mercredi 1 juin 2011

peindre




Hier, alors qu'on me demandait quelques idées pour faire de la peinture en famille, j'ai écrit cette réponse. J'ai pensé qu'elle pouvait intéresser certains d'entre vous.

Quelques notes de mes expériences :

Guider un enfant en peinture demande une grande patience et beaucoup d'accompagnement.
Que ce soit avec mes propres enfants, en atelier ou dans les écoles, j'installe toujours des assiettes (ou barquettes, ou godets) sur une table, et 1, 2 ou 3 pinceaux différents par couleur (petit, moyen, gros).
En général j'aime limiter à 5-6 couleurs, par exemple je vais proposer un nuancier qui ne contient ni vert, ni marron : et ce jour-là un enfant qui voudra dessiner un arbre selon les codes dont il a l'habitude (tronc marron + feuillage vert) va me demander comment faire, je vais donc l'inviter à trouver sa propre solution avec les couleurs proposées. Lui rappeler que sur son dessin il a le droit de dessiner un arbre bleu, un crocodile rouge, on fait comme on veut sur SA peinture.

J'essaie d'harmoniser les couleurs, une foncée, une claire, et de préférence "assorties"! Je les remélange toujours avec un peu d'une autre, un jaune éclairci avec du blanc, un bleu mélangé avec un goutte de blanc et de noir, un magenta dilué avec une pointe de jaune deviendra un beau rouge tomate… Les enfants adorent que je leur confie le pinceau pour mélanger. J'utilise uniquement des gouaches faciles à nettoyer, j'utilise 5 pots de bonne qualité (les 3 couleurs primaires + blanc et noir). À la fin, si l'enfant veut aider à ranger je lui confie des tâches précises à faire. Quant à rincer les assiettes, je préfère le faire moi-même, je conserve même souvent la peinture dans des godets fermés.

Je dispose d'un côté la peinture avec les pinceaux dans les assiettes (comme si on était à table!), un petit seau avec de l'eau pour rincer et des chiffons. Et d'un autre côté l'espace pour peindre. Je demande toujours aux enfants de peindre debout. Ainsi ils se déplacent de leur feuille à la table des peintures et reviennent à leur feuille, les enfants aiment bouger, et une fois lancés, leur déambulation devient comme une danse. Pour un ou deux enfants, on peut tout faire sur la même table. Si on peut accrocher les feuilles à la verticale c'est l'idéal, avec une grande planche un peu large posée contre un mur par exemple. J'accroche les feuilles par les angles avec du scotch de peintre (le jaune qu'on trouve dans les magasins de bricolage) et pour le papier, j'ai récupéré il y a déjà plusieurs années une fin de rouleau de papier dans une imprimerie. C'est génial. J'ai coupé des centaines de feuilles, et j'en ai encore!!! Sinon on peut peindre aussi sur des feuilles A4 ou A3 blanches toutes simples, et les assembler si le dessin a besoin de s'agrandir. J'ai remarqué que les enfants sont très à l'aise avec les pinceaux brosses. En magasin beaux-arts, on trouve des modèles de très bonne qualité, bon marché et qui tiennent plutôt bien l'usure. Enfin, j'organise le support de peinture de telle sorte que l'on puisse déborder de la feuille. Cela ne doit pas être un problème.

Je fixe et j'applique des règles assez strictes pour l'utilisation de la peinture, car demander de la concentration sur le geste permet de se détacher de sa peinture, et paradoxalement, de libérer ce geste.
Par exemple je demande qu'on fasse très attention à bien remettre le bon pinceau dans la bonne assiette. Si on se trompe bien sûr ce n'est pas grave, mais alors il faut laver le pinceau et l'essuyer dans un chiffon avant de le remettre à la bonne place. Idem si sur la feuille le pinceau de jaune s'est par exemple mêlé à du noir, il faudra le rincer avant de le replacer. Blouse obligatoire, même pour moi, comme ça on peut s'essuyer les doigts dessus! Et quand on se déplace avec le pinceau, on met toujours sa main en creux en-dessous. Enfin, on s'entraîne à tenir son pinceau un peu comme un stylo ; pour étaler la peinture on va dans un sens puis dans l'autre, en caressant la peinture avec le pinceau ; si ça ne glisse pas bien, on remouille le pinceau, ou on reprend de la peinture. Je prends parfois la main de l'enfant pour l'accompagner. Les enfants qui ont l'habitude des feutres ont tendance à écraser le pinceau pour en faire sortir la couleur. Je leur explique qu'on peint avec le bout du pinceau, qu'on doit en prendre le plus grand soin pour les garder et pour que les autres puissent s'en servir. Je suis très exigeante, et veiller à ce que ces règles-là soient appliquées est ce qui me demande le plus d'énergie! Le fait de mettre une blouse me met aussi dans une situation où j'ai une place claire auprès de l'enfant, je ne suis là que pour cet accompagnement, il n'y pas d'ambigüité sur mon rôle. (Et du coup, avec mes propre enfants… il n'y a pas de conflit, nous pouvons garder la bonne distance). Tous ces petits rituels s'abordent comme des règles de jeu, il faut les répéter souvent, mais je n'ai JAMAIS vu un enfant les contester ou les refuser!

