dimanche 28 février 2010

Fabrique de cigarettes Waldorf-Astoria

En 1918, l'Allemagne vaincue est en ruine.
A Stuttgart, le directeur de la fabrique de cigarettes Waldorf-Astoria, Emil Molt, prend une initiative. Il organise des cours pour ses ouvriers. Pas le soir, mais dans la journée (des cours de langues, de pédagogie sociale...) il fait appel à des enseignants et c'est ainsi qu'il invite un jour Steiner à parler à ses ouvriers.
Herbert Hahn, un des premiers professeurs de l'école Waldorf rapporte cette allocution qui fut à l'origine de l'école : (printemps 1919) "Steiner avait entrepris de dépeindre les sentiments du prolétariat et d'en dévoiler les causes profondes, en montrant qu'ils étaient la conséquence d'une faillite de la culture occidentale dans son ensemble. Des millions de jeunes êtres, exposa-t-il sont chaque année frustrés de toute formation, pour être lancés à quatorze ans dans la vie économique. Dans la plupart des pays, ils continuent certes, d'avoir une formation, mais elle est limitée à leur profession et, en réalité, ne leur transmet que des connaissances techniques. Ce n'est pas une véritable formation. Voilà ce qui emplit les hommes d'amertume et les dresse contre les formes de la civilisation actuelle.
Vous tous qui êtes ici, depuis les petites apprenties de seize ans, jusqu'aux ouvriers de soixante ans, vous souffrez en réalité d'avoir vu se tarir en vous les sources d'une véritable formation humaine, parce que vous avez dû recevoir, à partir d'un certain moment, les dures leçons de la vie, et non un véritable apprentissage.
Ces mots furent prononcés avec une telle chaleur, ils étaient imprégnés d'une compréhension si profonde, qu'ils touchèrent comme d'un trait le coeur des auditeurs. Tout à coup ceux-ci virent en l'orateur non plus le grand philosophe que leur avait présenté le directeur, mais un homme venu porter remède à des maux que son regard venait de dévoiler."
De suite des ouvriers demandèrent que l'on s'occupe de leurs enfants.
Emile Molt saisit cette occasion avec beaucoup d'énergie. Il mit à disposition les moyens financiers nécessaires et demanda à Rudolf Steiner s'il voulait bien fonder une école pour tous ces enfants. L'initiative vint donc de Molt et Steiner a aussitôt répondu à cette demande.
Les bases de la pédagogie :
-il a insisté sur le danger de l'intellect seul, c'est-à-dire d'une culture exclusive de l'intellect et de la pensée analytique. Cette pensée ne peut-être féconde que si elle se nourrit des couches plus profondes de l'âme humaine, de toute la vie affective et de toute la vie volontaire. L'éducation doit être basée sur l'art, parce que l'art permet à ces forces profondes du sentiment, aux forces de compassion, de dévotion, de rester liées à la pensée.
-il a dit que l'abstraction intellectuelle mène à l'isolement, à la spécialisation (on réduit) alors qu'il est important d'élargir. de relier toute matière, toute leçon à l'ensemble. Il insistait sur le fait que l'ouvrier sache comment on cultivait le tabac, comment il était vendu, ce que faisait chacun dans son bureau...replacer les choses dans leur contexte, la partie dans le tout : l'ouvrier dans l'entreprise, l'entreprise dans le pays, le pays dans le monde.
Si cela devient un principe de l'enseignement, l'enfant développe un tout autre sentiment de son rapport au monde, un tout autre sens social.
-jeter un pont de peuple à peuple. L'école devrait donner beaucoup d'importance à cette compréhension des peuples les uns par rapport aux autres.
En juin et juillet 1919, Steiner va donner des conférences aux professeurs "La nature humaine comme un fondement de l'art de l'éducation".
Le 7 septembre 1919, l'école a ouvert avec quelques trois cents élèves répartis en 8 classes. La plupart sont les enfants des ouvriers de l'usine Waldorf.
En 1924, l'école est complète : 12 classes (du CP à la Terminale) et des jardins d'enfants.
Bientôt d'autres écoles Waldorf vont naître en Allemagne, en Europe, puis en Amérique.
Pour finir un message de Rudolf Steiner :
"Nous n'avons pas à transmettre aux jeunes nos propres convictions. Nous devons plutôt les amener à se servir de leurs propres forces de jugement, à forger leur propre conviction du monde. Il faut qu'ils apprennent à regarder le monde avec leurs yeux à eux ! Nos convictions n'ont de valeur que pour nous. Nous les apportons aux jeunes simplement pour leur dire : voilà comment nous, nous voyons le monde. A vous de voir comment il est pour vous. Nous devons éveiller des facultés et non transmettre des convictions. Les jeunes ne doivent pas croire à nos vérités mais à notre personnalité. Montrons-leur que nous sommes des chercheurs et mettons-les sur la voie d'être eux-mêmes des chercheurs !"
Il existe plus d'un millier d'écoles dans le monde.
Avec le soutien d'une conférence de Raymond Burlotte sur les origines de la Pédagogie Waldorf.

