samedi 7 mai 2011
Sortir du modèle compétitif avec nos enfants
Est-ce cela que je souhaite montrer à mon fils, lui apprendre: qu'il y a des gagnants et donc, des perdants?? non je trouve ça plutôt terrible en fait... la concurrence, la compétition, la comparaison qui se jouent en permanence dans notre monde ne sont-ils pas à l'origine de tous ces conflits que nous constatons chaque jour autour de nous et loin de nous? est-ce dans ce monde-là que j'ai envie de continuer à vivre ou ai-je plutôt envie de sortir de ce modèle et proposer à Luckas autre chose? Autre chose qui respecte ses Besoins Fondamentaux et notamment son Besoin d'Amour.
Chacun de nous n'a-t-il pas envie d'être accepté pour qui il est, en dehors de toute comparaison et en dehors de toute course à la performance, sans devoir gagner à tout prix par peur d'être du côté des perdants, parce que perdre c'est pas chouette, c'est nul, on est pas considéré, on est même triste pour nous… Pffff, c'est clair, ça m'est égal de perdre ou de gagner, ce que je veux c'est être heureuse et faire ce que j'aime, sans me comparer à quiconque. Et pourtant… ça m'arrive parce que ce modèle compétitif, je suis tombée dedans quand j'étais petite. Si je me compare, si je ne me sens pas à la hauteur (par rapport à quoi?), si j'ai peur de rater (de perdre en somme), c'est bien parce que je crois que je dois être performante, au top, efficace en permanence, ne pas faire d'erreurs, etc. Dès l'école déjà, on nous apprend qu'il vaut mieux être dans les premiers que dans les derniers, même pour des trucs qui ne nous intéressent pas. Je me souviens, quand j'étais au lycée, au cours de gymnastique, nous faisions des exercices de saut en longueur. J'aimais beaucoup le cours de gymnastique parce que j'avais besoin de bouger et cela me permettait de sortir de ma tête qui pensait beaucoup. Le professeur a donc commencé à nous faire faire des sauts en longueur et je me débrouillais assez bien je dois dire. Je trouvais ça vraiment très chouette d'arriver à aller de plus en plus loin et dépasser chaque fois un peu plus la distance que j'avais fait précédemment et découvrir finalement ce dont j'étais capable. Je me concentrais et sautais aussi loin que je pouvais. Cela se passait dans l'amusement et l'encouragement des unes et des autres. Mais mon amusement fut de courte durée… quand la prof a demandé aux "meilleures" de continuer pendant que les autres feraient un autre exercice dont je ne me souviens plus. Vous pensez que je n'étais pas parmi les meilleures et que c'est pour ça que je ne me suis plus amusée? et bien si ! nous étions 5 à pouvoir continuer... continuer à sauter non plus pour se dépasser soi mais pour se dépasser les unes les autres.. même si ce n'était pas l'intention du professeur, c'est en tout cas comme ça que je l'ai compris et cela ne m'a plus amusée du tout... Tous mes efforts étaient concentrés sur le fait de dépasser non pas ma performance mais celles de mes copines. Autant vous dire que je ne me suis plus dépassée du tout, ayant perdu tout intérêt pour le saut en longueur... j'en garde malheureusement encore aujourd'hui un goût amer pour l'effort physique que j'évite en général, ne me sentant pas vraiment à la hauteur.
Luckas continue à monter et descendre du banc, peu importe qu'il le fasse vite, bien, longtemps, peu importe… je ne l'inscrirai pas dans un sport qui apprend la comparaison ou la compétition. Je préfère qu'il continue à avoir du plaisir à bouger son corps, à développer ses capacités physiques, à faire ce que en Éducation Syntropique, on appelle la kinétique. Mais ça, je vous en parlerai dans un prochain article.
Laurence Legrand
Aligneuse et Animatrice en Éducation Syntropique
www.blanchecolombe.be
samedi 23 avril 2011
Soumission ou rébellion ? quand la confiance fait défaut.