Enfin, ce que j'appelle peinture libre est libre dans le sens où mon but est d'apprendre au participant à se sentir libre de peindre ce qu'il veut.
Et ça prend parfois/souvent du temps.

Quelques règles d'or :

- ne jamais demander à un enfant (ou un adulte) ce qu'il peint. On a le droit de peindre ce qu'on veut sans se justifier. Si un enfant souhaite me raconter ce qu'il est entrain de peindre, bien sûr je l'écoute, mais je ne fais aucun commentaire sur la ressemblance ou non avec la réalité. Il faut vraiment voir la peinture comme l'expression d'une intimité, et en respecter toute sa pudeur.
S'il y a plusieurs enfants, je les briefe avant de commencer, ils n'ont pas le droit de demander aux autres ce qu'ils sont entrain de faire, ils peuvent regarder, ils ont même le droit de penser que c'est moche, mais doivent se taire, leur jugement, il le gardent pour eux (interdit de dire : c'est pas comme ça qu'on fait!)… en revanche un compliment est toujours bienvenu!
Si tout le monde joue le jeu, et que l'adulte est bienveillant, alors tout le monde se sent à l'aise, et libre.

- je pars du principe qu'un enfant (ou un adulte) qui peint fait de toutes façons quelque chose de bien. Ça peut paraître simpliste, mais je dis toujours "c'est bien" ou à la rigueur "c'est très bien", mais jamais c'est génial / c'est super / c'est trop bien. Je pense que si l'on pose des expressions trop fortes sur ce qui se passe, on transforme ce moment de simplicité en un enjeu. L'enfant ayant spontanément le désir de bien faire, ce n'est pas la peine d'en rajouter. Puisqu'il veut bien faire (et chacun a sa façon et sa vision du bien faire) alors c'est bien, c'est tout, ça suffit.

- si l'enfant veut changer de feuille, il peut. Il a le droit de dire que son dessin est terminé même s'il n'a tracé qu'un trait. Seul son auteur sait quand il a terminé. Il n'est pas question de rentabiliser la peinture et le papier, il faut jouer le jeu.

- le moment de peinture est toujours limité dans le temps. Je préviens : on va peindre 1/2 heure, 1 heure. Et 10 minutes avant la fin, je demande à ce que l'on termine sa peinture.

- Enfin, j'interdis (dans la mesure du possible, ou alors j'exige le silence) à quelqu'adulte que ce soit d'assister à ce moment-là. Les seuls adultes autorisés sont ceux qui peignent avec les enfants, en respectant exactement les mêmes règles qu'eux. Les adultes ne se rendent pas compte de la portée de certaines de leurs paroles en présence des enfants, encore plus quand ils sont entrain de dessiner ou de peindre. Je me souviens qu'au début de mes expériences d'atelier, une maman était venue voir ce qu'avait fait sa fille à la fin de la séance, et lui avait demandé ce qu'elle avait peint. La petite fille avait désigné plusieurs créatures, des grenouilles, des poissons et des têtards, sa mère s'était soudainement exclamée, sur un ton amusé : "n'importe quoi! on dirait des spermatozoïdes!". Et la petite s'était recroquevillée de honte. Elle n'a plus osé peindre ce qu'elle voulait pendant plusieurs séances. Depuis cet épisode-là j'ai interdit l'accès de ces ateliers aux adultes. Les parents pouvaient voir les dessins de leurs enfants, mais sur RV et sans les enfants.
Je pars du principe qu'une peinture est l'expression d'un moment, d'un instant précis. À la fin de l'atelier, les peintures sont rangées dans un carton, mais jamais exposées, ni accrochées, juste archivées. On ne peint pas pour décorer la maison des parents ou de ses grands-parents, mais pour exprimer un moment, une idée. Sauf formulation, don ou demande expresse de l'enfant, je n'accroche jamais leurs peintures au mur. Cet aspect-là est très important pour mettre l'enfant en confiance, il doit pouvoir se sentir libre de peindre ce qu'il veut sans risquer de voir exposer aux yeux de tous ce qu'il aurait voulu garder pour lui. Les enfants on parfois besoin de peindre des choses qui ne les mettent pas forcément à l'aise vis à vis de leurs proches (je me souviens d'une jeune fille qui peignait des animaux qui saignaient et me demandait de ranger ses peintures au fur et à mesure, elle-même ne souhaitait plus les voir). Nous vivons aussi dans une société où tout ce que créé l'enfant est détaillé par les adultes, je suis contre les concours de dessins qui mettent en compétition ce qui à mon sens ne peut être mis en compétition, c'est comme si on faisait un concours du meilleur enfant, je trouve ça choquant. De la même façon que je ne supporte pas les analyses de dessins, je trouve ça intrusif et totalement déplacé. De quel droit peut-on parler à la place de l'enfant et dire : s'il a peint une montagne c'est parce qu'il a un obstacle à franchir? Pourquoi un enfant ne pourrait-il pas peindre une montagne simplement parce que c'est son désir de peindre au moment où il peint?!!! Ces idées-là ont mis du temps à cheminer pour moi, notamment en tant que parent, mais ça valait la peine d'essayer, on voit parfois son enfant représenter des choses qui ne nous plaisent pas, qu'on trouve moches ou déplacées (parfois ils ont besoin d'écrire des gros mots, (pré-ados surtout), il est important de laisser faire si ça arrive, une fois que c'est fait… ce n'est plus à faire!); à l'inverse, on peut admirer une peinture, mais ça reste selon nos critères d'appréciation, notre goût, et ce ne sont pas des raisons pour s'emparer de la création de son enfant. Dans tous les cas, il faut prendre sur soi et se rappeler qu'une peinture est un espace de liberté, et tout faire pour préserver cet espace.

