bien rincer son pinceau avant de changer de couleur et à l'essuyer si besoin avec son chiffon).
L'enfant en peignant de cette façon rencontre la couleur de manière vivante alors qu'autour de lui elle est toujours figée.
Il observe comment les mélanges naissent, il se raconte une histoire....il ne cherche pas à représenter quelque chose, mais juste à se lier à la couleur.
Les enfants sont très calmes durant cette activité et c'est avec plaisir que je les observe, les lents et les rapides, les tristes et les joyeux...sans les juger bien-sûr.
"Laisse toujours ton oeil prévaloir sur ton opinion.
Fais confiance à tes sens,
Ils ne te montreront rien de faux
Si ta raison te tient éveillé." Goethe
Un livre très utile : "Voir, vivre et comprendre les couleurs" de Ueli Seiler-Hugova..les couleurs sont des énergies. Elles ont un effet thérapeutique.
Quelques ouvrages Goethe "Traité des couleurs", Liane Collot d'Herbois "Lumière, ténèbres et couleur", aux éditions Triades.
(je suis institutrice de maternelle à Nanterre en petite section, 25 élèves de 3/4ans, école publique)
lundi 15 février 2010
Colority



Je me suis tellement ennuyée à l'école ... Sur ma chaise, je rêvais si fort d'un lieu dans lequel je pourrais bouger, inventer, toucher, apprendre facilement, être reconnue pour moi que j'ai créé ce lieu magique pour tous les enfants. Combien de parents me racontent les désastres des programmes scolaires sur leurs enfants et ce dès la première année de maternelle!
Pourquoi 28 enfants de 3 ans devraient t - ils faire le même bonhomme ?
A la recherche d'un lieu qui préserve l'unicité de leurs enfants, ils poussent la porte de l'atelier de Charenton, un lieu pour peindre et se construire.
Comment se déroule une séance du Geste de peindre ?
Pendant une heure trente, dans une pièce de 20 m2 qui est close, parmi 10 enfants de tous âges, l'enfant peint sans récepteur. Il peint debout face à la feuille.
Les couleurs sont disposées sur une table collective, il vient choisir ... Le geste est très précis : prendre à chaque fois une pointe d'eau et une de gouache, peindre avec la pointe du pinceau.
L'expression est libre : libre des formes et des couleurs de sa peinture.
Je suis habituée à regarder sans juger les tableaux des enfants. Je suis attentive au déroulement de l'atelier, à la maîtrise gestuelle de chaque enfant. J’observe pour stimuler la concentration et l’expression. Au fil des séances, la main se délie et l'enfant ressent un plaisir immense.
Quand la séance est finie, l'enfant laisse ses tableaux à l'atelier... Il est serein!
Pour expliquer au parent, l'acte gratuit, je prends l'exemple du château de sable. L 'enfant se plaint t - il de laisser ses châteaux à la plage ?
" Quand j'amène ma fille à l'atelier, on est speed. Dès qu'on arrive dans la salle d'attente, tout est si différent de l'extérieur. Même moi je me calme ".
" Quand je viens chercher Simon à sa séance de peinture, il est serein, je le vois sur son visage qui est très apaisé. A l'école, la maîtresse me dit qu'il est agité. "
Des parents de L'Atelier de Charenton.
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