Affichage des articles dont le libellé est parents. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est parents. Afficher tous les articles

mercredi 12 janvier 2011

des ateliers parents pour avancer...

hello les amis!

je suis la première à venir vous souhaiter une bonne année 2011, pleine de joie en famille avec les enfants, toujours sur le chemin de relations plus justes et épanouissantes pour tous.

j'avais envie de vous partager un peu ce que je vis pendant les ateliers parents auxquels je participe cette année... ce sont les ateliers Entraînement aux habiletés parentales de Faber et Mazlish.
voici donc ce que je viens d'écrire sur mon blog

*
je vous avais promis de vous reparler de ces ateliers parents auxquels je participe. j'étais absente pour le précédent, et les fêtes sont venues se greffer sur les calendriers. le cycle a donc repris hier, avec un thème on ne peut plus intéressant...

susciter la coopération (ça vous parle? moi franchement oui...)
dans une journée, nous demandons beaucoup de choses à nos enfants. notre premier exercice hier soir a été de faire la liste de tout ce que nous demandons à notre progéniture de faire, et tout ce que nous lui demandons de ne pas faire. (se lever, s'habiller, prendre son petit déjeuner, rester assis à table, se brosser les dents, ne pas écraser le chat, ne pas mettre les doigts dans les yeux de son petit frère, parler correctement à sa maman, mettre ses chaussures, mettre son manteau/son écharpe/son bonnet, ne pas courir dans la rue, s'attacher dans la voiture, dire bonjour aux gens... je continue ou ça va? là on n'en qu'au début de la journée...).
chaque situation où nous avons une demande est une source de conflit potentiel. alors comment arriver à nos fins et faire respecter nos règles sans que quiconque se sente léser et sans y laisser une énergie dingue?
si on menace, si on sermonne longuement, si on donne des ordres durement, si on accuse, l'enfant se sentira culpabilisé, déresponsabilisé, en colère et en rébellion, et n'aura plus aucune volonté d'aller dans notre sens... et là, on pourra toujours s'accrocher pour qu'il vide l'eau du bain, rince la baignoire, étende la serviette mouillée en boule sur le sol, se mette en pyj" au lieu de courir partout dans la maison à poil, et en bonus mette la table pour le dîner...
alors on finira peut-être par gagner. sûrement d'ailleurs. mais la victoire avec un enfant puni et hurlant dans sa chambre, nous les cheveux hirsutes et rouge d'avoir crié si fort, peut laisser un goût très très amer dans la bouche... on se demande où on a loupé le coche, on se sent nul comme parent, on est triste...

l'atelier propose plusieurs alternatives (qui fonctionnent plus ou moins selon les tempéraments de chacun enfant et parent, selon l'âge... à adapter à ce que l'on "sent", à tester, à pratiquer pour que ça devienne automatique):
* au lieu de donner des ordres ou blâmer => décrire
ex : tu as encore laissé la lumière de la salle de bain allumé, combien de fois je vais te répéter que c'est pas versailles ici! => la lumière de la salle de bain est allumé

* au lieu d'accuser ou d'insulter => donner de l'information
ex : ça ne te passerait pas par la tête de me donner un coup main au lieu de me regarder non? =>ça rendrait service si la table était mise

* au lieu de faire un long sermon => réduire le message en un mot
ex : je vous ai dit je ne sais combien de fois que quand on rentrait la première chose qu'on faisait c'était d'enlever ses chaussures et de le ranger dans le placard. après tut traîne et ça salit l'entrée que j'ai nettoyé aujourd'hui, et personne ne retrouve ses chaussures le lendemain matin. et forcément on se met en retard. => chaussures, les enfants!

* au lieu de dire aux enfants ce qui ne va pas chez eux => parler de ses propres sentiments
ex : mais c'est pas possible, tu es incapable de garder une chambre rangée, tu es vraiment dégoutant! => je me sens en colère quand je vois la chambre dans cet état, j'ai l'impression d'avoir perdu mon temps à t'aider à la ranger

* au lieu de répéter plusieurs jours de suite la même chose => écrire une note
ex : ça fait trois jours que je te demande de monter ses vêtements que j'ai repassés! => petit post-it collé sur les vêtements qui attendent dans l'escalier "victor, laisse nous rejoindre nos copains dans ton placard stp! signé : les t-shirts abandonnés"

(tous les exemples sont du vécu, du vrai, et comme vous j'imagine j'en ai encore en stock...)

