*source
Vanessa
Les Neurosciences au service de l'éducation from erg on Vimeo.
affiche illustrée par Quentin Blake
Et juste pour le plaisir, un petit extrait du livre
" Comme un roman" de Daniel Pennac :
« Le verbe lire ne supporte pas l'impératif. Aversion qu'il partage avec quelques autres : le verbe « aimer »… le verbe « rêver »…
On peut toujours essayer, bien sûr. Allez-y : « Aime-moi ! » « Rêve ! » « Lis ! » « Lis ! Mais lis donc, bon sang, je t'ordonne de lire ! » -Monte dans ta chambre et lis ! Résultat ?
Néant.
Il s'est endormi sur son livre. La fenêtre, tout à coup, lui a paru immensément ouverte sur quelque chose d'enviable. C'est par là qu'il s'est envolé. Pour échapper au livre. Mais c'est un sommeil vigilant : le livre reste ouvert devant lui. Pour peu que nous ouvrions la porte de sa chambre nous le trouverons assis à son bureau, sagement occupé à lire. Même si nous sommes monté à pas de loup, de la surface de son sommeil il nous aura entendu venir. . »
Il se passe de belles choses dans les chambres des enfants quand les parents n'y sont pas !!!
( Pour ceux qui sont intéressés par des animations autour du livre et de la lecture, il y a le livre " donner le goût de lire" de Christian Poslaniec )
Pierre Faure (1904 – 1988)
Comme on a beaucoup parlé de Maria Montessori, je voulais juste vous faire part d’un pédagogue qui opta pour l’esprit et la méthode montessorienne.
Le père Pierre Faure est né en France 32 ans après Maria Montessori.
Après avoir suivi des études de chimie, de philosophie, et de théologie, il devient prof. C’est en 1940 qu'il rencontre Madame Lubienska de Lenval qui avait travaillé avec Maria Montessori et met en place avec elle les "dictées muettes", matériel qui permet l'apprentissage de l’écriture, la lecture et l'orthographe selon une méthode active, sensorielle et personnalisée.
Il crée des classes d’observation, une revue pédagogique, des écoles d’éducateur spécialisé dans l’enseignement catholique, et anime des sessions dans le monde entier.
Il continue le travail commencé par Maria Montessori et met en place la pédagogie personnalisée et communautaire.
C'est une pédagogie au service de l’enfant qui répond à ses besoins fondamentaux (être reconnu, aimé, développer sa curiosité, sa liberté, grandir, communiquer ... pédagogie personnalisante) en tenant compte des différences entre les enfants (aptitudes, rythmes, motivations, milieu social ... pédagogie personnalisée).
Chaque enfant participe à son apprentissage (pédagogie de la découverte), on lui propose des choix dans ses activités en fonction de son niveau, de ses aptitudes, ses besoins ... (pédagogie différenciée), on l'aide à devenir autonome, à organiser son travail…(pédagogie de la responsabilité)
L’enfant travaille seul mais aussi avec les autres (enfants, enseignants …) Dans cette façon de travailler, prônent l’entraide, le respect, le partage, la communication et la confiance (pédagogie communautaire).
En résumé, le père Faure est pour moi un pédagogue dans la lignée de Maria Montessori qui comme elle met l’enfant responsable et acteur de son apprentissage (pédagogie personnalisée) avec les autres (et communautaire). Quand j’étais à l’école d’instit, on a beaucoup étudié ces deux pédagogues, l’un étant la continuité de l’autre !
Pour en savoir plus : http://www.airap.org/
Voir l'article directement sur le blog de Sandrine Sananès ou directement sur you tube.

Juste pour compléter le texte de Sand et le débat qui en a découlé... (cliquez sur le lien pour accéder au document)Pour résumer de façon très simple la pédagogie de Maria Montessori, tout nouvel apprentissage peut se faire en 3 temps et ce quel que soit le concept, la chose qu'on apprend et l'âge de l'enfant.
Par exemple un petit enfant qui apprend les couleurs :
1er temps : " c'est "
En lui mettant son pull le matin et en lui montrant on peut lui dire " c'est bleu"
Cette première étape de découverte, où l'on nomme, où l’on associe le nom à l’objet, au concept se refait plusieurs fois, la répétition est nécessaire à l’apprentissage.
2ème temps : " montre-moi "
Parmi plusieurs couleurs, demander à l'enfant de montrer le bleu.
Il consolide ses acquis, il doit choisir parmi plusieurs possibilités.
S’il se trompe en montrant une mauvaise couleur, ne pas dire « tu t’es trompé mais renommer cette couleur : ça c’est le rouge, montre moi ou donne moi le bleu »
3ème temps : " qu'est ce que c 'est "
On lui montre une couleur et on demande à l'enfant de la nommer.
C'est la phase où l'on vérifie que l'enfant a bien intégré le nouveau concept.
Ces trois étapes ne se font pas, bien sûr, en une seule fois et peuvent demander beaucoup de temps et de répétitions !
Ce qui est intéressant avec ces trois temps à la maison c’est que l’on n’a pas besoin de matériel spécifique pour apprendre (les habits, les objets de la maison, les livres, les jeux … nous apprennent plein de choses !)
