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samedi 29 mars 2014

Gever Tulley et son idée d'une école de l'engagement et du bricolage

Gever Tulley, informaticien américain, s'est fait connaître par un livre choc contre la surprotection des enfants par leurs parents, "50 Dangerous Things (You Should Let Your Children Do)" puis il a créé une école de Bricolage pour enfants, Tinkering School. Il part du principe que limiter les actes des enfants n'est pas bon pour leur apprentissage de la vie. Pour lui, l'acquisition de la conscience d'eux-même passe à travers la réalisation de projets manuels, d'ingénierie, de bricolage. Loin de les éloigner de ces activités à risque avec l'utilisation d'outils réels (scie, marteau, ponceuse, chalumeau etc...), il tente de faire de ses situations dangereuses des terrains presque connus et sécuritaires.

 *source

Il met à disposition des outils, des matériaux, des leçons, de la prévention de risques, de la préparation aux blessures et beaucoup de conseils pour permettre aux enfants de mener à bien un projet. Ainsi la capacité d'adaptation, la prise de responsabilité d'un acte avec conséquence (ne serait-ce que ne pas se blesser ou ne pas blesser autrui) sont encadrées et soutenues.


Voici son intervention à la conférence TED2007 sur le livre en question, sous-titrage français disponible).




Puis, il a décidé d'aller encore plus loin et de proposer plus que des "colonies estivales" de bricolage mais bien une école sur l'année. C'est alors l'apprentissage de l’erreur, de l'engagement et de l'action. Les projets mis en branle sont extraordinaires, très déroutants autant par l'ingénierie que par l'utilisation de matériaux moins nobles. Des moyens de locomotion sont créés qui m'interpellent même dans leur utilisation finale. Mais la prise de risque, soutenue, ne retire pas la prévention, la connaissance des dangers et des solutions à mettre en place.
Voici son intervention à la conférence TED


Vanessa

lundi 9 janvier 2012

Les neurosciences au service de l'éducation

Les dernières avancées en neurosciences apportent de plus en plus d'informations sur comment fonctionne le cerveau. Sa plasticité (capacité à évoluer) nous laisse envisager l'acquisition d'aptitudes nouvelles utiles pour chaque enfant/élève. Mais encore mieux, la prise en compte des différentes zones du cerveau peuvent être utiles à chaque éducateur pour mieux comprendre le fonctionnement humain et ses motivations inscrites.
Ici je vous propose une vidéo, d'une heure mais je vous assure que vous ne perdrez pas votre temps, qui présente les zones de décisions du cerveau, leur fonction et aussi ce qu'il faudrait mettre en avant pour mieux nous motiver... en faisant appel au cerveau préfrontal.

*source des 4 centres de décision du cerveau extraite du film

Les 4 cerveaux (zones de décisions) sont:
- le reptilien qui s'occupe des fonctions vitales
- le paléo-limbique ou grégaire (les rapports de force et la protection "des petits par les gros") détermine les "tempéraments" (terme de neurologie à ne pas confondre avec nos termes conventionnels)
- le néo-limbique où les "caractères" (au sens neurologique aussi) donnent l'indication des motivations ou du plaisir du résultat
- le préfrontal présente la gestion des émotions

C'est en suivant la conférence en vidéo que la GMM (Gestion des Modes Mentaux) prend tout son sens, la GMM ou toute autre pratique d'Approche neurocognitive et comportementale (ANC). Cette technique, développée par l'Institut de Médecine Environnementale (IME), peut être mise à profit en pédagogie (éducation des enfants) autant qu'en andragogie (formation des adultes).

Les Neurosciences au service de l'éducation from erg on Vimeo.

jeudi 12 août 2010

Le colibri et l'education


Pierre Rabhi parle d'éducation
Uploaded by mouvementcolibris. - News videos from around the world.

« Tout changement implique le changement de soi car si l’être humain ne change pas lui-même, il ne pourra changer durablement le monde dont il est le responsable. » Pierre Rabhi.

mardi 15 juin 2010

Se concentrer sur les nuages

Parce que l'expression "avoir la tête dans les nuages" est riche de sens, de poésie, et que mon fils m'a montré une fois de plus à moins de 5 mois ce jour-là que la concentration est partout possible.

Lui, il l'a saisie à pleine main, et pour une fois, j'avais mon appareil-photo sous la main... La concentration par le corps... ou l'art de se concentrer en mouvement. Chez les bébés, c'est essentiel. Par un objet, ils explorent et s'éveillent au monde qui les entoure, au corps qu'ils habitent de mieux en mieux.

Ce jour-là, ce ne sont pas les enfants des autres que j'accompagnais pendant un atelier, mais mon fils dans son quotidien. Je l'ai vu avec acharnement mettre sa volonté pour faire bouger son bras comme il le souhaitait, porter le nuage à sa bouche sans le lâcher... Et c'était beau à voir :-)

L'émerveillement est une clé de l'épanouissement. Pour les parents, c'est comme regarder ses enfants avec un regard sans cesse neuf, renouvelé, joyeux. Et peut-être que c'est l'émerveillement curieux sur la vie qui pousse les êtres dès tout-petit à explorer avec intérêt leur environnement, l'observant pour l'absorber ? ... En tout cas, j'aime à le penser.

PS : un premier article par ici pour moi... Merci à vous de m'avoir invitée, j'en suis honorée (bien qu'il m'ait fallu un moment pour me lancer ! lol)

mardi 8 juin 2010

Lire ... ou pas !