Je me sentais bien triste pour cette maman qui fait ce qui lui semble juste, appliquant ce qu'elle avait elle-même reçu comme éducation, me disant que quand j'avais son âge, on trouvait normal qu'on décide pour nous, on écoutait les parents et jamais je n'aurais osé les contredire. Elle avait choisi ce que j'appelle "la soumission" face aux exigences de ses parents. Elle avait très tôt enfoui en elle toutes velléités personnelles qui ne cadraient pas avec leurs attentes. Et elle avait donc tout simplement appliqué le même modèle partant de l'idée qu'elle savait ce qui était bon pour son fils et le protégeant surtout contre les dangers de la vie.
Elle croyait que si elle laissait son fils dehors, il va faire de mauvaises rencontres et tomber dans la drogue ou le vol et je veux le protéger de cela. Apparemment, elle avait du mal à envisager que cela puisse ne pas lui arriver, qu'il puisse décider par lui-même de ne pas se droguer, de ne pas voler, qu'il soit capable de faire la distinction entre des gens honnêtes et les autres. Elle avait tellement peur de tout cela qu'elle lui interdisait de sortir et contrôlait presque tous ses faits et gestes. Son manque de confiance dans son fils - je ne lui ai jamais fait confiance depuis tout petit - influençait toute son attitude vis-à-vis de lui. L'enfant qui sent qu'on ne lui fait pas confiance, finit par y croire aussi qu'on ne peut lui faire confiance, qu'il est incapable de discernement, qu'il va se faire avoir, etc. Il finit par correspondre à cette "attente" inconsciente qu'on a vis-à-vis de lui et par créer des situations qui lui permettent de prouver qu'on ne peut lui faire confiance. CQFD. Comme on dit en Approche de l'Alignement, c'est la croyance qui crée l'expérience.
(Re)trouver la confiance me semble le chemin à suivre même si cela prend du temps et exige de l'adulte (dans ce cas-ci, la maman) à pouvoir remettre en question ses croyances (par exemple: le monde est dangereux, on ne peut pas faire confiance aux enfants, mon fils n'est pas digne de confiance, etc.). C'est un pari probablement difficile pour elle mais cela me semble indispensable pour que la situation puisse évoluer autrement que vers la rupture. Cette maman a besoin de se faire aider pour lâcher ses peurs et oser vivre la confiance, qu'elle n'a sans doute jamais expérimentée elle-même comme enfant, avec des parents tout aussi peu confiants dans ses capacités à elle.
D'autre part, face à sa maman, ce fils avait apparemment choisi la rébellion. Il avait appris à lui mentir pour éviter les remarques et les disputes. Fort de vouloir satisfaire son Besoin de Liberté, il n'arrivait à l'exprimer qu'au travers de l'agressivité verbale, sa manière de dire non à toutes les tentatives de sa mère qu'il vivait comme de l'emprisonnement. Même une idée empreinte de bon sens était rejetée car mise dans le même sac que les autres remarques.
Cette maman en venait à envisager de mettre son fils dans un internat à une centaine de kilomètres de chez elle car vraiment, elle n'en pouvait plus et commençait avoir peur d'elle-même et de ses propres réactions. Il me paraît certain que si elle sombre et tombe en dépression, la situation risque d'empirer pour elle, son fils et ses autres enfants. Est-ce LA solution ? je n'en sais rien mais peut-être cette distanciation pourrait-elle permettre à chacun de sortir du conflit quotidien, de se retrouver à intervalles réguliers en ayant chacun de son côté pris du recul afin de pouvoir reconnecter avec l'amour et le plaisir d'être ensemble. Pour autant qu'une remise en question profonde puisse être entamée par la maman et que ce jeune garçon puisse être entendu dans sa souffrance. Car il n'y a pas de doute, il y a beaucoup de souffrance et aussi beaucoup d'amour entre ces deux-là !