je trouve que ce sont de nouvelles attitudes intéressantes à explorer. j'en utilise parfois certaines, mais ce n'est pas assez systématique... et les reproches n'ont jamais aidé quelqu'un à se bouger...
tant que les enfants sont jeunes, on peut les impressionner, voire leur faire peur (genre : si tu ne te lèves pas, très bien, reste ici, moi je rentre à la maison), les obliger par la force... mais ça ne fonctionne qu'un temps... on se décrédibilise à leurs yeux, ils n'ont plus aucune envie de nous écouter... et que devient la relation? sur quoi se construisent-ils, à part un rapport de pouvoir dans lequel il faut faire céder l'autre quitte à lui marcher dessus?

allez au boulot les amis!
je sais que le chemin est long pour changer mes fonctionnements, mais j'ai bon espoir! petits pas après petits pas... et vous?
*

vendredi 3 septembre 2010

C'était mieux avant !!!!

La rentrée scolaire en métropole en ce moment me fait penser à ces paroles d'une maîtresse de maternelle qui nous racontait :

" dans les années 90 les parents demandaient à leur enfant à la sortie de l'école si l'enfant avait été sage à l'école ! "

" dans les années 2000 ils leur demandaient si la maîtresse avait été gentille avec eux en classe ! "

Les temps changent !!!

Bonne rentrée aux enfants et aussi aux mamans !!!

mardi 29 juin 2010

Donner du temps / donner du temps au temps

S'il y a bien un facteur qu'il faut prendre en compte lorsque l'on est un parent, c'est celui du temps.
Nous sommes dans cette société impatiente, où obtenir ce que l'on veut (mais pas forcément dont on a besoin) dans un claquement de doigt, est la norme, voire la revendication.
Mais avec les enfants, ça ne marche pas comme ça. Nous sommes soumis à la "loi de la ferme" : on prépare la terre, on plante, on prend soin des semis, on les laisse grandir, et ensuite seulement on récolte. ou pas. selon les intempéries de la vie…

Maman de 6 enfants, je me rends compte à quel point pour les deux premiers, j'étais impatiente. J'aurais voulu que tout de suite ils sachent faire, parfaitement, ce qu'ils étaient sensés faire. A peine se mettaient-ils debout que j'attendais déjà qu'ils marchent. A peine ébauchaient-ils un trait au crayon que j'attendais un bonhomme. J'avais juste oublié ce temps de maturation, d'apprentissage qu'ils devaient vivre. Qui n'était pas forcément décelable. Et dans ma frustration j'avais tendance à stimuler, comme on tire sur une plante pour qu'elle pousse plus vite, et je n'avais sûrement pas les bonnes notions de jardinage… Mais j'étais comme aveuglée par cette volonté, empêchée de voir les forces qui se mettaient en place dans le corps et l'esprit de mes petits.
La rencontre avec Maria Montessori, au travers de livres et de personnes, m'a fait l'effet d'une révélation. D'un éveil. Comme si le voile que j'avais sur les yeux était soudain ôté, et que pour la première fois je voyais vraiment. Les gestes maladroits qui s'affinent pour devenir de plus en plus précis. Les phrases qui se construisent. Les regards qui cherchent, les oreilles qui guettent, la peau qui happe le souffle d'air et les caresses.

Il y a le temps qui fait son oeuvre, pourvu qu'on ne lui mette pas trop de bâtons dans les roues, et le temps que l'on donne.
Lorsque la fratrie grande, le risque est, par commodité, de laisser se perdre l'individu dans le groupe "les enfants". Et je crois que pour que chacun trouve sa place, chacun doit être nommé et reconnu comme il est, différent des autres. Pour être certaine d'avoir une relation privilégiée avec chacun de mes enfants, nous prenons des rendez-vous. La consigne est la suivante "pendant 2h, on fait ce que toi tu as envie de faire, dans la limite du raisonnable". Ca marche surtout avec les grands. Chaque mois je bloque 2h toute seule avec chacun, pour aller à la piscine, au cinéma, prendre un pot en terrasse ou faire du shopping, dessiner ou regarder les étoiles.

J'avais envie d'évoquer ici cette notion de temps parce que c'est vraiment la problématique qui me préoccupe en ce moment. L'équilibre des temps avec les enfants, du temps pour soi, du temps en couple, du temps en famille... Et cet équilibre me paraît si précaire et sans cesse à réinventer!