J'ai longtemps enseigné en CP, la "classe où l' on apprend à lire". La classe qui fait beaucoup plus peur aux parents qu'aux enfants ! Alors que c'est juste la continuité.
Et en regardant les invariants proposés par Sand et
le décalogue de l'éducateur proposé par Aline (dans les commentaires), cela m' a rappelé les 10 droits du lecteur de Daniel Pennac :


affiche illustrée par Quentin Blake


Et juste pour le plaisir, un petit extrait du livre
" Comme un roman" de Daniel Pennac :

« Le verbe lire ne supporte pas l'impératif. Aversion qu'il partage avec quelques autres : le verbe « aimer »… le verbe « rêver »…
On peut toujours essayer, bien sûr. Allez-y : « Aime-moi ! » « Rêve ! » « Lis ! » « Lis ! Mais lis donc, bon sang, je t'ordonne de lire ! » -Monte dans ta chambre et lis ! Résultat ?
Néant.
Il s'est endormi sur son livre. La fenêtre, tout à coup, lui a paru immensément ouverte sur quelque chose d'enviable. C'est par là qu'il s'est envolé. Pour échapper au livre. Mais c'est un sommeil vigilant : le livre reste ouvert devant lui. Pour peu que nous ouvrions la porte de sa chambre nous le trouverons assis à son bureau, sagement occupé à lire. Même si nous sommes monté à pas de loup, de la surface de son sommeil il nous aura entendu venir. . »


Il se passe de belles choses dans les chambres des enfants quand les parents n'y sont pas !!!

( Pour ceux qui sont intéressés par des animations autour du livre et de la lecture, il y a le livre " donner le goût de lire" de Christian Poslaniec )

dimanche 30 mai 2010

Au primaire

Pierre Faure (1904 – 1988)

Comme on a beaucoup parlé de Maria Montessori, je voulais juste vous faire part d’un pédagogue qui opta pour l’esprit et la méthode montessorienne.

Le père Pierre Faure est né en France 32 ans après Maria Montessori.
Après avoir suivi des études de chimie, de philosophie, et de théologie, il devient prof. C’est en 1940 qu'il rencontre Madame Lubienska de Lenval qui avait travaillé avec Maria Montessori et met en place avec elle les "dictées muettes", matériel qui permet l'apprentissage de l’écriture, la lecture et l'orthographe selon une méthode active, sensorielle et personnalisée.
Il crée des classes d’observation, une revue pédagogique, des écoles d’éducateur spécialisé dans l’enseignement catholique, et anime des sessions dans le monde entier.

Il continue le travail commencé par Maria Montessori et met en place la pédagogie personnalisée et communautaire.

C'est une pédagogie au service de l’enfant qui répond à ses besoins fondamentaux (être reconnu, aimé, développer sa curiosité, sa liberté, grandir, communiquer ... pédagogie personnalisante) en tenant compte des différences entre les enfants (aptitudes, rythmes, motivations, milieu social ... pédagogie personnalisée).

Chaque enfant participe à son apprentissage (pédagogie de la découverte), on lui propose des choix dans ses activités en fonction de son niveau, de ses aptitudes, ses besoins ... (pédagogie différenciée), on l'aide à devenir autonome, à organiser son travail…(pédagogie de la responsabilité)

L’enfant travaille seul mais aussi avec les autres (enfants, enseignants …) Dans cette façon de travailler, prônent l’entraide, le respect, le partage, la communication et la confiance (pédagogie communautaire).

En résumé, le père Faure est pour moi un pédagogue dans la lignée de Maria Montessori qui comme elle met l’enfant responsable et acteur de son apprentissage (pédagogie personnalisée) avec les autres (et communautaire). Quand j’étais à l’école d’instit, on a beaucoup étudié ces deux pédagogues, l’un étant la continuité de l’autre !

Pour en savoir plus : http://www.airap.org/

mardi 18 mai 2010

La "suite" ou l'apres Montessori

Vous etes nombreux a vous poser la question de comment se passe la suite, l'apres Montessori, comment les enfants s'adaptent ensuite a l'ecole dite "normale" lorsqu'ils ont termine leur cursus vers l'age de 12 ans. Comment les enfants vivent-ils cette fameuse "transition" ?

Voici donc le temoignage d'une etudiante que j'ai rencontre l'annee derniere lors d'un seminaire et avec qui j'ai pu discuter longuement de ce sujet. Elle n'est pas la seule, mais elle a offert son temoignage a notre ecole de quartier, car elle est non seulement consciente de l'importance de la promotion de cet enseignement si particulier, mais egalement car elle en a tire des enseignements personnels fabuleux. Je me rejouis de partager ce lien avec vous. Son texte est en anglais. Si jamais il est incomprehensible a certains d'entre vous, je le traduirais volontier dans ses grandes lignes.

Edit du 21 mai 2010, traduction autorisee du temoignage :

"J'etais etudiante a l'ecole Montessori. Pas seulement etudiante en fait. Montessori etait comme ma maison et meme ma famille. Quitter l'ecole fut une histoire, mais plutot que de la quitter dans la tristesse je suis partie avec l'excitation d'aller dans ma nouvelle ecole.

La premiere fois que j'ai visite ma nouvelle ecole j'etais emerveille par l'ouverture des gens et la liberte que l'on pouvait ressentir dans ces couloirs avec leurs casiers.

Arriver dans cette nouvelle ecole etait quelque chose de completement different pourtant. Lorsque j'ai commence les cours la bas, on parlait beaucoup de comment s'ajuster a ce nouvel environnement et de la difficulte que cela serait, l'idee d'avoir des devoirs et projets a faire a la maison, autant de differents professeurs, autant de classes, autant d'emplois du temps et l'enfermement...
Quiconque ayant suivi un cursus Montessori se rappelle surement s'inquieter au sujet de son manque de preparation pour la transition avec le college. Mais cette inquietude n'a pas lieu d'etre. Il n'y a aucune raison d'empecher un enfant de suivre quelque chose d'aussi incroyable, sculpteur et beau que Montessori pour cette raison qui est d'etre sur que l'enfant puisse finir ses devoirs ou ecouter en classe. Car cela arrive simplement, cela se passe, juste comme ca.

La philosophie Montessori est quelque chose qui prend des heures a etre explique dans son ensemble. Mais les choses importantes que Montessori vous apprend, c'est d'etre responsable de votre travail et d'aimer apprendre. Cette motivation qui conforte chaque Montessorien est quelque chose qui reste avec vous toute votre vie. Vivre sa vie depuis l'age de 3 ans, apprendre ainsi et se nourir de cette maniere, ce n'est pas seulement le suivre, c'est le devenir, c'est l'etre. Cet esprit montessorien vous suit dans cette “transition”.