samedi 27 février 2010

Rudolf Steiner

Je cite souvent Rudolf Steiner dans mes propos mais je n'ai pas encore fait les présentations.
Rudolf Steiner (27 février 1861 empire Austro-Hongrois-30 mars 1925 à Dornach, Suisse) est un philosophe.
Son enfance se déroula dans les montagnes de la Basse-Autriche, auprès d'un père administrateur d'une gare de chemins de fer. Nature et progrès scientifique le marquèrent en profondeur.
Après son baccalauréat il étudia les mathématiques, les sciences, la philosophie, la psychologie et la médecine à Vienne.
Pendant dix ans il se consacra à l'étude et à la gestion des Archives de l'oeuvre scientifique de Goethe à Weimar.
Il publia son oeuvre majeure en 1894, La philosophie de la liberté , s'installa à Berlin, comme rédacteur de la revue "Magazin für Literatur" et devint professeur à l'Université Populaire de Wielhelm Liebknecht.
A côté de ses activités d'auteur il était aussi pédagogue, il s'était occupé d'un garçon hydrocéphale qui ne pouvait rien apprendre et qui grâce à une certaine méthode basée sur le rythme et un enseignement très concentré, lui permit de rattraper son retard et de devenir médecin.
Depuis des années il ressentait des expériences intérieures, il vivait les mondes supra-sensibles comme une réalité permanente. Il chercha à communiquer ses vues avec d'autres, c'est ainsi qu'il se lia à divers groupes ésotériques dont la Société Théosophique. Mais après quelques années il fonda, en 1902, la société Anthroposophique (antros, être humain et sophia, sagesse), une connaissance de la véritable nature humaine et d'un chemin de connaissance spirituel.
Nombreuses publications : Théosophie (1904), l'Initiation et La science de l'occulte (1909).
A la fin de la première guerre mondiale de nouveaux besoins se font ressentir et rendent possible la Science de l'Esprit auprès de personnes de milieux divers : Eurythmie (nouvel art du mouvement), construction du Goethéanum (centre qui regroupe les activités culturelles et artistiques, l'enseignement et la recherche sur les bases de l'anthroposophie) selon ses plans (architecture organique), cours aux agriculteurs (initiateur de l'agriculture bio-dynamique), cours aux médecins (laboratoires Weleda, clinique Ita-Wegman), cours pour les handicapés (création de centres de pédagogie curative), cours d'économie (tripartition sociale), école Waldorf en 1919.
Rudolf Steiner donna des centaines de conférences en Europe devant un public toujours plus nombreux tout en s'intéressant à l'Art (représentations théâtrales, art de la parole autour de la poésie, sculptures...).
Il tomba malade au cours de l'année 1924, il continua de travailler sur ses théories et leurs applications.
Il a quitta ce monde le 30 mars 1925, à Dornach entouré de ses plus proches collaborateurs.
Dans un prochain billet je développerai la création de la première école Waldorf.