Je tiens à préciser que ma pratique d'atelier est issue de deux "formations" : la première, officielle, m'a été dispensée à l'école des Arts Décos de Strasbourg lors de la première session de formation de plasticiens intervenants. La seconde vient directement de mes lectures des travaux d'Arno Stern, de mes rencontres avec divers praticiens et de mes propres expériences. Les notes ci-dessus sont celles du moment, il est évident que de la même façon qu'elles sont le résultat d'années d'observation, elles ne demandent qu'à cheminer encore.


Anaïs Massini

samedi 7 mai 2011

Sortir du modèle compétitif avec nos enfants

L'autre jour, j'étais au parc avec mon fils (il a 28 mois). Il faisait doux et sec. Luckas s'amusait à grimper sur les bancs, descendre, remonter, avec mon aide, sans mon aide, à sauter du banc pour mieux y revenir, dans d'incessantes allées et venues. Il semblait inépuisable et, tout concentré pourtant qu'il était, il avait un grand sourire sur le visage; cela avait visiblement l'air de l'amuser beaucoup. Un peu plus loin sur la pelouse, deux jeunes garçons d'une dizaine d'année couraient après un ballon. Ils avaient indiqué deux buts virtuels avec leurs vestes et pulls et chacun essayait de marquer un goal dans le but de son adversaire. Ils étaient très concentrés, et s'accrochaient parfois l'un à l'autre pour s'empêcher de passer, et quand finalement l'un des deux tirait et marquait un but, il montrait sa joie par des gestes de bras levés au ciel et de V avec les doigts tandis que l'autre n'avait pas l'air de trouver ça amusant du tout et semblait plutôt râler. Quelle drôle d'idée ! moi qui croyais que faire du sport, c'était pour s'amuser... ici ces deux jeunes garçons voulaient visiblement gagner et jouaient avec un esprit de compétition.

Est-ce cela que je souhaite montrer à mon fils, lui apprendre: qu'il y a des gagnants et donc, des perdants?? non je trouve ça plutôt terrible en fait... la concurrence, la compétition, la comparaison qui se jouent en permanence dans notre monde ne sont-ils pas à l'origine de tous ces conflits que nous constatons chaque jour autour de nous et loin de nous? est-ce dans ce monde-là que j'ai envie de continuer à vivre ou ai-je plutôt envie de sortir de ce modèle et proposer à Luckas autre chose? Autre chose qui respecte ses Besoins Fondamentaux et notamment son Besoin d'Amour.