Lorsque je suis arrive dans ma nouvelle ecole, j'ai decouvert un environnement formidable. Bien entendu, tres different de Montessori, ou je me sentais comme a la maison avec mes amis.

J'ai pourtant adore cette annee. Cela m'a pris un certain temps pour m'adapter, avec tous ces changements, mais je n'ai eu aucun probleme. Faire des devoirs egalement, je les fait, c'est tout. Lorsque les devoirs arrivent, je fais de mon mieux, lorsque les tests sont annonces, je revise. Cela aurait ete une veritable peine si je n'avais pas eu mon education montessorienne. Certains de mes camarades ici, n'aiment pas travailler, ni apprendre en face d'un tableau. Je pense que parcequ'ils n'ont pas grandit dans un environnement montessorien cela ne les aide pas non plus. Je me souviens me demander lorsque j'etais a Montessori, comment etait l'ecole assis devant un tableau. Heureusement ce n'est pas comme cela dans toutes les ecoles, en tous cas, pas dans mon ecole maintenant. Dernierement nous avons fait des trucs supers en Anglais, filmer et meme monter nos propres films. Apprendre peut etre sympa avec ces ressources qui nous sont offertes.

A Montessori, j'ai le sentiment d'avoir realise de forts achevements, j'ai eu beaucoup d'amusements aussi avec mes amis, et la meme chose arrive maintenant ici.

[…] (L'auteur parle ici de concours auquels elle a participe et meme gagne au sein de sa nouvelle ecole, de quelle maniere positive elle prend l'esprit de competition, ect...).

Mais la vie ce n'est pas gagner. J'ai adore cette annee et je voudrais remercier Montessori pour ce si parfait type de preparation mis a notre disposition, qui nous etire bien plus que le travail et les devoirs a la maison. Montessori c'est la vie, et cela vous guidera pour toujours. Et cela devrait etre ainsi pour chacun."

Ella Maple, 13 ans. Diplomee de l'ecole Montessori de Sydney en 2002.

L'enfant apprend en faisant

J'ai quitté Charenton pour aller filmer mon amie Agathe qui fait le même métier que moi dans son atelier de Neuilly. Avec ses mots, elle explique clairement les apports et les répercussions de la peinture libre en atelier : c'est en faisant que l'enfant apprend ! Ecoutez - la parler de la créativité et d'apprentissage.



Voir l'article directement sur le blog de Sandrine Sananès ou directement sur you tube.

dimanche 9 mai 2010

Diffuser le Geste de peindre en noir et blanc et en couleurs : nouveau blog



Pour celles et ceux qui veulent faire un métier tourné vers les autres.


Tuttttt tut, je claironne le Le Geste de peindre dans le Monde des enfants ... derrière ma démarche et les mots, l'histoire est épaisse, le désir me porte. Il me plaît de partager.

A propos, j'ai ouvert un groupe privé sur facebook qui s'appelle " Dialogues entre praticienne et praticiens de l'expression" et nous communiquons en interne sur notre métier.

Au début de L'Atelier de Charenton, il était juste question " d'animer " un atelier de peinture libre pour enfants...

Et puis, en lisant mon parcours, des femmes m'ont contactée pour que je les aide à créer leur propre atelier. Soraya du Brésil, Alexandra de Montpellier, Anne-Laure de Charentes et Céline, j'espère bientôt en Bretagne.

Je viens de rénover le blog du Geste de peindre avec mon serveur gratuit Wordpress.

Sur le header, le noir et blanc s'est imposé à moi pour retrouver le côté intense et authentique du Geste de peindre.
La photo est de Manuel Costa Luiz qui m'a fait l'honneur de photographier l'atelier pour un sujet à venir.
Les autres photos sont en couleurs puisque COULEUR, BONHEUR !

Je lirai avec plaisir, vos commentaires et vos suggestions d'amélioration, graphiques surtout. Si vous maîtrisez wordpress, vous pouvez me contacter perso.
Mon mail gestedepeindre@gmail.com

Merci de diffuser à vos amies qui ont envie de faire peindre les enfants et qui cherchent le comment et le pourquoi. Bonne lecture à tout le monde :
Le blog Geste de peindre,ici.

dimanche 2 mai 2010

La question de la fessée éclairée par Alice Miller

Juste pour compléter le texte de Sand et le débat qui en a découlé... (cliquez sur le lien pour accéder au document)
"Sans fessée comment faire?"
Bonne lecture et merci au Papillon pour ce lien :-)

jeudi 29 avril 2010

Les invariants

Une lectrice du blog du Monde des enfants, Sonia, m'a fait parvenir aujourd'hui un lien generique vers la pedagogie Freinet.

Deux ans avant de mourir, en 1966, l'instituteur Celestin Freinet, nous laissait un heritage educatif fabuleux, a nous francais. Il s'agissait des invariants pedagogiques. Toute sa carriere durant, cet instituteur a observe les enfants. Il a pu etablir quelques invariants. Ces invariants, nous les retrouvons d'ailleurs dans la plupart des pedagogies dites alternatives.

J'ai trouve interessant de les rappeler ici.