Les Editions Actes Sud ont publié "Rudolf Steiner, une biographie" par Gary Lachman avec un avant-propos de Nancy Huston.

jeudi 25 février 2010

petit yogi deviendra grand yogi # 2


Tous les enfants n'évoluent pas au même rythme, chaque enfant a sa propre personnalité, ses propres niveaux d'intérêts et cela dès le plus jeune âge ; on peut avoir dans une même famille, 2,3,4 enfants voir plus qui se ressemblent physiquement mais dont les comportements, les désirs sont totalement différents.
C'est la raison pour laquelle, on ne peut envisager d'avoir les mêmes réactions, attitudes envers l'un ou l'autre, avoir une recette "miracle" que l'on sort à chaque fois. Il en va de même lorsque l'on enseigne le yoga aux enfants.
L'observation et l'analyse de cette observation amène à adopter une attitude différente basée sur l'expérimentation et les recherches scientifiques.

Selon la philosophie hindoue, la conscience se manifeste selon trois formes, trois qualités.
Pour l'homme, sa vie et sa conscience, ainsi que tout le cosmos, sont les émanations de la seule et même prakrti (la matière ou la substance cosmique), émanations dont le caractère diffère selon que prédomine l'un ou l'autre des guna.
Ces gunas (qualités ou manière d'être) sont :
- Sattva (qualité de pureté et de bonté qui illumine) qui conduit à la clarté et à la sérénité, symbolisée par la couleur blanche.
- Rajas (qualité de mouvement ou d'action) qui rend une personne active et énergique, tendue vers un but et volontaire, symbolisée par la couleur rouge.
- Tamas (qualité d'obscurité et de retenue) qui obstrue et s'oppose à la tendance de rajas pour l'action et de Sattva pour la révélation, symbolisée par la couleur noire.

Cette classification est tout a fait adaptable aux enfants, on peut ainsi déterminer quel type d'attention prédomine afin de mieux cibler sa pratique yoguique.

Les enfants ont beaucoup de problèmes inexprimés et inexpliqués ; la plus part du temps, ils ne peuvent pas les exprimer car ils n'ont pas la maturité psychologique, donc ils s'expriment à travers leurs comportements.
La croissance physique et psychologique n'arrivent pas à maturité ensemble, parfois l'une est plus en avance que l'autre.

Certains enfants sont très intelligents mais extrêmement dissipés, d'autres oscillent entre intelligence et "idiotie" et d'autres sont intelligents et conformés.
Lorsqu'un enfant est intelligent et conforme, il s'agit de s'assurer qu'il ne régresse pas.
Lorsqu'un enfant est intelligent et "idiot", il s'agit de veiller à ce que cette oscillation cesse.
Lorsqu'un enfant est très intelligent et dissipé, il s'agit de trouver une unité.

- un enfant dont l'attention est lâche, voir apathique, dont les yeux sont souvent fermés et qui est assez docile a clairement une tendance TAMASIQUE, cet enfant a donc plus besoin d'être STIMULE (travail postural) que relaxé.
l'enfant peut souffrir de dépression, de retrait, d'anxiété, d'une certaine léthargie, il lui manque une énergie vitale (prana shakti) car il ne peut transformer son énergie mentale (manas shakti) en une action créative.

- un enfant dont les yeux partent à droite, à gauche, avec la langue et les dents fréquemment en mouvement, mordillant ses lèvres, jouant avec ses cheveux, avec des expressions du visage changeant rapidement a une attention inégale, a une tendance RAJASIQUE, il a besoin de RELAXATION et à apprendre à se relaxer.
l'enfant a trop d'énergie vitale (prana shakti) et pas assez d'énergie mental (manas shakti), il peut devenir destructeur, agressif, hyperactif c'est une voiture de course sans frein.

- un enfant dont les yeux sont absorbés par leurs activités mais ne sont pas des rêveurs, ayant une attention concentrée, a une tendance SATTVIQUE, il s'agit de trouver un équilibre entre la relaxation et la stimulation.

