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jeudi 12 août 2010

Le colibri et l'education


Pierre Rabhi parle d'éducation
Uploaded by mouvementcolibris. - News videos from around the world.

« Tout changement implique le changement de soi car si l’être humain ne change pas lui-même, il ne pourra changer durablement le monde dont il est le responsable. » Pierre Rabhi.

mercredi 26 mai 2010

Si

Il y a des poemes simples et pourtant ambitieux. Il y a l'un d'entre eux qui me touche et me parle particulierement. Je souhaite le partager avec vous ici. Il est de Rudyard Kipling, il s'intitule "If". Voici une tres honorable traduction d'Andre Maurois, 1918.

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,
Si tu peux être amant sans être fou d’amour ;
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d’un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ;
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un Homme, mon fils.

Rudyard Kipling, 1910.

Diffusion autorisee du poeme : http://en.wikisource.org/wiki/If_%28poem%29

Piste de reflexion sur les thematiques de "l'équilibre" et de la "Liberté" sur ce que finalement chaque Pere ou Mere souhaite profondement pour son Enfant, devenir un Homme.

dimanche 2 mai 2010

La question de la fessée éclairée par Alice Miller

Juste pour compléter le texte de Sand et le débat qui en a découlé... (cliquez sur le lien pour accéder au document)
"Sans fessée comment faire?"
Bonne lecture et merci au Papillon pour ce lien :-)

jeudi 29 avril 2010

Les invariants

Une lectrice du blog du Monde des enfants, Sonia, m'a fait parvenir aujourd'hui un lien generique vers la pedagogie Freinet.

Deux ans avant de mourir, en 1966, l'instituteur Celestin Freinet, nous laissait un heritage educatif fabuleux, a nous francais. Il s'agissait des invariants pedagogiques. Toute sa carriere durant, cet instituteur a observe les enfants. Il a pu etablir quelques invariants. Ces invariants, nous les retrouvons d'ailleurs dans la plupart des pedagogies dites alternatives.

J'ai trouve interessant de les rappeler ici.