* Invariant no 1 : L'enfant est de la même nature que nous.
* Invariant no 2 : Être plus grand ne signifie pas forcément être au-dessus des autres.
* Invariant no 3 : Le comportement scolaire d'un enfant est fonction de son état physiologique, organique et constitutionnel.
* Invariant no 4 : Nul - l'enfant pas plus que l'adulte - n'aime être commandé d'autorité.
* Invariant no 5 : Nul n'aime s'aligner, parce que s'aligner, c'est obéir passivement à un ordre extérieur.
* Invariant no 6 : Nul n'aime se voir contraint à faire un certain travail, même si ce travail ne lui déplaît pas particulièrement. C'est la contrainte qui est paralysante.
* Invariant no 7 : Chacun aime choisir son travail, même si ce choix n'est pas avantageux.
* Invariant no 8 : Nul n'aime tourner à vide, agir en robot, c'est-à-dire faire des actes, se plier à des pensées qui sont inscrites dans des mécaniques auxquelles il ne participe pas.
* Invariant no 9 : Il nous faut motiver le travail.
* Invariant no 10 : Plus de scolastique.
* Invariant 10 bis : Tout individu veut réussir. L'échec est inhibiteur, destructeur de l'allant et de l'enthousiasme.
* Invariant 10 ter : Ce n'est pas le jeu qui est naturel à l'enfant, mais le travail.
* Invariant no 11 : La voie normale de l'acquisition n'est nullement l'observation, l'explication et la démonstration, processus essentiel de l'École, mais le tâtonnement expérimental, démarche naturelle et universelle.
* Invariant no 12 : La mémoire, dont l'École fait tant de cas, n'est valable et précieuse que lorsqu'elle est vraiment au service de la vie.
* Invariant no 13 : Les acquisitions ne se font pas comme l'on croit parfois, par l'étude des règles et des lois, mais par l'expérience. Étudier d'abord ces règles et ces lois, en français, en art, en mathématiques, en sciences, c'est placer la charrue devant les bœufs.
* Invariant no 14 : L'intelligence n'est pas, comme l'enseigne la scolastique, une faculté spécifique fonctionnant comme en circuit fermé, indépendamment des autres éléments vitaux de l'individu.
* Invariant no 15 : L'École ne cultive qu'une forme abstraite d'intelligence, qui agit, hors de la réalité vivante, par le truchement de mots et d'idées fixées par la mémoire.
* Invariant no 16 : L'enfant n'aime pas écouter une leçon ex cathedra.
* Invariant no 17 : L'enfant ne se fatigue pas à faire un travail qui est dans la ligne de sa vie, qui lui est pour ainsi dire fonctionnel.
* Invariant no 18 : Personne, ni enfant ni adulte, n'aime le contrôle et la sanction qui sont toujours considérés comme une atteinte à sa dignité, surtout lorsqu'ils s'exercent en public.
* Invariant no 19 : Les notes et les classements sont toujours une erreur.
* Invariant no 20 : Parlez le moins possible.
* Invariant no 21 : L'enfant n'aime pas le travail de troupeau auquel l'individu doit se plier comme un robot. Il aime le travail individuel ou le travail d'équipe au sein d'une communauté coopérative.
* Invariant no 22 : L'ordre et la discipline sont nécessaires en classe.
* Invariant no 23 : Les punitions sont toujours une erreur. Elles sont humiliantes pour tous et n'aboutissent jamais au but recherché. Elles sont tout au plus un pis-aller.
* Invariant no 24 : La vie nouvelle de l'École suppose la coopération scolaire, c'est-à-dire la gestion par les usagers, l'éducateur compris, de la vie et du travail scolaire.
* Invariant no 25 : La surcharge des classes est toujours une erreur pédagogique.
* Invariant no 26 : La conception actuelle des grands ensembles scolaires aboutit à l'anonymat des maîtres et des élèves; elle est, de ce fait, toujours une erreur et une entrave.
* Invariant no 27 : On prépare la démocratie de demain par la démocratie à l'École. Un régime autoritaire à l'École ne saurait être formateur de citoyens démocrates.
* Invariant no 28 : On ne peut éduquer que dans la dignité. Respecter les enfants, ceux-ci devant respecter leurs maîtres est une des premières conditions de la rénovation de l'École.
* Invariant no 29 : L'opposition de la réaction pédagogique, élément de la réaction sociale et politique est aussi un invariant avec lequel nous aurons, hélas! à compter sans que nous puissions nous-mêmes l'éviter ou le corriger.
* Invariant no 30 : Il y a un invariant aussi qui justifie tous nos tâtonnements et authentifie notre action : c'est l'optimiste espoir en la vie.

Célestin Freinet, Œuvres pédagogiques, Seuil, 1994. Tome 2 : Les invariants pédagogiques (1964). Texte autorise via http://www.freinet.org/pef/invari_f.htm et Wikipedia.

Il y a des hommes et des femmes qui ont passe leur vie a essayer de faire en sorte que celles des autres soient plus riches, plus belles, plus heureuses. Ces hommes et ces femmes nous ont legue un patrimoine sublime. Ces hommes et ses femmes avaient l'espoir d'un avenir digne pour l'Homme.
Pourquoi ne les ecoutons-nous pas ?

mercredi 28 avril 2010

References (2)

Another book from the Gutenberg project (first one is here) :
Book

And a training course transcript (from 1933):
Lecture

Textes autorises a la libre diffusion.

Pour aller plus loin

Des propos d'Albert Jacquard.

Note aux lecteurs. N'hesitez pas a diffuser autour de vous tous les materiaux qui sont presentes sur ce blog, que ce soient les videos, les textes, les commentaires ou les images des lors qu'ils sont autorises.

jeudi 22 avril 2010

La question de la fessée

Recemment j'ai lu quelques articles sur la toile, dans la presse francaise, sur la question de l'usage de la fessee, en reponse, entre autre, a l'etude d'une chercheuse americaine de l'universite de Tulane, Catherine Taylor, qui expose que les enfants recevant des punitions corporelles ont une forte tendance a l'agressivite, qu'elle soit orale ou physique.

De plus, l'une de nos lectrices nous a egalement pose cette question interessante qui meritait bien plus qu'une reponse en commentaire : “Vous aviez évoqué la question de la punition, c'était également intéressant, j'aimerais beaucoup en savoir plus sur les rapports d'autorité, de guidage, le positionnement parents/enfants, les réactions face à la colère de son enfant, ou à son agressivité par exemple”.

Je vais tenter d'orienter la discussion en debat d'idees par la suite, via les commentaires, mais je vais tout de meme faire etat ici de mon point de vue personnel sur cette question de l'emploi de la fessee sur un enfant.