Chacun de nous n'a-t-il pas envie d'être accepté pour qui il est, en dehors de toute comparaison et en dehors de toute course à la performance, sans devoir gagner à tout prix par peur d'être du côté des perdants, parce que perdre c'est pas chouette, c'est nul, on est pas considéré, on est même triste pour nous… Pffff, c'est clair, ça m'est égal de perdre ou de gagner, ce que je veux c'est être heureuse et faire ce que j'aime, sans me comparer à quiconque. Et pourtant… ça m'arrive parce que ce modèle compétitif, je suis tombée dedans quand j'étais petite. Si je me compare, si je ne me sens pas à la hauteur (par rapport à quoi?), si j'ai peur de rater (de perdre en somme), c'est bien parce que je crois que je dois être performante, au top, efficace en permanence, ne pas faire d'erreurs, etc. Dès l'école déjà, on nous apprend qu'il vaut mieux être dans les premiers que dans les derniers, même pour des trucs qui ne nous intéressent pas. Je me souviens, quand j'étais au lycée, au cours de gymnastique, nous faisions des exercices de saut en longueur. J'aimais beaucoup le cours de gymnastique parce que j'avais besoin de bouger et cela me permettait de sortir de ma tête qui pensait beaucoup. Le professeur a donc commencé à nous faire faire des sauts en longueur et je me débrouillais assez bien je dois dire. Je trouvais ça vraiment très chouette d'arriver à aller de plus en plus loin et dépasser chaque fois un peu plus la distance que j'avais fait précédemment et découvrir finalement ce dont j'étais capable. Je me concentrais et sautais aussi loin que je pouvais. Cela se passait dans l'amusement et l'encouragement des unes et des autres. Mais mon amusement fut de courte durée… quand la prof a demandé aux "meilleures" de continuer pendant que les autres feraient un autre exercice dont je ne me souviens plus. Vous pensez que je n'étais pas parmi les meilleures et que c'est pour ça que je ne me suis plus amusée? et bien si ! nous étions 5 à pouvoir continuer... continuer à sauter non plus pour se dépasser soi mais pour se dépasser les unes les autres.. même si ce n'était pas l'intention du professeur, c'est en tout cas comme ça que je l'ai compris et cela ne m'a plus amusée du tout... Tous mes efforts étaient concentrés sur le fait de dépasser non pas ma performance mais celles de mes copines. Autant vous dire que je ne me suis plus dépassée du tout, ayant perdu tout intérêt pour le saut en longueur... j'en garde malheureusement encore aujourd'hui un goût amer pour l'effort physique que j'évite en général, ne me sentant pas vraiment à la hauteur.

Luckas continue à monter et descendre du banc, peu importe qu'il le fasse vite, bien, longtemps, peu importe… je ne l'inscrirai pas dans un sport qui apprend la comparaison ou la compétition. Je préfère qu'il continue à avoir du plaisir à bouger son corps, à développer ses capacités physiques, à faire ce que en Éducation Syntropique, on appelle la kinétique. Mais ça, je vous en parlerai dans un prochain article.


Laurence Legrand
Aligneuse et Animatrice en Éducation Syntropique
www.blanchecolombe.be

samedi 23 avril 2011

Soumission ou rébellion ? quand la confiance fait défaut.

L'autre jour, je discutais avec une maman, bénévole dans une association que je fréquente, et elle me parlait de son désespoir concernant son fils de 13 ans. Elle me racontait son agressivité à son égard, ses mensonges, son impertinence. Elle n'en dormait plus et tombait peu à peu dans la déprime, impuissante à résoudre la situation. Elle en parlait à tout le monde, à la recherche de la solution "miracle". Je la sentais perdue et au bord de l'épuisement. La situation n'avait déjà que trop duré et elle était toute seule à y faire face, le papa vivant à l'étranger et ne voyant ses enfants qu'une fois par mois.

Je me sentais bien triste pour cette maman qui fait ce qui lui semble juste, appliquant ce qu'elle avait elle-même reçu comme éducation, me disant que quand j'avais son âge, on trouvait normal qu'on décide pour nous, on écoutait les parents et jamais je n'aurais osé les contredire. Elle avait choisi ce que j'appelle "la soumission" face aux exigences de ses parents. Elle avait très tôt enfoui en elle toutes velléités personnelles qui ne cadraient pas avec leurs attentes. Et elle avait donc tout simplement appliqué le même modèle partant de l'idée qu'elle savait ce qui était bon pour son fils et le protégeant surtout contre les dangers de la vie.

Elle croyait que si elle laissait son fils dehors, il va faire de mauvaises rencontres et tomber dans la drogue ou le vol et je veux le protéger de cela. Apparemment, elle avait du mal à envisager que cela puisse ne pas lui arriver, qu'il puisse décider par lui-même de ne pas se droguer, de ne pas voler, qu'il soit capable de faire la distinction entre des gens honnêtes et les autres. Elle avait tellement peur de tout cela qu'elle lui interdisait de sortir et contrôlait presque tous ses faits et gestes. Son manque de confiance dans son fils - je ne lui ai jamais fait confiance depuis tout petit - influençait toute son attitude vis-à-vis de lui. L'enfant qui sent qu'on ne lui fait pas confiance, finit par y croire aussi qu'on ne peut lui faire confiance, qu'il est incapable de discernement, qu'il va se faire avoir, etc. Il finit par correspondre à cette "attente" inconsciente qu'on a vis-à-vis de lui et par créer des situations qui lui permettent de prouver qu'on ne peut lui faire confiance. CQFD. Comme on dit en Approche de l'Alignement, c'est la croyance qui crée l'expérience.