Laurence Legrand
Aligneuse et Animatrice en Éducation Syntropique
www.blanchecolombe.be
lundi 11 avril 2011
Construire la Confiance avec les enfants pour sortir du rapport d'autorité
Avec toute la bonne intention de sa mamy, le Besoin Fondamental de Liberté de cet enfant n'a malheureusement pas été respecté. La question n'est pas "E?st-ce que cette mamy avait raison ou non d'avoir peur pour son petit-fils?" mais bien "Comment respecter le Besoin de l'enfant?" en tenant compte de sa propre histoire, de ses propres besoins, de ses propres peurs. Ici, cette mamy n'était probablement pas consciente de sa peur, ni des besoins de son petit-fils, et faire preuve d'autorité a été pour elle un solution rapide et facile pour obtenir ce qu'elle voulait: l'obéissance de son petit-fils et un sentiment de sécurité. Son petit-fils près d'elle, elle pouvait boire son café et discuter tranquillement avec papy.
C'est vrai que cela aurait pris un peu plus de temps de discuter, d'expliquer son point de vue, d'arriver à une solution appropriée pour chacun. Cette démarche demande de faire preuve d'authenticité (j'ai peur qu'il t'arrive quelque chose, je me sens responsable de toi), de tenir compte de l'autre (de quoi as-tu envie?), de réfléchir ensemble à une solution qui convienne à tout le monde (rester dans la cour d'école, ne pas en sortir, rester en vue, venir régulièrement te montrer, sortir boire le café dehors, etc..). C'est lui montrer qu'on l'estime, qu'il compte et qu'on lui fait confiance. Alors oui, c'est vrai, cela prend plus de temps que d'imposer sa décision mais c'est pour moi la meilleure manière de créer une relation de confiance à long terme. L'enfant apprend à faire confiance à l'adulte non seulement parce qu'il peut apprécier, au travers des explications qu'on aura partager avec lui, le bien-fondé de la demande de l'adulte mais aussi parce qu'il sent qu'on tient compte de lui. Dès lors, il aura envie de collaborer et de coopérer. Par ailleurs, étant donné qu'il fait lui-même l'expérience positive qu'on tient compte de ses besoins, il apprend aussi à respecter les besoins des autres.
Il y a par ailleurs un risque à utiliser systématiquement le mode autoritaire. L'enfant, ne se sentant pas écouté ou ne comprenant pas la demande formulée par l'adulte, n'aura, à la longue, que deux choix: se soumettre ou se rebeller. Dans les deux cas, il "sacrifie" son potentiel de libre-arbitre: toute décision sera prise en fonction de son modèle de soumission ou de rébellion et non plus en fonction de ses propres critères. Je vous en parlerai plus longuement dans un prochain article.
La confiance est le cadeau le plus précieux que l'on puisse offrir à un enfant.
Lorsque cette confiance est installée, l'enfant n'hésitera pas à nous suivre et à nous écouter, lorsque, sous la menace d'un danger réel, nous lui intimons l'ordre de faire ou de ne pas faire quelque chose. Il ne sera ni dans la soumission, ni dans la rébellion, il acceptera notre ordre car il aura compris, sans aucune explication, qu'il y a danger et que c'est dans son intérêt de nous écouter.
Si nous avons du mal à accorder cette confiance, à écouter, à tenir compte des besoins de l'enfant, c'est que notre propre histoire, nos propres blessures font obstacle et c'est en faisant un travail individuel qu'on peut se débarrasser de nos peurs et de nos croyances limitatives pour devenir des "éducants" épanouis et permettre à nos enfants de manifester leur potentiel.
Laurence Legrand
Animatrice en Éducation Syntropique
jeudi 10 mars 2011
un peu de légèreté :-)
MAMAN : du grec mamma, personne hirsute (quoique toujours très jolie) de sexe féminin, généralement en charge de la vie domestique et du foyer (sic). *1 Personne en perpétuel manque de sommeil, qui tente de faire face tant bien que mal à une réalité qui la dépasse. *2 Être humain jonglant avec une épidémie de varicelle, la réparation de l'œil de l'ours en peluche, la poursuite d'une éventuelle carrière, le dégât des eaux dû au Playmobile coincé dans les toilettes, cf. Maman reste zen...Son carnet de rendez vous annulés, ses listes et ses listes de listes, ses cheveux qui auraient besoin d'une bonne coupe, ses tonnes de câlins, son frigo perpétuellement vide, ses questions existentielles sur la vie de couple (ex. : C'est moi qui fait tout ici, ou quoi ?), les rhumatismes du chien et les états d'âmes de la baby-sitter. Populaire : Maman n'a que deux bras, merde ! *3 Personne comblée par la vie.