Je crois tout simplement que l'emploi de toute violence, qu'elle soit physique ou verbale, pour toute raison et dans toute situation que ce soit, d'un faible ou d'un fort niveau d'intensite, a l'encontre de n'importe quel enfant, est immorale.

L'enfant est un etre qui doit tout apprendre de la vie. C'est un etre qui cherche a poser des limites autour de lui et dans le monde qui l'entoure. Il doit apprendre a respecter l'autre, mais aussi a se respecter lui-meme.
Je crois sans fin que l'enfant est capable de poser ces limites par lui-meme, a la simple et pourtant facile condition qu'il soit guide, qu'on lui montre le chemin du respect mutuel et l'exemple, qu'on lui explique pourquoi un geste est “mauvais” alors qu'un autre est “bon”. Il lui faut donc comprendre les notions de “mal” et de “bien”. Et pour les comprendre, pour bien les definir, il a besoin de les vivre. Comme un scientifique a besoin de verifier ses theories par l'experience pour les valider, l'enfant a besoin de verifier par lui meme ces limites et ces notions a travers ses actes. L'experience de la vie est individuelle et non pas universelle.
Comme pour tout apprentissage, que ce soit celui de la proprete, du partage, de la connaissance, de la vie en communaute, l'enfant a besoin de repeter et encore repeter une action, un geste, pour se conforter dans son “idee” qu'il a de la chose face a la reaction qu'il entraine, qu'elle vienne de la personne en face de lui ou de l'outil qu'il manipule.

Il est donc normal – dans le processus - qu'un enfant qui tape un autre enfant, ou l'un de ses parents par exemple, reproduise cette experience plusieurs fois, jusqu'a ce qu'il ait “conscience” de son geste et des implications de ce geste. L'adulte est donc present a ce moment pour lui expliquer calmement que son geste a fait mal, que la violence n'est pas tolerable par celui qui a ete violente. Si en revanche l'adulte repond par une tape, une gifle ou meme une fessee, tout ce rapport de confiance que l'enfant entretient avec ses propres idees, toutes ces notions pourtant evidentes et fondamentales s'ecroulent dans l'esprit de l'enfant, il perd alors ses reperes, sa logique est ebranlee. Il va lui falloir faire preuve d'encore plus de bonne volonte, d'efforts, pour parvenir a comprendre pourquoi il est “interdit” de frapper mais pourquoi celui qui est en face, l'adulte, le fait sans le moindre probleme et pourquoi cela semble “legitime”. L'enfant vit un paradoxe. Et c'est un paradoxe de taille a mon sens, qui regira ensuite beaucoup des emotions que l'enfant une fois devenu adulte aura a gerer avec ses semblables dans la societe.

A ce stade, la confiance de l'enfant en lui-meme se retrouve egalement mise a mal. L'adulte n'est pas son semblable, mais un etre superieur a lui. Il commence a ressentir une injustice. Et la, c'est une porte ouverte a tout un tas de mechanismes qui devraient sembler evidents...

Je crois que la fessee est une reponse erronee et qu'elle entretient reellement des differences d'appreciation entre les hommes. Un enfant n'est nullement inferieur a un adulte. Il est simplement un adulte en devenir. L'enfant ne doit a l'adulte ni soumission, ni obeissance. Il lui doit en revanche respect et gratitude.

L'education est une philosophie, qui doit etre coherente dans son ensemble. Si elle ne l'est pas, des espaces blancs ou vides se forment entre les “idees” que l'enfant construit. En revanche, si son education est un ensemble logique, au fonctionnement presque mathematique, alors ces espaces blancs ne se forment pas et l'enfant assimile d'autant plus vite ces notions fondamentales qui compose le monde qui l'entoure. Maria Montessori a fait un travail de recherche remarquable en ce sens.

Pour ce qui est de ma propre facon d'envisager les choses avec mes propres enfants, qui me semble-t-il sont des etres respectueux, sans violence aucune, ni la moindre agressivite a l'heure d'aujourd'hui, est que je les considere comme des etres, des individus a part entiere. Il y a peu de limites vraiment imposees dans notre maison. Nous laissons enormement nos enfants apprendre d'eux meme. Les accidents de la vie ne sont jamais reprimandes. Je ne crie pas non plus. Je prend le temps autant que possible de m'agenouiller a la hauteur de l'enfant, de lui expliquer calmement la situation. Si l'enfant est en crise, ce qui se produit assez rarement chez nous, je le laisse faire et l'isole pour qu'il ne derange pas les autres tout en etant sure qu'il ne risque rien et qu'il ne peut pas se faire mal. J'utilise tres souvent un endroit neutre de la maison pour se faire. L'enfant s'assoit sur le sol, il doit reflechir a ce qui vient de se passer. Une fois qu'il est calme, il revient de lui meme et nous en discutons. Je n'ai jamais frappe l'un de mes enfants, ni meme donne une tape sur la main.

Il m'arrive d'avoir mes moments de fatigue et d'impatience, il m'arrive de deraper et de gronder en haussant le ton parfois, je vais a contre-courant de ma propre education, ce n'est pas toujours evident j'en suis consciente, et ce, meme si c'est de plus en plus rare pour ma part. Mais dans ce cas-la je m'excuse. Je fais comprendre a mes enfants que c'etait une erreur, que je n'aurais pas du m'enerver. Ils le comprennent parfaitement, car dans leur esprit, le bien et le mal est clair, limpide et ces notions sont partagees par leurs parents, il n'y a pas de legitimisations de cette notion de "mal", qui seraient dues a l'age, la taille ou encore l'experience. Nous sommes tous des etres egaux.