- un enfant dont les yeux sont parfaitement brillants, alertes et pétillants, souriant, les muscles faciaux relâchés et sans tension, ayant des réactions souvent spontanées et appropriées sont des enfants d'une intelligence exceptionnelle et dotés de pouvoirs de concentration, ils n'ont pas besoin d'exercices précis, ils progressent seuls.

Cette observation peut également se faire pour décrypter le moment le plus opportun pour pratiquer.
le lundi matin à 8h30, est un créneau tamassique et le vendredi 16h rajassique donc le professeur orientera la pratique différemment selon qu'il faille relaxer (vendredi 16h) ou dynamiser (lundi matin).

Prendre en compte tous ces éléments comportementaux, les intégrer à sa pratique permet aux enfants d'équilibrer leur stabilité émotionnelle et au professeur de réguler et harmoniser son cours.

mardi 23 février 2010

Citations

Quelques citations de Maria Montessori, qui sont pour moi comme des "garde-fou" dans mon travail quotidien, dans une école qui est très éloignée la vision de l'enfant qu'elle a su décrire, même si beaucoup d'enseignants y sont bienveillants.

"L'éducation est aujourd'hui riche en méthode, en buts sociaux, mais le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle ne considère pas la vie en soi. (...) Personne ne se propose d'assister l'individu depuis sa naissance pour protéger son développement psychique. (...) Dans la majorité des écoles officielles, ce qui importe, c'est que le programme soit respecté."

"Les mécanismes scolaires sont étrangers à la vie sociale et contemporaine. (...) Le monde de l'éducation est une espèce d'île où les individus, déracinés du monde, se préparent à la vie en y restant étrangers."

"L'éducation (...) encourage les individus à s'isoler et à penser à leur intérêt personnel : aujourd'hui, on apprend aux élèves à ne pas s'entraider, mais à se soucier seulement de la promotion et de la possibilité d'une récompense dans la concurrence entre camarades de classe. Et ces pauvres égoïstes fatigués mentalement, comme la psychologie expérimentale nous le prouve, se trouvent enfin dans le monde l'un à côté de l'autre comme des grains de sable dans le désert."

"L'intelligence ne peut être menée que par le désir. Pour qu'il y ait désir, il faut qu'il y ait plaisir et joie. L'intelligence ne grandit et ne porte ses fruits que dans la joie. La joie d'apprendre est aussi indispensable aux études que la respiration aux coureurs."

Matériel Stockmar

Craies, cires, aquarelles....
Dessins de Tatiana réalisés avec les craies Stockmar. 5ème classe, école Perceval à Chatou.
Les anciennes civilisations : l'Inde.
Dans les écoles Steiner/Waldorf, les enfants utilisent tout au long de leur scolarité un matériel spécifique : les crayons de cire et les aquarelles de la marque Stockmar.
Le prix à l'achat est un peu élevé mais il est vite rentabilisé, parce que le matériel est inusable. Mes élèves se servent des craies de mes filles .
Avec une base de 10 craies et de 10 blocs (2O euros les 2) les possibilités sont infinies... les couleurs se mélangent et sont très lumineuses.
Le site offre de nombreuses idées d'utilisation : www.stockmar.com
Société fondée en 1922 par Hans Stockmar, production de bougies en cire d'abeille et de matériel pour apiculteur.
En 1952, suite à la demande des professeurs des écoles Waldorf la société fabrique des crayons de cire de couleurs établis d'après la Théorie des Couleurs de Goethe.
En 1963 ce sont les aquarelles qui sont crées pour les écoles Waldorf.
Les matériaux utilisés sont naturels (cire d'abeille, colorant minéral ou végétal...pas de métaux lourds). Une recherche de qualité et de sécurité, les produits ne sont pas toxiques et ne tâchent pas.
Le lien entre la société Stockmar et les écoles Waldorf est l'Art, soutenu par le travail de Rudolf Steiner.