* Invariant no 1 : L'enfant est de la même nature que nous.
* Invariant no 2 : Être plus grand ne signifie pas forcément être au-dessus des autres.
* Invariant no 3 : Le comportement scolaire d'un enfant est fonction de son état physiologique, organique et constitutionnel.
* Invariant no 4 : Nul - l'enfant pas plus que l'adulte - n'aime être commandé d'autorité.
* Invariant no 5 : Nul n'aime s'aligner, parce que s'aligner, c'est obéir passivement à un ordre extérieur.
* Invariant no 6 : Nul n'aime se voir contraint à faire un certain travail, même si ce travail ne lui déplaît pas particulièrement. C'est la contrainte qui est paralysante.
* Invariant no 7 : Chacun aime choisir son travail, même si ce choix n'est pas avantageux.
* Invariant no 8 : Nul n'aime tourner à vide, agir en robot, c'est-à-dire faire des actes, se plier à des pensées qui sont inscrites dans des mécaniques auxquelles il ne participe pas.
* Invariant no 9 : Il nous faut motiver le travail.
* Invariant no 10 : Plus de scolastique.
* Invariant 10 bis : Tout individu veut réussir. L'échec est inhibiteur, destructeur de l'allant et de l'enthousiasme.
* Invariant 10 ter : Ce n'est pas le jeu qui est naturel à l'enfant, mais le travail.
* Invariant no 11 : La voie normale de l'acquisition n'est nullement l'observation, l'explication et la démonstration, processus essentiel de l'École, mais le tâtonnement expérimental, démarche naturelle et universelle.
* Invariant no 12 : La mémoire, dont l'École fait tant de cas, n'est valable et précieuse que lorsqu'elle est vraiment au service de la vie.
* Invariant no 13 : Les acquisitions ne se font pas comme l'on croit parfois, par l'étude des règles et des lois, mais par l'expérience. Étudier d'abord ces règles et ces lois, en français, en art, en mathématiques, en sciences, c'est placer la charrue devant les bœufs.
* Invariant no 14 : L'intelligence n'est pas, comme l'enseigne la scolastique, une faculté spécifique fonctionnant comme en circuit fermé, indépendamment des autres éléments vitaux de l'individu.
* Invariant no 15 : L'École ne cultive qu'une forme abstraite d'intelligence, qui agit, hors de la réalité vivante, par le truchement de mots et d'idées fixées par la mémoire.
* Invariant no 16 : L'enfant n'aime pas écouter une leçon ex cathedra.
* Invariant no 17 : L'enfant ne se fatigue pas à faire un travail qui est dans la ligne de sa vie, qui lui est pour ainsi dire fonctionnel.
* Invariant no 18 : Personne, ni enfant ni adulte, n'aime le contrôle et la sanction qui sont toujours considérés comme une atteinte à sa dignité, surtout lorsqu'ils s'exercent en public.
* Invariant no 19 : Les notes et les classements sont toujours une erreur.
* Invariant no 20 : Parlez le moins possible.
* Invariant no 21 : L'enfant n'aime pas le travail de troupeau auquel l'individu doit se plier comme un robot. Il aime le travail individuel ou le travail d'équipe au sein d'une communauté coopérative.
* Invariant no 22 : L'ordre et la discipline sont nécessaires en classe.
* Invariant no 23 : Les punitions sont toujours une erreur. Elles sont humiliantes pour tous et n'aboutissent jamais au but recherché. Elles sont tout au plus un pis-aller.
* Invariant no 24 : La vie nouvelle de l'École suppose la coopération scolaire, c'est-à-dire la gestion par les usagers, l'éducateur compris, de la vie et du travail scolaire.
* Invariant no 25 : La surcharge des classes est toujours une erreur pédagogique.
* Invariant no 26 : La conception actuelle des grands ensembles scolaires aboutit à l'anonymat des maîtres et des élèves; elle est, de ce fait, toujours une erreur et une entrave.
* Invariant no 27 : On prépare la démocratie de demain par la démocratie à l'École. Un régime autoritaire à l'École ne saurait être formateur de citoyens démocrates.
* Invariant no 28 : On ne peut éduquer que dans la dignité. Respecter les enfants, ceux-ci devant respecter leurs maîtres est une des premières conditions de la rénovation de l'École.
* Invariant no 29 : L'opposition de la réaction pédagogique, élément de la réaction sociale et politique est aussi un invariant avec lequel nous aurons, hélas! à compter sans que nous puissions nous-mêmes l'éviter ou le corriger.
* Invariant no 30 : Il y a un invariant aussi qui justifie tous nos tâtonnements et authentifie notre action : c'est l'optimiste espoir en la vie.

Célestin Freinet, Œuvres pédagogiques, Seuil, 1994. Tome 2 : Les invariants pédagogiques (1964). Texte autorise via http://www.freinet.org/pef/invari_f.htm et Wikipedia.

Il y a des hommes et des femmes qui ont passe leur vie a essayer de faire en sorte que celles des autres soient plus riches, plus belles, plus heureuses. Ces hommes et ces femmes nous ont legue un patrimoine sublime. Ces hommes et ses femmes avaient l'espoir d'un avenir digne pour l'Homme.
Pourquoi ne les ecoutons-nous pas ?

mercredi 28 avril 2010

Pour aller plus loin

Des propos d'Albert Jacquard.

Note aux lecteurs. N'hesitez pas a diffuser autour de vous tous les materiaux qui sont presentes sur ce blog, que ce soient les videos, les textes, les commentaires ou les images des lors qu'ils sont autorises.

jeudi 22 avril 2010

La question de la fessée

Recemment j'ai lu quelques articles sur la toile, dans la presse francaise, sur la question de l'usage de la fessee, en reponse, entre autre, a l'etude d'une chercheuse americaine de l'universite de Tulane, Catherine Taylor, qui expose que les enfants recevant des punitions corporelles ont une forte tendance a l'agressivite, qu'elle soit orale ou physique.