Pour finir, je suis la premiere a critiquer les livres de Claude Halmos et les arguments partisans de la fessee, en revanche je ne partage pas du tout l'idee que "la fessée soit purement et simplement bannie de France" comme la pediatre et deputee UMP, Edwige Antier, qui a depose en novembre 2009 une proposition de loi pour la faire interdire. Meme si je pense que la France a un serieux train de retard sur sa facon d'aborder certaines questions de societe, je crois que la bonne evolution de l'humanite reside dans le fait que la prise de conscience doit etre individuelle, reflechie et avisee, mais surtout l'aboutissement d'une reflexion personnelle dans le but de s'ameliorer, en tant que parent, mais egalement en tant que personne, individu et etre humain. Car c'est du simple bon sens, finalement, cette question de la fessee.

lundi 19 avril 2010

Apprendre .... en trois temps

Pour résumer de façon très simple la pédagogie de Maria Montessori, tout nouvel apprentissage peut se faire en 3 temps et ce quel que soit le concept, la chose qu'on apprend et l'âge de l'enfant.

Par exemple un petit enfant qui apprend les couleurs :

1er temps : " c'est "
En lui mettant son pull le matin et en lui montrant on peut lui dire " c'est bleu"
Cette première étape de découverte, où l'on nomme, où l’on associe le nom à l’objet, au concept se refait plusieurs fois, la répétition est nécessaire à l’apprentissage.

2ème temps : " montre-moi "
Parmi plusieurs couleurs, demander à l'enfant de montrer le bleu.
Il consolide ses acquis, il doit choisir parmi plusieurs possibilités.
S’il se trompe en montrant une mauvaise couleur, ne pas dire « tu t’es trompé mais renommer cette couleur : ça c’est le rouge, montre moi ou donne moi le bleu »

3ème temps : " qu'est ce que c 'est "
On lui montre une couleur et on demande à l'enfant de la nommer.
C'est la phase où l'on vérifie que l'enfant a bien intégré le nouveau concept.

Ces trois étapes ne se font pas, bien sûr, en une seule fois et peuvent demander beaucoup de temps et de répétitions !
Ce qui est intéressant avec ces trois temps à la maison c’est que l’on n’a pas besoin de matériel spécifique pour apprendre (les habits, les objets de la maison, les livres, les jeux … nous apprennent plein de choses !)
J'ai résumé très brièvement mais cela fonctionne aussi bien à la maison qu'à l'école qu'ailleurs...
Et pour beaucoup de choses.
Ex " c'est un verbe, c'est lourd, c'est mou, c'est un carré, c'est un chêne, c’est un insecte ...."

vendredi 16 avril 2010

Vie pratique





Pour tous les parents qui n'ont pas la possibilité de permettre l'accès à une école différente à leur enfant, beaucoup de choses peuvent être faites à la maison, et cela dès la naissance du bébé. Eve nous en donne de très très beaux exemples sur son blog.
Et je souhaite réaffirmer ici que qu'être un parent bienveillant et conscient ne nécessite pas d'acheter des matériels très chers. En effet la pédagogie Montessori, en particulier, incite l'enfant à être le plus tôt possible autonome et acteur de son environnement, que les adultes auront aménagé en conscience.
En cela, les exercices de vie pratique peuvent être mis en place dans l'environnement familial.

« Une vie réelle se déroule à la maison des enfants où les tâches domestiques sont confiées aux petits ; ils s’en acquittent avec ardeur et dignité. […] Tous les objets les invitent à agir, à accomplir un travail vrai, réel, facile à atteindre. » Maria Montessori, Pédagogie scientifique, T1

Caractéristiques des exercices

Dans l’ambiance, l’enfant pourra exercer des activités liées à sa vie quotidienne, adaptées à son environnement. Il effectuera ainsi dès son arrivée à la Maison des enfants des activités simples, qui seront pour lui de véritables activités créatrices. Quand l’enfant entreprend un exercice de vie pratique, il s’engage entièrement dans l’activité, aussi bien physiquement par la manipulation, que psychiquement de par l’attention et la précision qu’elle nécessite.Ces exercices ont une fonction d’adaptation et d’orientation : ils vont en outre permettre à l’enfant de s’approprier les gestes et actions propres à son environnement et à sa culture et de trouver ainsi sa propre place dans la société à laquelle il appartient.C’est pourquoi les exercices de vie pratique diffèrent dans les Maisons des enfants, selon les écoles, les régions, les pays.

  1. La coordination des mouvements

À travers ces exercices de vie pratique, l’enfant s’engage dans le mouvement, plus particulièrement grâce au travail de la main : il va ainsi coordonner, raffiner, perfectionner ses mouvements.À travers ses diverses manipulations, l’enfant construit son intelligence par son engagement corporel dans une activité structurée avec un but défini : son mouvement est « intelligent ».

  1. Le développement et l’acquisition de l’indépendance

Ce matériel constitue une aide à la conquête d’actes utiles, un facteur d’indépendance : l’enfant manipule un matériel qui lui permettra d’agir de manière autonome dans son environnement.

  1. Le développement de la concentration par la répétition de l’exercice

En s’engageant dans l’activité, l’enfant éprouve le besoin de répéter un grand nombre de fois un même exercice. À travers cette répétition, l’enfant accède à la concentration, qui est le chemin le plus important qu’il devra trouver, le menant ainsi vers un état que l'on peut qualifier de spirituel . La concentration permet d’accéder à la conscience d’être, nourrissant ainsi le corps et l’esprit.

  1. La construction de l’esprit logique

Certains exercices, de par leur complexité et la nécessité de l’enchaînement de plusieurs actions différentes, participent à la construction de l’esprit logique de l’enfant. Ils sont une préparation indirecte à l’éducation sensorielle, à l’écriture, à la lecture, aux mathématiques, etc…En ce sens, le matériel utilisé est ici un véritable matériel de développement car il est une réponse adaptée aux périodes sensibles de l’enfant.

  1. Pourquoi proposer un exercice de vie pratique à un enfant?

Ces exercices doivent permettre à l’enfant d’entrer dans l’activité, et cela de manière ordonnée. Ils favorisent chez l’enfant l’accès à la confiance et à l’estime de soi, en permettant ainsi le cheminement vers la « perfection » et vers la construction intérieure.