Le choix que nous avons fait récemment d'inscrire deux de nos plus jeunes enfants dans une classe montessori va je pense nous soutenir dans ce respect des temps de chacun. J'en attends en tout cas beaucoup, et ne manquerai pas de venir ici partager cette expérience nouvelle.

Merci Sand pour l'invitation à participer à ce blog...

dimanche 27 juin 2010

Handicap


Bonjour a toutes et tous, je vais faire comme a l'ecole, je vais me presenter d'abord : Marie, maman de 2 minus de 4 ans 1/2 et 3 ans, expatriee a Dubai depuis 1 an 1/2, et tres impatiente de commencer la nouvelle annee scolaire en ecole Montessori (nursery et KG1) ! Merci a Sand de m'avoir invitee sur ce blog que je lis avec engouement depuis plusieurs semaines maintenant. Je vais essayer de ne pas etre trop bavarde...

Je voudrais parler ici de handicap. Ma puce est nee en juin 2007 avec un syndrome genetique rare, cause de beaucoup de deces in utero, ou quelques heures apres la naissance. Heureusement, ses malformations sont toutes "reparables" : on peut vivre avec 1 rein, son coeur atteint de plusieurs malformations a ete opere a 6 mois de vie, et sa main, nee sans pouce, a ete "transformee" pour lui permettre de faire la "pince" si indipensable a la vie pratique.

Pour autant, son coeur n'est pas "neuf", il ne sera jamais et la valve qui a ete posee est une valve artificielle en goretex qui devra etre changee a l'age adulte. En attendant, il existe toujours une "fuite" au niveau de l'artere pulmonaire, fuite qui fatigue son coeur, une surveillance annuelle est donc necessaire.

J'ai mis il y a quelques temps un message sur mon blog sur le fait qu'Hanae sera donc gauchere. Pas par choix. Par handicap. Et je m'interroge a ce sujet. Mais souvent, les gens prennent mal ce genre de reflexions et j'entends des choses comme "Mais c'est bon, c'est fini tout ca", "Ca aurait pu etre + grave", "elle est en bonne sante maintenant, n'y pense plus"... Ce sont des phrases qui me mettent hors de moi. D"une part parce que je me pose simplement des questions, parce que j'aime comprendre, parce que j'ai besoin d'y reflechir. Et que souvent, se poser des questions, c'est mal vu. Beaucoup de gens preferent "enterrer", surtout avec le handicap... Mais aussi parce que, en tant que mere d'un enfant "handicape", c'est insupportable d'entendre ca. Meme si ca part d'un tres bon sentiment... Celles qui sont passees par la savent surement de quoi je parle. Oui, il y a pire... Il y a toujours pire. Mais on ne peut pas toujours se dire qu'il y a pire et donc faire comme si il n'y avait plus de probleme, comme on ne peut pas comparer les douleurs, les problemes... Chacun vit sa vie pour soi, heureusement qu'on ne passe pas notre temps a se comparer les uns aux autres... a se dire moi j'ai pire que x... (donc j'ai le droit de parler de mes problemes), mais j'ai moins que y... (donc je ne dois pas parler de mes problemes)".

Je pense que la bonne solution, c'est toujours trouver l'equilibre, particulierement precaire : avoir conscience de ses problemes/handicaps, ne pas les laisser empoisonner la vie, ne pas se reposer dessus non plus, mais en meme temps, ne pas se les cacher !! La, impossible de jouer a "Let's pretend...". Dire a quelqu'un (l'enfant ou son parent), mais c'est fini maintenant, il faut passez a autre chose", c'est nier la part emotionnelle, c'est couper court a toute empathie. C'est se proteger soi-meme, en laissant l'autre demuni.
Ce n'est pas facile ! J'avoue que j'ai moi-meme un mal fou a me dire que ma fille a un "handicap" ! Et que je me sentais coupable de toucher des aides de la Caf...

Revenons a Hanae :

Je vois Hanae tout faire de la main gauche. Il y a quelques mois, elle utilisait encore beaucoup sa main droite, pour tenir un feutre, mais depuis quelques mois maintenant, elle opte systematiquement pour la gauche. Neanmoins, elle se sert de son pouce droit de + en + finement et pour une motricite tres fine ! Mais elle m'a dit il y a quelques semaines, pour la premiere fois, devant ma proposition d'utiliser la droite : "Non, avec celle-la je n'y arrive pas"...
Ca m'a fait un pincement au coeur d'entendre ca. Parce que si, pour nous, mais surtout pour les autres, Hanae est "hors de danger", Hanae "a ete reparee"... Hanae, elle, reste handicapee. Elle va vivre toute sa vie avec une main a 4 doigts. Avec un petit coeur repare tant bien que mal, mais qui s'use bien + vite que la moyenne.