(Re)trouver la confiance me semble le chemin à suivre même si cela prend du temps et exige de l'adulte (dans ce cas-ci, la maman) à pouvoir remettre en question ses croyances (par exemple: le monde est dangereux, on ne peut pas faire confiance aux enfants, mon fils n'est pas digne de confiance, etc.). C'est un pari probablement difficile pour elle mais cela me semble indispensable pour que la situation puisse évoluer autrement que vers la rupture. Cette maman a besoin de se faire aider pour lâcher ses peurs et oser vivre la confiance, qu'elle n'a sans doute jamais expérimentée elle-même comme enfant, avec des parents tout aussi peu confiants dans ses capacités à elle.

D'autre part, face à sa maman, ce fils avait apparemment choisi la rébellion. Il avait appris à lui mentir pour éviter les remarques et les disputes. Fort de vouloir satisfaire son Besoin de Liberté, il n'arrivait à l'exprimer qu'au travers de l'agressivité verbale, sa manière de dire non à toutes les tentatives de sa mère qu'il vivait comme de l'emprisonnement. Même une idée empreinte de bon sens était rejetée car mise dans le même sac que les autres remarques.

Cette maman en venait à envisager de mettre son fils dans un internat à une centaine de kilomètres de chez elle car vraiment, elle n'en pouvait plus et commençait avoir peur d'elle-même et de ses propres réactions. Il me paraît certain que si elle sombre et tombe en dépression, la situation risque d'empirer pour elle, son fils et ses autres enfants. Est-ce LA solution ? je n'en sais rien mais peut-être cette distanciation pourrait-elle permettre à chacun de sortir du conflit quotidien, de se retrouver à intervalles réguliers en ayant chacun de son côté pris du recul afin de pouvoir reconnecter avec l'amour et le plaisir d'être ensemble. Pour autant qu'une remise en question profonde puisse être entamée par la maman et que ce jeune garçon puisse être entendu dans sa souffrance. Car il n'y a pas de doute, il y a beaucoup de souffrance et aussi beaucoup d'amour entre ces deux-là !

Laurence Legrand
Aligneuse et Animatrice en Éducation Syntropique
www.blanchecolombe.be

lundi 11 avril 2011

Construire la Confiance avec les enfants pour sortir du rapport d'autorité

L'autre jour, en sortant d'un spectacle pour enfants, dans une école, j'entendais une mamy dire à son petit fils d'environ 8 ans qui se dirigeait vers la cour de récréation de cette école: "Tu restes ici près de moi", ajoutant avec un regard ne permettant aucune contestation "et tu m'obéis!". La mamy semblait apparemment inquiète que son petit fils puisse "disparaître dans la foule". Je me suis aussitôt mise à la place de cet enfant et je ne me suis pas sentie très bien. A sa place, j'aurais préféré qu'on m'explique pourquoi il valait mieux rester près de mamy et comprendre pourquoi mamy a si peur... Pour que j'aie envie de collaborer, j'aimerais qu'on m'implique dans ce qui me concerne (dans ce cas-ci, rester près des adultes au lieu d'aller jouer dans la cour de l'école). Apparemment, je ne suis pas capable de comprendre puisqu'on ne m'explique rien et qu'on décide pour moi finalement. Le risque c'est qu'à force de ne pas être écouté, cet enfant ne va plus écouter non plus ce qu'on lui demande; la deuxième phrase de mamy "et tu m'obéis" semble abonder en ce sens..
Avec toute la bonne intention de sa mamy, le Besoin Fondamental de Liberté de cet enfant n'a malheureusement pas été respecté. La question n'est pas "E?st-ce que cette mamy avait raison ou non d'avoir peur pour son petit-fils?" mais bien "Comment respecter le Besoin de l'enfant?" en tenant compte de sa propre histoire, de ses propres besoins, de ses propres peurs. Ici, cette mamy n'était probablement pas consciente de sa peur, ni des besoins de son petit-fils, et faire preuve d'autorité a été pour elle un solution rapide et facile pour obtenir ce qu'elle voulait: l'obéissance de son petit-fils et un sentiment de sécurité. Son petit-fils près d'elle, elle pouvait boire son café et discuter tranquillement avec papy.
C'est vrai que cela aurait pris un peu plus de temps de discuter, d'expliquer son point de vue, d'arriver à une solution appropriée pour chacun. Cette démarche demande de faire preuve d'authenticité (j'ai peur qu'il t'arrive quelque chose, je me sens responsable de toi), de tenir compte de l'autre (de quoi as-tu envie?), de réfléchir ensemble à une solution qui convienne à tout le monde (rester dans la cour d'école, ne pas en sortir, rester en vue, venir régulièrement te montrer, sortir boire le café dehors, etc..). C'est lui montrer qu'on l'estime, qu'il compte et qu'on lui fait confiance. Alors oui, c'est vrai, cela prend plus de temps que d'imposer sa décision mais c'est pour moi la meilleure manière de créer une relation de confiance à long terme. L'enfant apprend à faire confiance à l'adulte non seulement parce qu'il peut apprécier, au travers des explications qu'on aura partager avec lui, le bien-fondé de la demande de l'adulte mais aussi parce qu'il sent qu'on tient compte de lui. Dès lors, il aura envie de collaborer et de coopérer. Par ailleurs, étant donné qu'il fait lui-même l'expérience positive qu'on tient compte de ses besoins, il apprend aussi à respecter les besoins des autres.
Il y a par ailleurs un risque à utiliser systématiquement le mode autoritaire. L'enfant, ne se sentant pas écouté ou ne comprenant pas la demande formulée par l'adulte, n'aura, à la longue, que deux choix: se soumettre ou se rebeller. Dans les deux cas, il "sacrifie" son potentiel de libre-arbitre: toute décision sera prise en fonction de son modèle de soumission ou de rébellion et non plus en fonction de ses propres critères. Je vous en parlerai plus longuement dans un prochain article.
La confiance est le cadeau le plus précieux que l'on puisse offrir à un enfant.
Lorsque cette confiance est installée, l'enfant n'hésitera pas à nous suivre et à nous écouter, lorsque, sous la menace d'un danger réel, nous lui intimons l'ordre de faire ou de ne pas faire quelque chose. Il ne sera ni dans la soumission, ni dans la rébellion, il acceptera notre ordre car il aura compris, sans aucune explication, qu'il y a danger et que c'est dans son intérêt de nous écouter.
Si nous avons du mal à accorder cette confiance, à écouter, à tenir compte des besoins de l'enfant, c'est que notre propre histoire, nos propres blessures font obstacle et c'est en faisant un travail individuel qu'on peut se débarrasser de nos peurs et de nos croyances limitatives pour devenir des "éducants" épanouis et permettre à nos enfants de manifester leur potentiel.