  1. Comment présenter ce matériel à un enfant ?

L’enfant absorbe les mouvements qui lui sont présentés. La présentation repose sur deux éléments essentiels :

  • l’analyse des mouvements : chaque acte accompli se décompose en des temps successifs bien distincts. Il s’agit donc de reconnaître et d’exécuter exactement et séparément ces gestes successifs. Il faudra en outre veiller à effectuer des mouvements lents qui permettront de capter l’attention de l’enfant.

  • l’économie de mouvements : elle va de pair avec l’analyse, il s’agira d’épurer les mouvements de tout ce qui peut être superflu, afin de permettre de présenter à l’enfant des mouvements harmonieux.

« L’activité commence et se termine à l’étagère » : après avoir proposé une activité à un enfant, l’accompagner à l’étagère afin de lui montrer l’emplacement du matériel. Quand l’activité est terminée, lui montrer comment ranger le matériel et se rendre avec lui à l’étagère afin qu’il puisse poser le matériel à sa place. L’encourager à refaire cette activité quand il le souhaitera.

  1. La manipulation du matériel par l’enfant

Quand on a présenté un matériel à un enfant, il ne faut pas attendre qu ‘il refasse l’activité telle qu’on lui a présentée. S’il réussit cela signifie qu’il a tout construit, il s’agit donc de présenter un autre matériel. L’enfant s’approprie le matériel en le manipulant. À force de répétition et de concentration, il le fera d’une manière plus structurée et ordonnée.

Ce n’est pas le résultat qui est important, c’est tout ce que l’enfant va construire en lui par cette manipulation. De l’imperfection du début, naîtra le raffinement, le perfectionnement de l’enfant.

Caractéristiques du matériel

  1. Le matériel doit être adapté à la taille et à la force de l’enfant.

  2. Il doit être constitué d’objets véritables et non pas de jouets.

  3. Ce matériel doit être esthétique, attrayant, constituant ainsi un appel à l’activité.

  4. Les objets doivent être cassables, ils sont ainsi dénonciateurs de l’erreur de l’enfant.

  5. Chaque matériel est en un exemplaire unique.

Poésie à l'école !

J'avais juste envie de vous parler poésie et de vous dire comment je la vois à l'école, ce que j'ai observé en classe et ce, quelles que soient les écoles et quel que soit l' âge des enfants !

Une poésie peut être très longue, difficile à comprendre mais les enfants sont sensibles et réceptifs à la musicalité des mots. Une poésie même difficile peut leur plaire ou non.

J'ai toujours lu des poèmes juste pour le plaisir en classe et proposé plusieurs poésies à apprendre aux enfants. A chaque fois ils ont le choix entre deux et ne la disent que lorsqu'ils se sentent prêts. C'est toujours plus facile d'apprendre un texte par coeur quand celui ci nous émeut.

Et les enfants sont étonnants, je me souviens d' un garçon de 10 ans n'aimant pas l'école et ne travaillant pas, être le seul de la classe à choisir la poésie la plus longue et la plus difficile : "le hareng saur " de Charles Cros et la dire devant les autres avec tellement de vie et d'envie !

Ou encore les yeux ébahis d'un enfant de 6 ans à l'écoute des poèmes de Victor Hugo lors de la semaine du poète !

Et puis il y a aussi tous ceux à qui la poésie ne parle pas, mélangent ou changent les mots, se trompent dans le nom de l'auteur, n'arrivent pas à l'apprendre, attendent d'être obligé pour dire leur poésie ....

Le hareng saur

Il était un grand mur blanc - nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle - haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur - sec, sec, sec.

Il vient, tenant dans ses mains - sales, sales, sales,
Un marteau lourd, un grand clou - pointu, pointu, pointu,
Un peloton de ficelle - gros, gros, gros.

Alors il monte à l'échelle - haute, haute, haute,
Et plante le clou pointu - toc, toc, toc,
Tout en haut du grand mur blanc - nu, nu, nu.

Il laisse aller le marteau - qui tombe, qui tombe, qui tombe,
Attache au clou la ficelle - longue, longue, longue,
Et, au bout, le hareng saur - sec, sec, sec.

Il redescend de l'échelle - haute, haute, haute,
L'emporte avec le marteau - lourd, lourd, lourd,
Et puis, il s'en va ailleurs - loin, loin, loin.

Et, depuis, le hareng saur - sec, sec, sec,
Au bout de cette ficelle - longue, longue, longue,
Très lentement se balance - toujours, toujours, toujours.

J'ai composé cette histoire - simple, simple, simple,
Pour mettre en fureur les gens - graves, graves, graves,
Et amuser les enfants - petits, petits, petits.

Charles CROS (1842-1888). Diffusion autorisee http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Hareng_saur Licence CC.

Et pour vous, la poésie est nécessaire, inutile, difficile, source de joie, de fatigue, de peur ... ?
Quels sont vos souvenirs de la poésie à l'école ?

mardi 13 avril 2010

Montessori a la maison

Voici la suite de mon volet sur les espaces et la vie Montessorienne a la maison. Vous trouverez un autre bel exemple de chambre ici.
Mes enfants n'ont pas specialement de materiaux montessoriens (jeux/activites) a la maison, puisqu'ils frequentent tous deux une ecole Montessori, d'autant plus que ces materiaux sont extremements chers.

J'ai donc pris le parti d'adapter l'espace de notre vie de maniere a ce qu'il convienne le plus possible a nos enfants en terme d'accessibilite et de visibilite. La plupart de leurs activites et jeux sont de grandes qualites, en bois principalement, a but educatif ou de simple divertissement.
Les enfants sont impliques dans la vie de tous les jours. Ils participent aux taches menageres, allant de la lessive, au menage, aux repas... Mais surtout ils apprennent l'autonomie des leur plus jeune age. Ils s'occupent d'eux meme pour absolument tout ce dont ils sont capables physiquement de faire, comme se laver, s'habiller, se nourrir, aller aux toilettes, se coucher, ranger leurs affaires, nettoyer derriere eux, ect.