J'ai résumé très brièvement mais cela fonctionne aussi bien à la maison qu'à l'école qu'ailleurs...
Et pour beaucoup de choses.
Ex " c'est un verbe, c'est lourd, c'est mou, c'est un carré, c'est un chêne, c’est un insecte ...."
« Une vie réelle se déroule à la maison des enfants où les tâches domestiques sont confiées aux petits ; ils s’en acquittent avec ardeur et dignité. […] Tous les objets les invitent à agir, à accomplir un travail vrai, réel, facile à atteindre. » Maria Montessori, Pédagogie scientifique, T1
Dans l’ambiance, l’enfant pourra exercer des activités liées à sa vie quotidienne, adaptées à son environnement. Il effectuera ainsi dès son arrivée à la Maison des enfants des activités simples, qui seront pour lui de véritables activités créatrices. Quand l’enfant entreprend un exercice de vie pratique, il s’engage entièrement dans l’activité, aussi bien physiquement par la manipulation, que psychiquement de par l’attention et la précision qu’elle nécessite.Ces exercices ont une fonction d’adaptation et d’orientation : ils vont en outre permettre à l’enfant de s’approprier les gestes et actions propres à son environnement et à sa culture et de trouver ainsi sa propre place dans la société à laquelle il appartient.C’est pourquoi les exercices de vie pratique diffèrent dans les Maisons des enfants, selon les écoles, les régions, les pays.
La coordination des mouvements
À travers ces exercices de vie pratique, l’enfant s’engage dans le mouvement, plus particulièrement grâce au travail de la main : il va ainsi coordonner, raffiner, perfectionner ses mouvements.À travers ses diverses manipulations, l’enfant construit son intelligence par son engagement corporel dans une activité structurée avec un but défini : son mouvement est « intelligent ».
Le développement et l’acquisition de l’indépendance
Ce matériel constitue une aide à la conquête d’actes utiles, un facteur d’indépendance : l’enfant manipule un matériel qui lui permettra d’agir de manière autonome dans son environnement.
Le développement de la concentration par la répétition de l’exercice
En s’engageant dans l’activité, l’enfant éprouve le besoin de répéter un grand nombre de fois un même exercice. À travers cette répétition, l’enfant accède à la concentration, qui est le chemin le plus important qu’il devra trouver, le menant ainsi vers un état que l'on peut qualifier de spirituel . La concentration permet d’accéder à la conscience d’être, nourrissant ainsi le corps et l’esprit.
La construction de l’esprit logique
Certains exercices, de par leur complexité et la nécessité de l’enchaînement de plusieurs actions différentes, participent à la construction de l’esprit logique de l’enfant. Ils sont une préparation indirecte à l’éducation sensorielle, à l’écriture, à la lecture, aux mathématiques, etc…En ce sens, le matériel utilisé est ici un véritable matériel de développement car il est une réponse adaptée aux périodes sensibles de l’enfant.
Pourquoi proposer un exercice de vie pratique à un enfant?
Ces exercices doivent permettre à l’enfant d’entrer dans l’activité, et cela de manière ordonnée. Ils favorisent chez l’enfant l’accès à la confiance et à l’estime de soi, en permettant ainsi le cheminement vers la « perfection » et vers la construction intérieure.
Comment présenter ce matériel à un enfant ?
L’enfant absorbe les mouvements qui lui sont présentés. La présentation repose sur deux éléments essentiels :
l’analyse des mouvements : chaque acte accompli se décompose en des temps successifs bien distincts. Il s’agit donc de reconnaître et d’exécuter exactement et séparément ces gestes successifs. Il faudra en outre veiller à effectuer des mouvements lents qui permettront de capter l’attention de l’enfant.
l’économie de mouvements : elle va de pair avec l’analyse, il s’agira d’épurer les mouvements de tout ce qui peut être superflu, afin de permettre de présenter à l’enfant des mouvements harmonieux.
« L’activité commence et se termine à l’étagère » : après avoir proposé une activité à un enfant, l’accompagner à l’étagère afin de lui montrer l’emplacement du matériel. Quand l’activité est terminée, lui montrer comment ranger le matériel et se rendre avec lui à l’étagère afin qu’il puisse poser le matériel à sa place. L’encourager à refaire cette activité quand il le souhaitera.
La manipulation du matériel par l’enfant
Quand on a présenté un matériel à un enfant, il ne faut pas attendre qu ‘il refasse l’activité telle qu’on lui a présentée. S’il réussit cela signifie qu’il a tout construit, il s’agit donc de présenter un autre matériel. L’enfant s’approprie le matériel en le manipulant. À force de répétition et de concentration, il le fera d’une manière plus structurée et ordonnée.
Ce n’est pas le résultat qui est important, c’est tout ce que l’enfant va construire en lui par cette manipulation. De l’imperfection du début, naîtra le raffinement, le perfectionnement de l’enfant.
Caractéristiques du matériel
Le matériel doit être adapté à la taille et à la force de l’enfant.
Il doit être constitué d’objets véritables et non pas de jouets.
Ce matériel doit être esthétique, attrayant, constituant ainsi un appel à l’activité.
Les objets doivent être cassables, ils sont ainsi dénonciateurs de l’erreur de l’enfant.
Chaque matériel est en un exemplaire unique.