De plus, l'une de nos lectrices nous a egalement pose cette question interessante qui meritait bien plus qu'une reponse en commentaire : “Vous aviez évoqué la question de la punition, c'était également intéressant, j'aimerais beaucoup en savoir plus sur les rapports d'autorité, de guidage, le positionnement parents/enfants, les réactions face à la colère de son enfant, ou à son agressivité par exemple”.

Je vais tenter d'orienter la discussion en debat d'idees par la suite, via les commentaires, mais je vais tout de meme faire etat ici de mon point de vue personnel sur cette question de l'emploi de la fessee sur un enfant.

Je crois tout simplement que l'emploi de toute violence, qu'elle soit physique ou verbale, pour toute raison et dans toute situation que ce soit, d'un faible ou d'un fort niveau d'intensite, a l'encontre de n'importe quel enfant, est immorale.

L'enfant est un etre qui doit tout apprendre de la vie. C'est un etre qui cherche a poser des limites autour de lui et dans le monde qui l'entoure. Il doit apprendre a respecter l'autre, mais aussi a se respecter lui-meme.
Je crois sans fin que l'enfant est capable de poser ces limites par lui-meme, a la simple et pourtant facile condition qu'il soit guide, qu'on lui montre le chemin du respect mutuel et l'exemple, qu'on lui explique pourquoi un geste est “mauvais” alors qu'un autre est “bon”. Il lui faut donc comprendre les notions de “mal” et de “bien”. Et pour les comprendre, pour bien les definir, il a besoin de les vivre. Comme un scientifique a besoin de verifier ses theories par l'experience pour les valider, l'enfant a besoin de verifier par lui meme ces limites et ces notions a travers ses actes. L'experience de la vie est individuelle et non pas universelle.
Comme pour tout apprentissage, que ce soit celui de la proprete, du partage, de la connaissance, de la vie en communaute, l'enfant a besoin de repeter et encore repeter une action, un geste, pour se conforter dans son “idee” qu'il a de la chose face a la reaction qu'il entraine, qu'elle vienne de la personne en face de lui ou de l'outil qu'il manipule.

Il est donc normal – dans le processus - qu'un enfant qui tape un autre enfant, ou l'un de ses parents par exemple, reproduise cette experience plusieurs fois, jusqu'a ce qu'il ait “conscience” de son geste et des implications de ce geste. L'adulte est donc present a ce moment pour lui expliquer calmement que son geste a fait mal, que la violence n'est pas tolerable par celui qui a ete violente. Si en revanche l'adulte repond par une tape, une gifle ou meme une fessee, tout ce rapport de confiance que l'enfant entretient avec ses propres idees, toutes ces notions pourtant evidentes et fondamentales s'ecroulent dans l'esprit de l'enfant, il perd alors ses reperes, sa logique est ebranlee. Il va lui falloir faire preuve d'encore plus de bonne volonte, d'efforts, pour parvenir a comprendre pourquoi il est “interdit” de frapper mais pourquoi celui qui est en face, l'adulte, le fait sans le moindre probleme et pourquoi cela semble “legitime”. L'enfant vit un paradoxe. Et c'est un paradoxe de taille a mon sens, qui regira ensuite beaucoup des emotions que l'enfant une fois devenu adulte aura a gerer avec ses semblables dans la societe.

A ce stade, la confiance de l'enfant en lui-meme se retrouve egalement mise a mal. L'adulte n'est pas son semblable, mais un etre superieur a lui. Il commence a ressentir une injustice. Et la, c'est une porte ouverte a tout un tas de mechanismes qui devraient sembler evidents...

Je crois que la fessee est une reponse erronee et qu'elle entretient reellement des differences d'appreciation entre les hommes. Un enfant n'est nullement inferieur a un adulte. Il est simplement un adulte en devenir. L'enfant ne doit a l'adulte ni soumission, ni obeissance. Il lui doit en revanche respect et gratitude.

