Affichage des articles dont le libellé est Coopération. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Coopération. Afficher tous les articles

samedi 29 mars 2014

Gever Tulley et son idée d'une école de l'engagement et du bricolage

Gever Tulley, informaticien américain, s'est fait connaître par un livre choc contre la surprotection des enfants par leurs parents, "50 Dangerous Things (You Should Let Your Children Do)" puis il a créé une école de Bricolage pour enfants, Tinkering School. Il part du principe que limiter les actes des enfants n'est pas bon pour leur apprentissage de la vie. Pour lui, l'acquisition de la conscience d'eux-même passe à travers la réalisation de projets manuels, d'ingénierie, de bricolage. Loin de les éloigner de ces activités à risque avec l'utilisation d'outils réels (scie, marteau, ponceuse, chalumeau etc...), il tente de faire de ses situations dangereuses des terrains presque connus et sécuritaires.

 *source

Il met à disposition des outils, des matériaux, des leçons, de la prévention de risques, de la préparation aux blessures et beaucoup de conseils pour permettre aux enfants de mener à bien un projet. Ainsi la capacité d'adaptation, la prise de responsabilité d'un acte avec conséquence (ne serait-ce que ne pas se blesser ou ne pas blesser autrui) sont encadrées et soutenues.


Voici son intervention à la conférence TED2007 sur le livre en question, sous-titrage français disponible).




Puis, il a décidé d'aller encore plus loin et de proposer plus que des "colonies estivales" de bricolage mais bien une école sur l'année. C'est alors l'apprentissage de l’erreur, de l'engagement et de l'action. Les projets mis en branle sont extraordinaires, très déroutants autant par l'ingénierie que par l'utilisation de matériaux moins nobles. Des moyens de locomotion sont créés qui m'interpellent même dans leur utilisation finale. Mais la prise de risque, soutenue, ne retire pas la prévention, la connaissance des dangers et des solutions à mettre en place.
Voici son intervention à la conférence TED


Vanessa

dimanche 29 août 2010

La societe doit venir en aide au systeme scolaire

Un article bref mais interessant du romancier Alexandre Jardin. Je le trouve tres juste dans l'idee de la responsabilite citoyenne et parentale. Une societe se doit d'etre soudee, de fonctionner sur le mode de la cooperation mais egalement de la transmission et de l'echange et des interactions constantes entre ses membres.

Le gou­ver­ne­ment vient de décré­ter la « mobi­li­sa­tion géné­rale » contre l'illettrisme, qua­li­fié de « fléau inac­cep­table ». Le point avec l'écrivain. 21.05.2010

Morceaux choisis :

"Après 10 ans d'engagement, que vous ins­pire cette guerre décla­rée à l'illettrisme?

Elle m'inspire que, face aux évidences, les citoyens ont le devoir de com­men­cer à construire les solu­tions, et ne pas croire que l'État va se char­ger de nos pro­blèmes. Il faut sor­tir de cette logique infan­tile consis­tant à pen­ser que papa va s'occuper de tout."

"Elles sont orga­ni­sées par tout petits groupes, en géné­ral cinq enfants au maxi­mum, pour que tout le monde puisse voir les images et que la ques­tion de l'autorité ne vienne pas per­tur­ber la trans­mis­sion du plai­sir. Car nous ne sommes pas du tout là pour ensei­gner, mais pour faire ce que n'importe quel grand-père ou grand-mère fait avec ses propres petits-enfants."

"Coopérer doit deve­nir natu­rel pour nos écoles, nos quar­tiers et nos retrai­tés."

L'article se trouve ici. Deniche via le blog de Caroline, enseignante chargée des aides à dominante pédagogique en RASED http://educaroline.fr/.

lundi 9 août 2010

Yes, we can.



Merci a Sev*. Que le 19 aout 2010 soit la journee d'un debut d'encore plus.

dimanche 16 mai 2010

Education, discipline et liberté

C'est malheureusement devenu un leitmotiv habituel...
Chaque semaine, on entend parler dans les médias des problèmes de violence, de discipline, de non respect des règles des élèves à l'école.
Ce qui me semble assez effrayant, c'est qu'en premier lieu on pense avant tout à la sanction, l'unique remède avancé comme solution à des problèmes de mal être profond chez des enfants ou des adolescents.
Mais que propose cette école pour permettre aux enfants de comprendre le rôle du cadre et la nécessité de respecter des règles établies? Quelle responsabilité donne-t-on aux enfants dans la construction de leur vie sociale? Pourquoi ne leur permet-on pas de participer au même titre que les autres individus de l'école à l'élaboration de ces règlements, à davantage de moments d'échanges et de concertation ?