vendredi 19 février 2010

petit yogi deviendra grand yogi # 1









L'observation, est un des éléments si ce n'est l'élément fondamental de la pédagogie de Maria Montessori.
Cette qualité d'observation, je l'ai appliquée à la naissance de mon 2ème enfant, 8 années après mon aînée. Consciente de ma pratique de 10 années de yoga dont 5 à enseigner, mon regard a été amplifié, décuplé.
Et telle la petite graine que l'on plante en terre, que l'on arrose consciemment chaque jour par son amour, son regard, sa tendresse, elle se développe, s'ouvre, s'épanouit.
Cet apprentissage, ce développement que l'on nomme motricité aborde étape par étape dès la naissance des postures de yoga, des asanas. les asanas signifiant en sanskrit le fait de s'asseoir.
La nature a donc tout bien préparé, chaque étape de la tonification musculaire est essentielle, et doit se faire dans la mesure du possible sans aide extérieure ;
l'enfant apprend à mouvoir son corps dans l'espace, à le connaitre, à sentir ses limites et c'est seul, soutenu par nos encouragements, notre regard bienveillant, qu'il découvre son corps.
Notre nouveau né au cours de ses premiers mois va donc retracer l'évolution naturelle de l'homme, couché puis progressivement assis, rampant et se levant comme la graine qui devient fleur, arbre, le petit d'homme découvre et apprivoise progressivement sa verticalité
afin de devenir ce trait d'union entre la terre et le ciel.

A leur naissance, le tonus musculaire du bébé n'est pas suffisamment développé pour envisager d'autres positions que celles allongées sur le dos ou le ventre ou lovées dans l'écharpe de portage collé à notre cœur.
 Leur tête entre nos mains, nous les maintenons tout contre nous, Ils retrouvent les sensations de confort, de sécurité qu'ils avaient dans le ventre de la mère.
Progressivement, de jour en jour, rapidement, des points serrés tout contre soi, un bras s'étire puis l'autre. 

Partant de la tête, le développement postural va se poursuivre vers le bas, en plaçant quelques minutes tous les jours sur le ventre le bébé, il tente puis réussit à lever son menton, décoller les épaules, la poitrine, et les deux pieds, l'aidant ainsi à supporter le poids de sa tête.
il pratique Shalabhasana, la posture de la sauterelle (1ère photo)
Parallèlement, lorsqu'il est sur le dos, il redresse sa tête et les deux jambes pour voir ce qui se passe , écouter il pratique Navasana, la posture de la barque (2ème), qui tonifie de manière spectaculaire la sangle abdominale, le menton bien calé dans la fourchette du sternum, plaçant un Jalandhara naturel (verrouillage énergétique). 


Les genoux progressivement se rejoignent vers la poitrine, il attrape ses pieds, et d'une facilité déconcertante les amène à sa bouche c'est Pada angustha mukha sparsha asana, la posture où le pied touche le visage (3ème) ; il prend ainsi contact avec ses limites corporelles, de ses extrémités, de son corps dans l'espace.
Puis il commence à rouler sur le côté et se met tout seul sur le ventre et là débute la phase de tonification des grands dorsaux sollicités par Bhujanga asana, la posture du cobra (4ème) maintenue plusieurs minutes, et même en torsion.
Dès lors, il va repousser toujours un peu plus ses mains et ses avants bras dans le sol de manière à redresser encore davantage son dos pour progressivement ramper et se mettre sur 4 appuis et si sa force de petit yogi en herbe lui permet il nous propose le guetteur Caturanga dandasana (5ème).
Son champs visuel s'élargit, il se redresse et commence le 4 pattes qui lui permet de partir à la découverte de son environnement.
Du 4 pattes il repousse le sol avec ses genoux, fait le gros dos du chat Majariasana et le chien qui s'étire face au sol Adho mukha svanasasana (6ème) et enchaîne comme dans la salutation au soleil (Suryanmaskara) (7/8ème) chien tête en bas, cobra, renforçant, tonifiant, musclant tout son dos, ses bras, il est désormais prêt à se redresser.
En l'espace de quelques mois, environ 12 mois, le cycle d'une année, notre petit être passe de l'état de fœtus lové dans la matrice, à celui de reptilien, quadrupède à bipède, le parachèvement de sa courbure lombaire se faisant vers les 10 ans.