Je ne fais qu'enoncer simplement les faits. On a tellement tendance, pour se rassurer, pour eviter de penser, a se dire "Mais non, c'est fini tout ca, c'est derriere maintenant". Ah bon ? Et pour Hanae ? Hanae grandit un peu + tous les jours (et c'est normal, enfin !), Hanae va etre de + en + autonome pour aller a la rencontre de ce monde, et des autres etres. Hanae va aussi, comme toute personne porteuse de handicap, etre naturellement + exposee aux regards inquisiteurs, moqueurs, medisants. Bref, a toute la peur et a toute l'ignorance dont les hommes sont capables.

Bien sur qu'Hanae sera forte ! Comme elle l'a ete depuis ses premieres minutes de vie. Comme elle l'a ete pour ses 2 operations. Elle est forte parce que les enfants qui ont eu un debut de vie difficile, qui subissent la maladie, le handicap, sont des enfants extremement forts, lucides, bien + matures que les autres. Elle sera forte parce qu'on est la, depuis le debut, pour l'accompagner, pour la pousser sans la bousculer, ni l'aider a se relever (sauf bien sur si elle se fait mal !). Elle sera forte parce que nous ne lui avons rien cache de ses problemes, de ses operations, qu'on lui parle, qu'on lui montre les photos, qu'on lui explique. C'est donc "normal" pour elle, a nous de trouver l'equilibre entre "sa" normalite, et celle des autres... Mais elle restera toujours une petite fille, puis une adolescente, puis une jeune femme avec une main droite a 4 doigts, un coeur "repare" et une longue cicatrice courant sur le thorax entre ses 2 seins... Et personne n'a le droit de lui dire "Mais c'est fini maintenant, passe a autre chose", parce qu'elle sera la seule a vivre cela, de l'interieur.

En tant que maman, je suis particulierement pressee de voir cette nouvelle annee commencer en structure Montessori, car c'est une pedagogie qui met l'accent sur la motricite, la sensorialite, qui permet aux enfants de toucher, ressentir, d'experimenter, et, ce faisant, de decouvrir leur corps. D'etre connectes a eux-memes. Je pense que c'est une pedagogie bien + respectueuse du handicap que la pedagogie traditionnelle, ne serait-ce simplement que par le respect de l'enfant et de ses specificites, et pas un moule dans lequel l'enfant doit se caler, handicap ou pas handicap... assis 8h par jour a ecrire, ecouter, et se taire.

En tout cas, je reviendrai en parler en temps voulu ! J'espere ne pas avoir ete trop brouillonne pour ce premier message :)

mardi 22 juin 2010

Le coucher Montessorien, questions pratiques

Cet article fait suite a certain nombres d'emails recus a propos du coucher montessorien, sur la facon de proceder comme des incertitudes, des doutes que cette facon de faire peut engendrer et qui sont ma foi, bien legitimes.

Dans notre famille, nous avons ete des adeptes du co-dodo. Completement au debut (le premier mois surtout), puis de maniere anecdotique ensuite (ou une partie de la nuit), car nos enfants ont tous deux fait leurs nuits vers l'age d'1 mois.

Que se passe-t-il ensuite ?

Pour ce qui est du sommeil sur un matelas, il faut se sentir a l'aise avec l'idee et surtout que l'on sente son bebe pret egalement.