Laurence Legrand
Animatrice en Éducation Syntropique

jeudi 10 mars 2011

un peu de légèreté :-)


MAMAN : du grec mamma, personne hirsute (quoique toujours très jolie) de sexe féminin, généralement en charge de la vie domestique et du foyer (sic). *1 Personne en perpétuel manque de sommeil, qui tente de faire face tant bien que mal à une réalité qui la dépasse. *2 Être humain jonglant avec une épidémie de varicelle, la réparation de l'œil de l'ours en peluche, la poursuite d'une éventuelle carrière, le dégât des eaux dû au Playmobile coincé dans les toilettes, cf. Maman reste zen...Son carnet de rendez vous annulés, ses listes et ses listes de listes, ses cheveux qui auraient besoin d'une bonne coupe, ses tonnes de câlins, son frigo perpétuellement vide, ses questions existentielles sur la vie de couple (ex. : C'est moi qui fait tout ici, ou quoi ?), les rhumatismes du chien et les états d'âmes de la baby-sitter. Populaire : Maman n'a que deux bras, merde ! *3 Personne comblée par la vie.

Définition trouvée dans le petit livre Petits plats gourmands pour mamans au bord de la crise de nerfs.

mardi 1 mars 2011

Margaret Homfray...

Des vidéos très intéressantes où Margaret Homfray, une formatrice Montessori anglaise, présente les thèmes importants de la pédagogie ainsi que des présentations de matériel.
Margaret Homfray a elle même suivi une formation donnée par Maria Montessori en 1929, à Londres.



samedi 19 février 2011

Des frères



***

"Les familles ont souvent avec leur premier né des difficultés qui n'existent plus avec les suivants ; les parents s'imaginent que cela est dû à leur grande expérience, mais la véritable raison est que les enfants vivent en société."

L'esprit absorbant de l'enfant, Maria Montessori


Je viens de terminer ce livre qui est celui que j'ai préféré pour le moment : plus "psychologie de l'enfant" que "nouvelle méthode pédagogique". Je vous le conseille d'autant que certaines bibliothèques l'ont dans leurs trésors...
Je vous en reparlerai surement...

vendredi 11 février 2011

LA MAISON LILIANE

Une maison de poupees decouverte sur le magazine en ligne "Mes petites mains" (une mine ce magazine allez-y!)

Liliane


Utilisee dans les creches et les ecoles un peu partout en Europe, cette maison de poupees a taille d'enfants est aussi utilisee en psychoterapie enfantine, dans les hopitaux, les centres sociaux et les foyers de femmes battues... C'est un exemple de therapie par le jeu interessant.

Le site de Liliane Limpens explique la maison, la vision de sa creatrice et rassemble des temoignages d'eduacteurs, enseignants...

Cette grande maison qui fait rever l'enfant, que je suis encore parfois, me fait penser au mode d'eduaction Steiner bien que sa creatrice ne s'en reclame pas.