L'education est une philosophie, qui doit etre coherente dans son ensemble. Si elle ne l'est pas, des espaces blancs ou vides se forment entre les “idees” que l'enfant construit. En revanche, si son education est un ensemble logique, au fonctionnement presque mathematique, alors ces espaces blancs ne se forment pas et l'enfant assimile d'autant plus vite ces notions fondamentales qui compose le monde qui l'entoure. Maria Montessori a fait un travail de recherche remarquable en ce sens.

Pour ce qui est de ma propre facon d'envisager les choses avec mes propres enfants, qui me semble-t-il sont des etres respectueux, sans violence aucune, ni la moindre agressivite a l'heure d'aujourd'hui, est que je les considere comme des etres, des individus a part entiere. Il y a peu de limites vraiment imposees dans notre maison. Nous laissons enormement nos enfants apprendre d'eux meme. Les accidents de la vie ne sont jamais reprimandes. Je ne crie pas non plus. Je prend le temps autant que possible de m'agenouiller a la hauteur de l'enfant, de lui expliquer calmement la situation. Si l'enfant est en crise, ce qui se produit assez rarement chez nous, je le laisse faire et l'isole pour qu'il ne derange pas les autres tout en etant sure qu'il ne risque rien et qu'il ne peut pas se faire mal. J'utilise tres souvent un endroit neutre de la maison pour se faire. L'enfant s'assoit sur le sol, il doit reflechir a ce qui vient de se passer. Une fois qu'il est calme, il revient de lui meme et nous en discutons. Je n'ai jamais frappe l'un de mes enfants, ni meme donne une tape sur la main.

Il m'arrive d'avoir mes moments de fatigue et d'impatience, il m'arrive de deraper et de gronder en haussant le ton parfois, je vais a contre-courant de ma propre education, ce n'est pas toujours evident j'en suis consciente, et ce, meme si c'est de plus en plus rare pour ma part. Mais dans ce cas-la je m'excuse. Je fais comprendre a mes enfants que c'etait une erreur, que je n'aurais pas du m'enerver. Ils le comprennent parfaitement, car dans leur esprit, le bien et le mal est clair, limpide et ces notions sont partagees par leurs parents, il n'y a pas de legitimisations de cette notion de "mal", qui seraient dues a l'age, la taille ou encore l'experience. Nous sommes tous des etres egaux.

Pour finir, je suis la premiere a critiquer les livres de Claude Halmos et les arguments partisans de la fessee, en revanche je ne partage pas du tout l'idee que "la fessée soit purement et simplement bannie de France" comme la pediatre et deputee UMP, Edwige Antier, qui a depose en novembre 2009 une proposition de loi pour la faire interdire. Meme si je pense que la France a un serieux train de retard sur sa facon d'aborder certaines questions de societe, je crois que la bonne evolution de l'humanite reside dans le fait que la prise de conscience doit etre individuelle, reflechie et avisee, mais surtout l'aboutissement d'une reflexion personnelle dans le but de s'ameliorer, en tant que parent, mais egalement en tant que personne, individu et etre humain. Car c'est du simple bon sens, finalement, cette question de la fessee.

mardi 23 mars 2010

L'espace Montessorien a l'ecole - de 3 a 6 ans

Les discours qui sous-entendent que les écoles Montessori c'est l'anarchie, le chaos n'ont compris ni l'enseignement Montessori, ni ce qu'est l'Anarchie.
Aspirer à la liberté et refuser de se faire imposer un dictat, c'est aspirer à l'Anarchie, pas au désordre ni au chaos. La quête de finalité, de l'utopie vers laquelle on souhaite tendre, où l'être humain peut vivre en harmonie avec lui-même et avec les autres, doit être un acte individuel, actif, conscient et mené avec grâce et élégance, sens et créativité, non par adhésion passive à des volontés autres.