Les bebes, au debut de leur vie, ont besoin de reperes physiques, de se sentir contenus. Ils viennent de passer 9 mois loves dans le ventre chaud de la maman, la suite se doit d'y ressembler, d'en etre une continuite, meme si elle est differente pour pourtant apporter les elements necessaires a l'evolution, a l'idee de laisser le bebe grandir, de commencer a s'etirer, s'epanouir en tant qu'individu a part entiere. Les premiers mois on privilegie donc la chaleur humaine, via le skin to skin, le co-dodo pour la presence et la rassurance, le couffin pour l'idee du contenant proche du corps, l'echarpe pour le portage, ect... Et si l'on regarde bien, ces procedes sont egalement libertaires pour le corps et le mental de l'enfant.
Le skin to skin, deleste le bebe de ses vetements. Il est au chaud mais il bouge librement sans la moindre entrave. Il sent son corps, ses contours et le corps de l'autre.
le co-dodo et le couffin, ne comportent pas de barreaux ; visuellement et mentalement c'est important !
L'echarpe, meme si elle contient le corps du bebe, a l'avantage de lui permettre de "voir", lorsqu'il est eveille, ce qui se passe a la hauteur du monde adulte (car comme nous le savons, les societes sont construites sur ce modele : nos meubles, activites, agencements, architectures, ect... sont a hauteur exclusive des adultes. Mais egalement socialement, le bebe est a hauteur des visages). La aussi, on va passer par une demarche transitoire dans le changement et la facon de porter son bebe, alors qu'il grandit. Au depart il est face contre le porteur, il observe le monde la joue contre la poitrine de la mere ou du pere, il regarde ce monde qui l'entoure en ecoutant le coeur de son porteur battre, ce rythme rassurant et familier... Puis plus tard, il est porte face au monde, car il est capable de le voir, de le recevoir de face, en toute confiance. C'est une grande etape que la promenade face au monde. Emotionnellement, ces transitions sont importantes. Je crois qu'il est essentiel de les respecter, de ne pas bruler les etapes. On doit sentir l'enfant pret grace a notre observation. N'oublions pas qu'un bebe vient d'un monde opaque et ouate. L'explosion des couleurs, des lumieres, des sons, ect. apres sa naissance laissent des empreintes dans l'esprit de l'enfant. Dans sa tete, tout se contruit petit a petit, chaque emotion, chaque image, chaque sensation est une brique qui s'appose a l'edifice de l'etre.

Lorsque le bebe commence a trop bouger dans son couffin, que cet espace devient trop petit et trop restreint, on passe alors au lit au sol, au matelas par terre. Le bebe va pouvoir se mouvoir, s'etirer, rouler... Cela ne doit pas nous effrayer nous parents. Ce sont des etapes fondamentales pour que le bebe se developpe au mieux de ses capacites. C'est lui offrir une reelle liberte.

Les barreaux d'un lit servent a rassurer les parents qui ont peur qu'un bebe tombe ou qu'il ne se "sauve", parfois meme pour etre tranquille. Malheureusement, je pense que ces barreaux sont une entrave psychologique d'une part (on conditionne sans le realiser les mecanismes de la pensee d'un enfant ainsi) et egalement une entrave a leur apprentissage physique et leur developpement psycho-moteur. Si des regles basiques de securite sont respectees l'enfant ne risque rien. Il y a eu a ce jour bien plus d'accidents du sommeil dans des lits a barreaux, et ce constat est au pro rata bien entendu !

On depose l'enfant correctement vetu (en fonction de la temperature) au centre du matelas, puis on le recouvre d'un drap leger. Le matelas est pose sur le sol et ne depassera pas 15cm d'epaisseur. Plus il est fin mieux c'est. N'oublions pas qu'un bebe est leger, il n'a pas besoin de la meme resistance a sa masse qu'un enfant plus vieux ou un adulte. On peut aussi "tapisser" le sol autour par precaution. Si l'enfant descend du lit, il ne se retrouvera pas sur un carrelage froid. On doit etre sur que le matelas ne peut pas se ballader et qu'il adhere au sol. Un bebe de plus de 3 mois qui roule d'un matelas a un sol mou et doux sur une hauteur de quelques centimetres ne risque pas grand chose ! Au contraire, cette experience est pour lui, geniale ! On peut mettre un duvet supplementaire pour "etre sur". Mon fils qui est un casse-cou, un gros bougeur la nuit, le roi du retournement de couvertures et qui ne reste jamais dans le meme sens dans son lit, ne s'est jamais fait la moindre bosse ni le moindre bleu ! Et pourtant, je l'ai retrouve au bas du lit un bon nombre de fois ! Du moins au debut. Car on se rend vite compte de l'interet de la methode et comment un enfant peut se controler (par son apprentissage de la situation de son corps dans l'espace) ou remonter seul sur le matelas. C'est fascinant.

Il faut aussi realiser que c'est surtout l'interet d'une telle methode. Le bebe apprend a delimiter son espace, son corps et ses capacites. Ces questions semblent anodines et futiles chez un bebe de quelques mois, pourtant ce n'est pas le cas. L'enfant est deja un etre "pensant" et il en resultera une reelle confiance en soi et une grande maitrise du corps.