Qu'en pensez vous? Jouez vous avec vos enfants?

Avez vous une maison de poupees chez vous?

mercredi 12 janvier 2011

des ateliers parents pour avancer...

hello les amis!

je suis la première à venir vous souhaiter une bonne année 2011, pleine de joie en famille avec les enfants, toujours sur le chemin de relations plus justes et épanouissantes pour tous.

j'avais envie de vous partager un peu ce que je vis pendant les ateliers parents auxquels je participe cette année... ce sont les ateliers Entraînement aux habiletés parentales de Faber et Mazlish.
voici donc ce que je viens d'écrire sur mon blog

*
je vous avais promis de vous reparler de ces ateliers parents auxquels je participe. j'étais absente pour le précédent, et les fêtes sont venues se greffer sur les calendriers. le cycle a donc repris hier, avec un thème on ne peut plus intéressant...

susciter la coopération (ça vous parle? moi franchement oui...)
dans une journée, nous demandons beaucoup de choses à nos enfants. notre premier exercice hier soir a été de faire la liste de tout ce que nous demandons à notre progéniture de faire, et tout ce que nous lui demandons de ne pas faire. (se lever, s'habiller, prendre son petit déjeuner, rester assis à table, se brosser les dents, ne pas écraser le chat, ne pas mettre les doigts dans les yeux de son petit frère, parler correctement à sa maman, mettre ses chaussures, mettre son manteau/son écharpe/son bonnet, ne pas courir dans la rue, s'attacher dans la voiture, dire bonjour aux gens... je continue ou ça va? là on n'en qu'au début de la journée...).
chaque situation où nous avons une demande est une source de conflit potentiel. alors comment arriver à nos fins et faire respecter nos règles sans que quiconque se sente léser et sans y laisser une énergie dingue?
si on menace, si on sermonne longuement, si on donne des ordres durement, si on accuse, l'enfant se sentira culpabilisé, déresponsabilisé, en colère et en rébellion, et n'aura plus aucune volonté d'aller dans notre sens... et là, on pourra toujours s'accrocher pour qu'il vide l'eau du bain, rince la baignoire, étende la serviette mouillée en boule sur le sol, se mette en pyj" au lieu de courir partout dans la maison à poil, et en bonus mette la table pour le dîner...
alors on finira peut-être par gagner. sûrement d'ailleurs. mais la victoire avec un enfant puni et hurlant dans sa chambre, nous les cheveux hirsutes et rouge d'avoir crié si fort, peut laisser un goût très très amer dans la bouche... on se demande où on a loupé le coche, on se sent nul comme parent, on est triste...

l'atelier propose plusieurs alternatives (qui fonctionnent plus ou moins selon les tempéraments de chacun enfant et parent, selon l'âge... à adapter à ce que l'on "sent", à tester, à pratiquer pour que ça devienne automatique):
* au lieu de donner des ordres ou blâmer => décrire
ex : tu as encore laissé la lumière de la salle de bain allumé, combien de fois je vais te répéter que c'est pas versailles ici! => la lumière de la salle de bain est allumé

* au lieu d'accuser ou d'insulter => donner de l'information
ex : ça ne te passerait pas par la tête de me donner un coup main au lieu de me regarder non? =>ça rendrait service si la table était mise

* au lieu de faire un long sermon => réduire le message en un mot
ex : je vous ai dit je ne sais combien de fois que quand on rentrait la première chose qu'on faisait c'était d'enlever ses chaussures et de le ranger dans le placard. après tut traîne et ça salit l'entrée que j'ai nettoyé aujourd'hui, et personne ne retrouve ses chaussures le lendemain matin. et forcément on se met en retard. => chaussures, les enfants!

* au lieu de dire aux enfants ce qui ne va pas chez eux => parler de ses propres sentiments
ex : mais c'est pas possible, tu es incapable de garder une chambre rangée, tu es vraiment dégoutant! => je me sens en colère quand je vois la chambre dans cet état, j'ai l'impression d'avoir perdu mon temps à t'aider à la ranger

* au lieu de répéter plusieurs jours de suite la même chose => écrire une note
ex : ça fait trois jours que je te demande de monter ses vêtements que j'ai repassés! => petit post-it collé sur les vêtements qui attendent dans l'escalier "victor, laisse nous rejoindre nos copains dans ton placard stp! signé : les t-shirts abandonnés"

(tous les exemples sont du vécu, du vrai, et comme vous j'imagine j'en ai encore en stock...)

je trouve que ce sont de nouvelles attitudes intéressantes à explorer. j'en utilise parfois certaines, mais ce n'est pas assez systématique... et les reproches n'ont jamais aidé quelqu'un à se bouger...
tant que les enfants sont jeunes, on peut les impressionner, voire leur faire peur (genre : si tu ne te lèves pas, très bien, reste ici, moi je rentre à la maison), les obliger par la force... mais ça ne fonctionne qu'un temps... on se décrédibilise à leurs yeux, ils n'ont plus aucune envie de nous écouter... et que devient la relation? sur quoi se construisent-ils, à part un rapport de pouvoir dans lequel il faut faire céder l'autre quitte à lui marcher dessus?