Définition trouvée dans le petit livre Petits plats gourmands pour mamans au bord de la crise de nerfs.
mardi 1 mars 2011
Margaret Homfray...
samedi 19 février 2011
Des frères
"Les familles ont souvent avec leur premier né des difficultés qui n'existent plus avec les suivants ; les parents s'imaginent que cela est dû à leur grande expérience, mais la véritable raison est que les enfants vivent en société."
L'esprit absorbant de l'enfant, Maria Montessori
Je viens de terminer ce livre qui est celui que j'ai préféré pour le moment : plus "psychologie de l'enfant" que "nouvelle méthode pédagogique". Je vous le conseille d'autant que certaines bibliothèques l'ont dans leurs trésors...
Je vous en reparlerai surement...
vendredi 11 février 2011
LA MAISON LILIANE
Liliane
Utilisee dans les creches et les ecoles un peu partout en Europe, cette maison de poupees a taille d'enfants est aussi utilisee en psychoterapie enfantine, dans les hopitaux, les centres sociaux et les foyers de femmes battues... C'est un exemple de therapie par le jeu interessant.
Le site de Liliane Limpens explique la maison, la vision de sa creatrice et rassemble des temoignages d'eduacteurs, enseignants...
Cette grande maison qui fait rever l'enfant, que je suis encore parfois, me fait penser au mode d'eduaction Steiner bien que sa creatrice ne s'en reclame pas.
Qu'en pensez vous? Jouez vous avec vos enfants?
Avez vous une maison de poupees chez vous?
mercredi 12 janvier 2011
des ateliers parents pour avancer...
je suis la première à venir vous souhaiter une bonne année 2011, pleine de joie en famille avec les enfants, toujours sur le chemin de relations plus justes et épanouissantes pour tous.
j'avais envie de vous partager un peu ce que je vis pendant les ateliers parents auxquels je participe cette année... ce sont les ateliers Entraînement aux habiletés parentales de Faber et Mazlish.
voici donc ce que je viens d'écrire sur mon blog
*
je vous avais promis de vous reparler de ces ateliers parents auxquels je participe. j'étais absente pour le précédent, et les fêtes sont venues se greffer sur les calendriers. le cycle a donc repris hier, avec un thème on ne peut plus intéressant...
susciter la coopération (ça vous parle? moi franchement oui...)
dans une journée, nous demandons beaucoup de choses à nos enfants. notre premier exercice hier soir a été de faire la liste de tout ce que nous demandons à notre progéniture de faire, et tout ce que nous lui demandons de ne pas faire. (se lever, s'habiller, prendre son petit déjeuner, rester assis à table, se brosser les dents, ne pas écraser le chat, ne pas mettre les doigts dans les yeux de son petit frère, parler correctement à sa maman, mettre ses chaussures, mettre son manteau/son écharpe/son bonnet, ne pas courir dans la rue, s'attacher dans la voiture, dire bonjour aux gens... je continue ou ça va? là on n'en qu'au début de la journée...).
chaque situation où nous avons une demande est une source de conflit potentiel. alors comment arriver à nos fins et faire respecter nos règles sans que quiconque se sente léser et sans y laisser une énergie dingue?
si on menace, si on sermonne longuement, si on donne des ordres durement, si on accuse, l'enfant se sentira culpabilisé, déresponsabilisé, en colère et en rébellion, et n'aura plus aucune volonté d'aller dans notre sens... et là, on pourra toujours s'accrocher pour qu'il vide l'eau du bain, rince la baignoire, étende la serviette mouillée en boule sur le sol, se mette en pyj" au lieu de courir partout dans la maison à poil, et en bonus mette la table pour le dîner...