Il est important pour l'enfant que les activites soient accessibles physiquement comme visuellement. Il est ainsi a meme de faire des choix qui entraine le mecanisme de la decision. Il reflechit a ce qu'il veut faire, puis fait. Il est important que l'enfant choisisse une activite a la fois et qu'il la range avant de passer a la suivante. Mes enfants partagent une petite chambre. J'ai donc organise une grande etagere murale compartimentee avec les activites du petit en bas et les activites de la grande en haut.

Pour ce faire, il est important qu'ils puissent s'installer confortablement, soit sur le sol (moquette ou tapis) soit sur une petite table a sa hauteur. Ainsi ils vont apprendre a respecter leurs affaires, a en prendre soin.

La presence d'un miroir dans la piece est tres importante. L'enfant apprend a se connaitre, mais egalement a prendre soin de lui meme. C'est un element egalement fondamental pour la coordination. L'enfant s'observe. Cela peut paraitre surprenant, mais il apprend beaucoup des observations qu'il fait de lui meme.
Jules a dormi sur un lit Montessorien de 10 mois jusqu'a l'age de 18 mois (un matelas a meme le sol). Depuis il dort dans un grand lit (lits superposes qu'il partage avec sa soeur).

Il est egalement interessant de classer les jouets et les activites. Par exemple, on peut avoir un espace de lecture, un autre de musique, un autre de coordination (toupies...), ect. L'enfant se structure mentalement, il fait ainsi des associations. C'est aussi l'occasion de lui offrir un univers rassurant et reconfortant, dans lequel il ne se sent pas perdu, qu'il est simple pour lui de ranger.

La chambre peut etre decoree. C'est meme important que l'environnement soit propre, clair et beau. Si l'on souhaite utiliser des cadres et des tableaux il est evident que ceux ci se trouvent dans le champs de vision de l'enfant, a sa hauteur d'oeil ou a peine plus haut, sinon l'enfant ne le remarquera pas ou n'en profitera pas.

L'utilisation des coffres est a eviter. Je sais qu'ils sont pratique lorsque l'on a pas beaucoup de place, mais ils ne doivent surtout pas etre un fourre tout. Mes enfants ont un vieux coffre en bois que j'avais deniche en Nouvelle Zelande et que j'aime beaucoup, il sert a ranger uniquement les deguisements. On peut utiliser des compartiments a condition que les jouets soient bien tries. Par exemple pour les legos, les cubes, ect.

Leurs habits doivent etre accessibles. L'enfant doit pouvoir choisir ses habits et s'habiller de lui meme. Tous les matins, Jules choisi sa culotte, son short et son T-shirt. Il s'habille ensuite tranquillement et m'appelle si il a besoin d'aide. Il doit etre en mesure de se changer lui meme si il se salit. Il doit pouvoir atteindre les toilettes ou le pot, puis se laver les mains par lui meme.

La maison ne doit pas ressembler a une maison des enfants pour autant. En revanche elle doit laisser l'enfant pouvoir evoluer comme bon lui semble. Il doit etre en mesure de se mettre un tablier pour s'occuper du repas, de la vaisselle, ect. et surtout d'acceder au plan de travail comme de l'evier. Il doit pouvoir se servir un verre d'eau durant la journee si il a soif, acceder aux fruits si il a un creux, ect. Et ce meme a 20 mois.

Il est egalement important que l'enfant realise du fruit de ses efforts, comme celui du jardinage. Evidement, il va vouloir jouer avec la terre et il va en mettre partout. A force de repetitions, l'enfant va devenir de plus en plus habile avec ses mains, en s'appliquant et se concentrant. Il est egalement intelligent de laisser a portee de lui une petite pelle et une balayette pour qu'il puisse nettoyer les saletes qu'il peut commettre.
Par exemple, Jules aimait arracher la tete des fleurs. Petit a petit il a appris a en prendre soin. Il les arrose et vaporise de l'eau sur les feuilles. Il le fait de lui meme, tous les soirs. Il admire les fleurs sans les toucher.

Un enfant n'est certainement pas une aide menagere. Mais un petit etre qui se construit vers l'autonomie, l'independance. Lorsque Jules lave les vitres, il va recommencer et encore recommencer : son geste va se preciser, s'elargir, s'etendre. Il s'applique, eprouve du plaisir a faire par lui meme.
Lorsqu'il met le linge dans la machine, il va le ressortir puis le remettre, parfois plusieurs fois d'affilees. C'est un mecanisme extremement sain et constructif. Depuis quelques temps il ne ressort plus le linge de la machine, il est content avec l'idee de le faire dans ce seul but. Il choisit le programme et observe le tambour se mettre a tourner, puis referme la porte de la buanderie derriere lui.

Il est bien d'encourager un enfant, mais il est inutile de le feliciter sans cesse. L'enfant est satisfait et est ravi par le simple fait d'avoir realise quelque chose par lui meme. La demarche comme l'action sont naturelles et doivent le rester.

Il est tellement riche et interessant pour l'enfant de faire les choses, meme si pour nous elles peuvent nous sembler vaines et repetitives, elles sont pourtant terriblement utiles pour l'enfant. Il construit toute son autonomie et sa confiance en lui sur ces experiences. Ne les negligeons donc pas. Offrons leur ces simples experiences de la vie.

vendredi 2 avril 2010

Publications Montessori

Je souhaite vous presenter les publications de Beth Phillips, une amie enseignante Montessori aux USA, a Albuquerque, au Nouveau Mexique. Elle fait un gros travail de recherche sur les enfants avec des problemes comportementaux et partage tous les jours des liens interessants sur le reseau Facebook, ici, notamment sur l'autisme et l'education Montessori en general. N'hesitez pas a lui soumettre une demande de relation via ce reseau si vous le souhaitez, c'est une personne extraordinaire. Ses ouvrages en anglais aux Montessori Publications sont en vente sur Amazon.com et sur Lulu.com. Ils sont dedies aux enseignants.
* Grace & Courtesy
* Walking on the line
* The silence game and beyond
* Imagine that !