L'école telle qu'elle est vécue aujourd'hui par de nombreux élèves est source de violence. Envisager une école qui appuierait l'organisation des classes sur la liberté et la responsabilisation des enfants, telle que l'envisageait le pédagogue Célestin Freinet est possible.
Freinet écrivait, dans un de ses invariants (22) : "L'ordre et la discipline sont nécessaires en classe. On croit souvent que les techniques Freinet s'accommodent volontiers d'un manque anarchique d'organisation, et que l'expression libre est synonyme de laisser-aller. La réalité est exactement contraire : une classe complexe, qui doit pratiquer simultanément les techniques diverses, et où on essaye d'éviter la brutale autorité, a besoin de beaucoup plus d'ordre et de discipline qu'une classe traditionnelle, où manuels et leçons sont l'essentiel outillage."
A l'école primaire, les derniers programmes ont supprimé des emplois du temps les "débats collectifs ", tels qu'ils étaient préconisés dans les programmes officiels de 2002. Cette idée ancienne, chère à son créateur Célestin Freinet, préconisait l'organisation d'un débat une fois par semaine, durant lequel les enfants devaient organiser et réguler l'organisation de la vie collective de leur classe. Beaucoup d'écoles, avant 2002, organisaient des réunions dans leur classe, avec l'enseignant qui dirigeait le débat.
L'intérêt de ce qui était préconisé en 2002, c'était de demander aux élèves de gérer leur propre réunion, avec un président de séance, un ordre du jour établit par les élèves, un secrétaire rédigeant un compte rendu. L'enseignant devait ainsi se décentrer, et accepter de se mettre en retrait, pour permettre aux enfants d'exercer leur responsabilité d'être social, de citoyen, en participant de manière active aux décisions collectives, en donnant leur avis, en défendant leur point de vue, en proposant des projets collectifs réels et gérés par eux-mêmes.
Depuis 9 ans que je travaille avec des enfants de 9 à 10 ans, ces réunions ont toujours été des moments forts et fondateurs de la vie collective; la seule discipline qui, à mes yeux, ait du sens et fonctionne, est une discipline de groupe et coopérative. Elle permet à chacun de participer à l'élaboration d'un règlement, de le faire vivre, et d'avoir la possibilité de s'exprimer. Si on joue le jeu en tant qu'adulte qui permet "un partage du pouvoir" avec d'autres individus, cela peut être vite devenir très perturbant pour un enseignant non préparé à ce genre de fonctionnement ou à l'écoute.
Quand vient le moment de notre réunion, je m'installe dans la classe, à la place de l'élève qui anime le débat. L'ordre du jour, qui est élaboré à l'avance par l'ensemble des enfants, est réparti en trois catégories : félicitations, problèmes ou critiques, sujets à discuter et projets. Il m'arrive, au même titre que les autres enfants, d'être critiquée par mes élèves. Ce que je trouve formidable, c'est que ces moments sont garants de l'ambiance de la classe : un enfant, qui à juste titre et de manière objective, peut sans crainte critiquer de la même manière un élève ou l'adulte enseignant, a compris qu'il pouvait user de droits essentiels, lui permettant d'être entendu et de faire avancer la vie du groupe dans lequel il évolue.
C'est aussi très intéressant de remarquer que cet espace libre de parole, dans un cadre défini et présent, permet à tous les enfants qui le souhaitent, même les plus timides, d'exposer des choses essentielles pour eux. J'ai l'intime conviction qu'un enfant qui ne serait pas titulaire de cette liberté fondamentale, celle de s'exprimer et d'être écouté, peut dévier vers la violence.

Pour approfondir ce point de vue, un lien vers le texte de Jean Le Gal (enseignant ayant beaucoup pratiqué et écrit sur la pédagogie Freinet), "Droits de l'enfant et discipline".