alors on finira peut-être par gagner. sûrement d'ailleurs. mais la victoire avec un enfant puni et hurlant dans sa chambre, nous les cheveux hirsutes et rouge d'avoir crié si fort, peut laisser un goût très très amer dans la bouche... on se demande où on a loupé le coche, on se sent nul comme parent, on est triste...
l'atelier propose plusieurs alternatives (qui fonctionnent plus ou moins selon les tempéraments de chacun enfant et parent, selon l'âge... à adapter à ce que l'on "sent", à tester, à pratiquer pour que ça devienne automatique):
* au lieu de donner des ordres ou blâmer => décrire
ex : tu as encore laissé la lumière de la salle de bain allumé, combien de fois je vais te répéter que c'est pas versailles ici! => la lumière de la salle de bain est allumé
* au lieu d'accuser ou d'insulter => donner de l'information
ex : ça ne te passerait pas par la tête de me donner un coup main au lieu de me regarder non? =>ça rendrait service si la table était mise
* au lieu de faire un long sermon => réduire le message en un mot
ex : je vous ai dit je ne sais combien de fois que quand on rentrait la première chose qu'on faisait c'était d'enlever ses chaussures et de le ranger dans le placard. après tut traîne et ça salit l'entrée que j'ai nettoyé aujourd'hui, et personne ne retrouve ses chaussures le lendemain matin. et forcément on se met en retard. => chaussures, les enfants!
* au lieu de dire aux enfants ce qui ne va pas chez eux => parler de ses propres sentiments
ex : mais c'est pas possible, tu es incapable de garder une chambre rangée, tu es vraiment dégoutant! => je me sens en colère quand je vois la chambre dans cet état, j'ai l'impression d'avoir perdu mon temps à t'aider à la ranger
* au lieu de répéter plusieurs jours de suite la même chose => écrire une note
ex : ça fait trois jours que je te demande de monter ses vêtements que j'ai repassés! => petit post-it collé sur les vêtements qui attendent dans l'escalier "victor, laisse nous rejoindre nos copains dans ton placard stp! signé : les t-shirts abandonnés"
(tous les exemples sont du vécu, du vrai, et comme vous j'imagine j'en ai encore en stock...)
je trouve que ce sont de nouvelles attitudes intéressantes à explorer. j'en utilise parfois certaines, mais ce n'est pas assez systématique... et les reproches n'ont jamais aidé quelqu'un à se bouger...
tant que les enfants sont jeunes, on peut les impressionner, voire leur faire peur (genre : si tu ne te lèves pas, très bien, reste ici, moi je rentre à la maison), les obliger par la force... mais ça ne fonctionne qu'un temps... on se décrédibilise à leurs yeux, ils n'ont plus aucune envie de nous écouter... et que devient la relation? sur quoi se construisent-ils, à part un rapport de pouvoir dans lequel il faut faire céder l'autre quitte à lui marcher dessus?
allez au boulot les amis!
je sais que le chemin est long pour changer mes fonctionnements, mais j'ai bon espoir! petits pas après petits pas... et vous?
*
mardi 21 décembre 2010
La suppression des notes à l'école primaire
L’extraordinaire écho médiatique qui a suivi l’appel a permis à cette question de dépasser la réflexion entre courants pédagogiques pour devenir le centre d’un débat national et d’une discussion plus fondamentale sur l’école.
C’est en soi déjà un succès tant nous sommes convaincus que les questions éducatives et plus précisément la lutte contre l’échec scolaire, dont l’une des conséquences est la sortie chaque année du système sans diplôme de près de 20% d’une classe d’age, est au centre des principaux enjeux de l’école. A l’heure de la société de la connaissance, nous défendons une évaluation différente qui permette à chacun de se situer en fonction des compétences acquises et où l’accompagnement des publics les plus fragiles deviendrait la priorité absolue.