allez au boulot les amis!
je sais que le chemin est long pour changer mes fonctionnements, mais j'ai bon espoir! petits pas après petits pas... et vous?
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mardi 21 décembre 2010

La suppression des notes à l'école primaire

Lilou a déjà parlé de cette pétition dans cet article, pétition que j'avais signée dès que j'en avais entendu parler. Voici ce que je reçois aujourd'hui, que j'ai souhaité partager avec ceux qui n'auraient peut-être pas signé mais que le débat intéresserait tout de même : 



Edito – Merci pour votre engagement
Avec l’appel du 18 novembre dernier, nous avons atteint le premier objectif que nous nous étions fixé, mettre en débat la question de l’évaluation dans notre système éducatif. Vous êtes déjà près de 8000 à avoir rejoint cet appel, soyez-en sincèrement remerciés. Cette forte mobilisation, démontre l’urgence d’agir contre le phénomène de la souffrance à l’école, et l’importance de créer dès l’école élémentaire un rapport plus positif aux apprentissages.
L’extraordinaire écho médiatique qui a suivi l’appel a permis à cette question de dépasser la réflexion entre courants pédagogiques pour devenir le centre d’un débat national et d’une discussion plus fondamentale sur l’école.
C’est en soi déjà un succès tant nous sommes convaincus que les questions éducatives et plus précisément la lutte contre l’échec scolaire, dont l’une des conséquences est la sortie chaque année du système sans diplôme de près de 20% d’une classe d’age, est au centre des principaux enjeux de l’école. A l’heure de la société de la connaissance, nous défendons une évaluation différente qui permette à chacun de se situer en fonction des compétences acquises et où l’accompagnement des publics les plus fragiles deviendrait la priorité absolue.




L’appel et l’étude Pisa
Comme tout débat sur les questions éducatives dans notre pays, cet appel a suscité de vives réactions. S'il a fait débat, c’est aussi qu’il interroge plus largement la question de la sélection dans notre système éducatif.
A ce titre, la publication récente des résultats de l’enquête PISA 2009 menée par l’OCDE a mis en exergue les limites de notre système encore trop élitiste au sein duquel on ne peut que constater une inquiétante prégnance des inégalités. Notre école forme ainsi de brillants élèves, peu nombreux et généralement issus de milieux favorisés, alors qu’elle peine à faire progresser tout un groupe d’élèves en grandes difficultés, majoritairement issus de milieux populaires. A titre d’exemple, le pourcentage des élèves les moins performants à l’écrit est passé de 15% en 2000 à 20% neuf ans plus tard.
Nos élèves sont aussi parmi les plus stressés et les plus inhibés (notamment face aux épreuves de mathématiques).
Ces éléments ne font que conforter l’importance et l’urgence d’une nécessaire évolution de notre système si nous souhaitons élever le niveau d'acquisition de tous les élèves. A ce titre, il nous faudra, entre autres, réfléchir à nos techniques d’évaluation afin de les rendre moins stressantes et d’en faire des outils au service de l’enfant. Il nous faudra avant tout prioriser l’accompagnement des enfants les plus fragiles.

Lire l’ensemble du rapport :

La suite : le débat est ouvert
Le débat sur les notes qui ouvre, on le voit, un débat plus global sur l’école pose aussi avec insistance d’autres questions qui nous paraissent essentielles : la formation des enseignants, le lien famille école, l’accompagnement nécessaire des familles, leur place dans le système et plus précisément pour celles les plus éloignées de l’école, l’accompagnement des élèves, la place des associations complémentaires de l’école…
Faire vivre ce débat, c’est aujourd’hui alimenter la réflexion et favoriser la mutualisation des expériences innovantes. Nous avons créé une adresse mail spécifique pour recevoir vos contributions, réactions… :

Signataires – Ils nous ont rejoint
Immédiatement après la sortie de l’appel à la suppression des notes à l’école élémentaire, d’importants acteurs de la question éducative nous ont rejoints, parmi lesquels :
Jean-Jacques Hazan, Président de la FCPE
Jack Lang, ancien ministre de l’Education Nationale
Thierry Cadart, Secrétaire général du Sgen-CFDT,
Luc Bentz, Secrétaire national d’UNSA Education
Eric de Saint Denis, Coordinateur du micro-lycée de Vitry (Val de Marne) et Secrétaire de la Fédération des Etablissements Scolaires Publics Innovants (FESPI).
Retrouver les témoignages et les signataires :
http://www.suppressiondesnoteselementaire.org/
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