Une école Montessori, c'est une école qui offre à des petits individus la possibilité et l'expérience fabuleuse d'évoluer dans un environnement libertaire avec la plus grande maitrise de soi et le plus grand respect pour l'Autre. Pour fonctionner, cette liberté s'exprime au sein d'une structure rigoureuse. Cet équilibre est présent naturellement dans une école Montessori. C'est celui qui bouleverse l'observateur, qui émeut les parents, qui fait rayonner les enfants.

L'une des principales qualités selon moi dans les écoles Montessori c'est la rigueur autogérée. La rigueur, ce n'est pas seulement des rangées de tables bien alignées et un tableau propre, des élèves ultra sages et studieux, ce n'est pas un enseignant rigide ou rigidifiée ou encore une autorité contraignante et magistrale, ce n'est pas un programme établi à suivre coute que coute. La rigueur dans l'éducation, c'est quelque chose de très subtil, de très profond. C'est un ensemble, c'est une cohérence : les matériaux montessoriens, l'ambiance, l'espace, le cadre visuel, le respect de l'adulte envers l'enfant, le calme, la liberté, l'empathie, l'individualisme... font que ce point d'équilibre existe, que cette rigueur se met en place naturellement sans prestance autoritaire établie, sans punition, sans obligation, sans même la moindre passivité.

Et les écoles Montessori marchent avec des enfants de toutes les couleurs, de toutes les cultures, sous toutes les latitudes, avec des enfants handicapes, moteurs et mentaux, avec des enfants dissidents, avec des enfants sages, avec des enfants hyperactifs et toques, avec des enfants malades et d'autres en bonne sante, avec des enfants de riches et des enfants de pauvres, avec des enfants jeunes et d'autres moins jeunes, avec des adultes parmi eux. C'est une société.
Si on transposait cette societe dans un contexte politique, effectivement, elle s'apparenterait à la forme d'un système extrêmement proche de l'Anarchie puisque sans autorité et pouvoir unique de décision. Mais en aucun cas nous ne parlerions de chaos. J'ai à contrario toujours expérience l'harmonie dans une classe Montessori et cette rigueur autogérée fabuleuse.

Cet équilibre est aussi ce vers quoi nos sociétés doivent tendre.
C'est pour cette raison que je crois que les écoles Montessori sont une formidable occasion de faire évoluer l'humanité dans le bons sens, même si je reste convaincue qu'il en existe un tas d'autres.

dimanche 7 mars 2010

En résumé

Reproductions de tableaux d'Albert Anker

Je vais résumer les billets précédents, pour être plus claire j'utilise un texte donné aux parents d"élève d'une école Waldorf.

La pédagogie Waldorf considère prioritaire pour le développement de l'élève :
- de lui faire découvrir un sens à la vie
- de lui dispenser un enseignement qui soit le véhicule d'une éducation morale et spirituelle
- d'accorder autant de place à son développement artistique et corporel qu'à son développement intellectuel et culturel.

La pédagogie Waldorf se caractérise par son approche globale de l'être humain dont les trois facultés principales, réparties dans trois pôles dominants sont :
- dans la tête : le penser
- dans le coeur : le sentir
- dans les membres : l'agir

Elle veut s'adresser à l'être tout entier et non seulement à sa compréhension intellectuelle qui ne représente qu'un seul des trois récepteurs de l'apprentissage humain.
Dans l'approche pédagogique Waldorf, les compétences qui caractérisent l'être humain se répartissent dans l'une et l'autre de ces trois facultés psychiques :
- pensée : penser, apprendre, mémoriser, s'organiser
- sentiments : communiquer, être présent à soi et à autrui, s'accomplir dans un sens éthique et esthétique
- volonté : créer, agir

La pédagogie Waldorf préconise une progression dans les matières qui respecte les étapes du développement de l'enfant ainsi que le rythme particulier de chacun.

Jusqu'à 7 ans : la phase de l'imitation caractérise le mode d'apprentissage de l'enfant.
L'enseignement s'adressera principalement à la volonté dont l'organe physique est le système moteur : l'enfant à une propension à imiter ce qu'il voit faire autour de lui, donc l'apprentissage se fera par imitation de l'exemple accompli par l'adulte et imitation aussi des attitudes devant la vie : respect, attention, compassion, aide, ordre, propreté...
volonté/impulsion de l'agir, le faire, l'activité motrice, l'initiative
rencontre de l'objet par la perception, l'observation, la manipulation.