Nos élèves sont aussi parmi les plus stressés et les plus inhibés (notamment face aux épreuves de mathématiques).
Ces éléments ne font que conforter l’importance et l’urgence d’une nécessaire évolution de notre système si nous souhaitons élever le niveau d'acquisition de tous les élèves. A ce titre, il nous faudra, entre autres, réfléchir à nos techniques d’évaluation afin de les rendre moins stressantes et d’en faire des outils au service de l’enfant. Il nous faudra avant tout prioriser l’accompagnement des enfants les plus fragiles.
« retour sur un débat » tribune de Christophe Paris directeur de l’Afev
« Evaluer un élève pour lui-même, pour l’aider à progresser » tribune de Sébastien Sihr, Secrétaire général du Snuipp-Fsu
Jean-Jacques Hazan, Président de la FCPE
Jack Lang, ancien ministre de l’Education Nationale
Thierry Cadart, Secrétaire général du Sgen-CFDT,
Luc Bentz, Secrétaire national d’UNSA Education
Eric de Saint Denis, Coordinateur du micro-lycée de Vitry (Val de Marne) et Secrétaire de la Fédération des Etablissements Scolaires Publics Innovants (FESPI).
http://www.suppressiondesnoteselementaire.org/
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mardi 30 novembre 2010
On achève bien les écoliers... et les profs
Nous sommes un très grand nombre, il me semble, à critiquer l'Éducation Nationale.
Que nous soyons prof, maman ou avec la double casquette.
Par contre, il me semble important de ne pas faire de généralités :
- OUI un grand nombre de profs aiment leur travail
- OUI une grand nombre de profs aimeraient être formés en formation continue même si c'est pendant les vacances scolaires
- NON tous les profs ne choisissent pas ce métier pour les vacances (ils ne tiendraient pas bien longtemps ! :-) )
- OUI, j'aime croire que beaucoup de profs respectent leurs élèves même s'ils ne savent pas toujours bien comment s'y prendre
- NON tous les profs ne se plaignent pas de leu salaire
Si j'avais un reproche à faire à ce lire très intéressant, ça serait celui-là : ne pas parler de toutes ces classes qui fonctionnent bien, de ces enseignants qui enseignent selon la pédagogie Montessori dans leur classe ordinaire (certes dans des écoles privées mais sous contrat donc un peu dépendante de l'éducation nationale) et de toutes ces écoles à pédagogies alternatives.
Certains diront que ce livre ne traite que de l'éducation nationale et de généralités mais je trouve dommage de ne pas pointer du doigt en fin d'ouvrage toutes ces choses qui avancent et se mettent en place doucement mais surement.
Par contre, j'y ai vu beaucoup de similitudes avec un bouquin de psycho que je suis en train de lire et dont il faudra que je vous parle.
Comme beaucoup, nous le savons : les notes sont à proscrire car elles ne servent qu'à comparer les enfants les uns aux autres.
Quelques morceaux choisis (difficile de choisir parmi mes post it !) de ce livre que je vous recommande tout de même :-) :
"Si le redoublement est une maladie, le système français de notation, lui, peut tuer. C'est une véritable plaie qui exerce des effets nuisibles sur le moral, la confiance en soi et les performances des élèves."
" Il existe une différence importante entre la Finlande et la France. En France, vous cherchez à savoir ce qui est mauvais chez l'enfant. Ici, vous voulez savoir ce qu'il y a de bon".
Et pour finir :
" Dans chacun des pays qui ont amélioré leur système éducatif, il n'y a qu'une seule politique qui marche : stimuler les enseignants. Si vous leur donnez une formation poussée et que vous les traitez ensuite comme des professionnels, que vous les payez mieux et leur donnez confiance das leur travail, ils vous récompenseront par un impact profondément positif sur les élèves.
Les pays ayant obtenu les meilleurs résultats au PISA et autres test internationaux ont tous, sans exception, pris des mesures draconiennes pour moderniser la profession."
Qui d'autre a lu ce livre ?
Le débat est ouvert :-)