Tout cela sans aucune aide extérieure, uniquement naturelle, comme sa respiration qui sera instinctivement abdominale, il sait, il connaît, c'est inscrit dans ses cellules, mémorisé, programmé depuis des millénaires.
Nous naissons donc yogi et yogini, mais que faire pour préserver cette nature inhérente au cours des années à suivre.
c'est ce que je tenterais de vous faire partager les prochaines fois.
Hari OM
merci à Merlin mon petit yogi en herbe.


jeudi 18 février 2010

Un autre regard sur l'enfant...


"Si tous les enfants étaient passés entre vos mains, ils n'auraient plus besoin de moi", écrivait Sigmund Freud en rendant hommage au travail de Maria Montessori.

Voici un nouveau livre, qui présente de manière très référencée et pratique l'oeuvre, la vie, les préceptes de Maria Montessori, de la naissance à 6 ans, pour les parents et les éducateurs.
Les citations et points de vue théoriques développés et explicités sont richement illustrés et mis en parallèle par des attitudes, et activités pratiques à mettre en place avec le petit enfant, et ce dès sa naissance.
Une initiation très concrète et accessible pour une pédagogie qui reste encore à découvrir et à interpréter.

Un autre regard sur l'enfant, Patricia Spinelli, directrice de l'ISMM à Paris, Karen Benchetrit, journaliste, préface de Bernard Golse, pédopsychiatre-psychanalyste, président association Pikler-Loczy de France, éditions Desclée de Brouwer.

Et des bébés aussi...

Nous parlions il y a peu avec une amie qui travaille avec des enfants psychotiques, et elle resoulignait l'importance de la première année de vie, et de la sécurité affective apportée par la mère (et le père, ou le plus proche parent) pendant cette première année pour l'équilibre de l'être. Cela collait parfaitement à ma réflexion actuelle.
Le respect de l’enfant qui transparaît des écoles Montessori et dans les autres pédagogies alternatives est un respect de longue haleine qui prend sa source dès la naissance de l’enfant (et même bien avant je pense !).
Nous nous sentons très en décalage ici dans notre façon d’être avec notre fils. Pourtant il nous aurait été impossible de faire autrement que de dormir avec lui les premiers mois de sa vie ; d’essayer pour moi de l’allaiter aussi longtemps que mon corps en a été capable ; de l’accompagner dans son sommeil par des câlins, des berceuses ; de le porter pour l’endormir, pour un moment de câlin, pour une balade ; de ne jamais le laisser pleurer tout seul. Dans le sixième mois de sa vie il y a encore largement de tout ça, seul l’allaitement fait défaut et Eliott dort dans sa chambre depuis qu’il « fait ses nuits ». (mais il fait de temps en temps la sieste du matin avec nous, sieste encore souvent en ergo, nous nous adaptons :-))
Rien de bien exceptionnel, que du quotidien et de l’évident par ici. Mais combien de questions sur les « risques » encourus à trop écouter notre fils ? Les remarques sont rarement franches, toujours beaucoup de conseils « bienveillants » mais finalement si critiques. Je « sens » ces regards intrigués, et nous avons vécu ce grand décalage avec notre nounou dont nous nous séparons sans regret… (Elle qui laissait pleurer notre fils même quand elle était disponible pour qu’il s’habitue à ce qu’on ne s’occupe pas de lui tout de suite… Comment dire ?? non !!) Je trouve que notre société est très paradoxale : il faudrait que les bébés fassent leur nuit à une semaine, dorment dans leur chambre dès leurs premiers jours parce qu’il faut bien que les parents eux dorment (c’est presque une citation mot pour mot, je n’invente pas cette phrase), pleurent tout seuls souvent pour les mêmes raisons, pour qu’ils ne s’habituent pas… Mais s’habituer à quoi ? C’est comme si les gens avaient peur du trop gros attachement que porte en eux nos petits bouts, comme si cette dépendance énorme faisait peur… Et pourtant, ce seront les mêmes adultes qui plus tard seront incapables de donner à leurs enfants l’autonomie dont ils ont besoin et dont ils sont pourtant capables (combien de grands enfants ne savent pas : faire leurs lacets, boucler leur manteau, couper leur viande, … parce que finalement les parents font beaucoup à leur place, les couvent trop... Comme pour rattraper ce temps perdu à se détacher au plus vite de leur bébé ?).
Alors oui, nous sommes des parents « scotchs » avec Eliott, mais surtout, nous cherchons à l’écouter au maximum, et nous serons prêts à écouter le temps venu ses désirs d’indépendance et d’autonomie. (Notre nouvelle nounou dont les enfants ont 9 et 14 ans nous disait qu’elle les sent très indépendants comme s’ils avaient eu leur content d’affection et de sécurité pour pouvoir assez tôt voler de leurs propres ailes… Et même plus jeunes, dis moi si je me trompe Sand, mais j’ai le même sentiment concernant Lili et Jules, même s’il y a forcément une part du caractère propre à chacun qui rentre en ligne de compte…)
Alors, sans mettre de nom sur cette façon de faire (maternage est le terme à la mode qui semble décrire le mieux notre façon d’être, mais paternage irait très bien aussi !), écoutons et respectons nos bébés aussi !