Evidement, l'environnement doit etre securise. Pas d'escaliers la nuit et seul pour les rampeurs (dans ce cas fermer les portes), caches-prises et on evite de mettre trop de coussins ou de couvertures autour du matelas, ou l'enfant pourrait se coincer. Ne pas oublier qu'il est moins dangereux pour un bebe d'etre un peu au frais que d'avoir trop chaud !

Je vois souvent des bebes en tubulette sur des matelas au sol. Je comprend l'idee lorsque le climat le reclame. Mais il est preferable de le vetir d'une combinaison avec des jambes separees dans ce cas, en polaire par exemple. En revanche si il fait chaud, c'est important que l'enfant soit libre de ses mouvements.

Il faut egalement noter, qu'un enfant qui se forme sa propre appreciation du sommeil, est un enfant qui sera heureux d'aller se coucher lorsqu'il est fatigue. Le coucher montessorien n'est pas qu'une simple reponse aux problemes du coucher que des parents peuvent rencontrer, mais c'est egalement le meilleur moyen pour les eviter ensuite.

La journee, pour rester coherent, on oublie les youpalas, les chaises ou l'enfant est attache, les transats et les parcs au maximum et tous ces autres artifices qui ressemblent parfois a des protheses pour handicapes (un bebe n'est pas un handicape mais un etre en apprentissage) ou des trones aboulisants. C'est moins consumeriste et plus economique pour le budget familial et plus ecologique aussi. On consomme moins de plastique. Le sol est un lieu genial, charge en aventures, en gouts, en odeurs, en textures, en sons... On oublie les sucettes qui empechent les bebes de s'exprimer. Un bebe qui pleure est aussi un bebe heureux. Les bebes ne savent pas parler. Sachons regler nos oreilles pour ne plus etre irrites par la vie. On laisse le bebe apprehender le monde, decouvrir son corps et ses capacites a se deplacer, se mouvoir. On laisse la concentration se developper. On le laisse gouter a la liberte, pour que plus tard il en soit un defenseur, on le laisse developper son libre-arbitre, pour qu'il sache ensuite se construire sans la necessite ni le besoin d'un autre pour le soutenir. On s'assure que tout danger est ecarte, que le sol est propre mais pas non plus asseptise.

Je sais qu'il y a beaucoup de sceptiques face a cette dite "methode" - qui n'en est pourtant pas une, mais plutot une facon de faire tres naturelle finalement - et de craintifs aussi parmi les parents et c'est bien normal. Je conclue par l'idee que je l'ai ete egalement. J'ai vecu les deux facons de faire avec mes propres enfants : le coucher traditionnel et le coucher montessorien. Ma fille ainee a dormi dans un lit montessorien bien plus tardivement que son petit frere. Je ne peux dire qu'une chose. J'ai vu la difference. Et elle fut grande.

Edit : Encore un tres beau site qu'une maman vient de me faire decouvrir >>> "A Montessori Musing Place" avec un article sur une chambre montessorienne pour un tout petit bebe. Merci Eloise !

mardi 15 juin 2010

Se concentrer sur les nuages

Parce que l'expression "avoir la tête dans les nuages" est riche de sens, de poésie, et que mon fils m'a montré une fois de plus à moins de 5 mois ce jour-là que la concentration est partout possible.

Lui, il l'a saisie à pleine main, et pour une fois, j'avais mon appareil-photo sous la main... La concentration par le corps... ou l'art de se concentrer en mouvement. Chez les bébés, c'est essentiel. Par un objet, ils explorent et s'éveillent au monde qui les entoure, au corps qu'ils habitent de mieux en mieux.

Ce jour-là, ce ne sont pas les enfants des autres que j'accompagnais pendant un atelier, mais mon fils dans son quotidien. Je l'ai vu avec acharnement mettre sa volonté pour faire bouger son bras comme il le souhaitait, porter le nuage à sa bouche sans le lâcher... Et c'était beau à voir :-)

L'émerveillement est une clé de l'épanouissement. Pour les parents, c'est comme regarder ses enfants avec un regard sans cesse neuf, renouvelé, joyeux. Et peut-être que c'est l'émerveillement curieux sur la vie qui pousse les êtres dès tout-petit à explorer avec intérêt leur environnement, l'observant pour l'absorber ? ... En tout cas, j'aime à le penser.

PS : un premier article par ici pour moi... Merci à vous de m'avoir invitée, j'en suis honorée (bien qu'il m'ait fallu un moment pour me lancer ! lol)