Montessori en images

Cette premiere video est un film introductif a la pedagogie Montessori. La qualite n'est malheureusement pas excellente, mais elle a le merite d'etre sous-titree en francais, ce qui n'est pas chose courante sur la toile. ce film est realise par l'American Montessori Association.



La deuxieme video est partagee par une directrice montessorienne que je trouve admirable. Elle expose la richesse de la pedagogie montessori pour un enfant non-voyant. Cette video est en francais.

mardi 16 février 2010

Peinture sur papier mouillé



Le lundi c'est jour de peinture. Un premier groupe de 8 enfants prépare son matériel pour peindre : 3 pots d'aquarelles (jaune, bleu, rouge) diluées dans de l'eau, 1 pinceau, 1 plaque de bois contreplaqué, 1 pot d'eau claire, 1 chiffon. Une fois le matériel installé sur la table, l'enfant prend sa feuille et la trempe dans une cuvette remplie d'eau, il la pose sur la plaque de bois et la caresse avec une éponge pour retirer un peu d'eau et bien tendre la feuille.
Puis il commence à peindre en partant du milieu et en caressant doucement sa feuille (il s'est entrainer en passant son pinceau dans sa main ), il peut mélanger les couleurs sur sa feuille mais pas la peinture dans les pots (il doit penser à bien rincer son pinceau avant de changer de couleur et à l'essuyer si besoin avec son chiffon).
L'enfant en peignant de cette façon rencontre la couleur de manière vivante alors qu'autour de lui elle est toujours figée.
Il observe comment les mélanges naissent, il se raconte une histoire....il ne cherche pas à représenter quelque chose, mais juste à se lier à la couleur.
Les enfants sont très calmes durant cette activité et c'est avec plaisir que je les observe, les lents et les rapides, les tristes et les joyeux...sans les juger bien-sûr.
"Laisse toujours ton oeil prévaloir sur ton opinion.
Fais confiance à tes sens,
Ils ne te montreront rien de faux
Si ta raison te tient éveillé." Goethe
Un livre très utile : "Voir, vivre et comprendre les couleurs" de Ueli Seiler-Hugova..les couleurs sont des énergies. Elles ont un effet thérapeutique.
Quelques ouvrages Goethe "Traité des couleurs", Liane Collot d'Herbois "Lumière, ténèbres et couleur", aux éditions Triades.
(je suis institutrice de maternelle à Nanterre en petite section, 25 élèves de 3/4ans, école publique)