De 7 à 14 ans : phase de l'imagination. L'apprentissage se fait par le biais des sentiments inspirés par les êtres et les choses, par les images symboliques et le sens esthétique. L'élève devient un créateur respectueux des talents manifestés par ses éducateurs.
il a besoin à cet âge de l'autorité naturelle se dégageant d'un adulte qui l'inspire, lui montre son savoir-faire et le prend en main. Il a encore des pulsions d'imitation et commence à exercer son jugement.
affectivité/les émotions, l'enthousiasme,le plaisir, le sens esthétique, l'adhésion du coeur
La rencontre devient expérience par une activité créatrice, artistique.

De 14 à 18 ans : la phase de la pensée conceptuelle caractérise l'apprentissage du secondaire.
Pensée/concepts, raisonnement, abstractions, idéaux
De l'expérience naît le concept par l'activité intellectuelle.

mercredi 3 mars 2010

Philosophes pédagogues

Je sais que Sand attend avec impatience que je parle de la pédagogie Waldorf plus en détail...mais avant je voudrais présenter quelques philosophes chers à Rudolf Steiner. Leurs idées, très en avance pour leur époque, lui ont permis de fonder la pédagogie Waldorf.
Je veux parler de :
Johan Amos COMENIUS (1592-1671), pionnier de la pédagogie moderne, lire l'article que lui a consacré Jean Piaget lors d'une conférence à l'Unesco (1999).
"Principes pour rendre faciles l'enseignement et l'étude"
I-Envoie les enfants aux leçons publiques pendant le moins d'heures possibles.
II-Surcharge le moins possible la mémoire.
III-Et par contre règle tout ton enseignement sur les capacités des élèves, qui se développent d'elles-mêmes avec l'âge et les progrès scolaires.
Jean-Jacques ROUSSEAU (1712-1778)
"Si c'est la raison qui fait l'homme c'est le sentiment qui le conduit".
"Je ne tire point ces principes de la haute philosophie, mais je les trouve au fond de mon coeur, écrits par la nature en caractères ineffaçables". Emile, livre IV
Emmanuel KANT (1724-1804)
"Que puis-je savoir ?", "Que dois-je faire ?", "Que puis-je espérer ?"
L'art ne veut pas la représentation d'une belle chose mais la belle représentation d'une chose".
Johann Wolfgang von GOETHE (1749-1832)
Avec sa" théorie des couleurs" il démontre une vérité. Kant : les goûts et les couleurs, cela ne se discute pas...mais Goethe pense le contraire, les couleurs ont leur propre existence et nous affectent de façons différentes, le bleu, le rouge ou le jaune ont une vérité reconnaissable par tous (jaune, orange et rouge : animation, vivacité, effort). Et cette recherche de vérité Steiner pense qu'elle est applicable à tous les domaines.
Friedrich Von Schiller (1757-1805)
Dans ses Lettres sur l'éducation esthétique de l'homme Schiller écrivait "le cours des évènements a donné à l'esprit du temps une orientation qui menace de l'éloigner toujours plus de l'art..l'art est fils de la liberté. Il veut que sa règle lui soit prescrite par la nécessité inhérente aux esprits et non par les besoins de la matière. Or, maintenant c'est le besoin qui règne en maître et qui courbe l'humanité déchue sous son joug tyrannique. ...le mérite spirituel de l'art est sans poids...les frontières de l'art se rétrécissent à mesure que la science élargit les limites.
Tout individu porte en lui, en vertu de ses dispositions natives, un homme idéal. La grande tâche de son existence est de se mettre, à travers tous ces changements, en harmonie avec l'immuable unité de celui-ci. L'Etat ne doit pas honorer dans les individus, seulement leur caractère objectif et générique, mais encore leur caractère subjectif et spécifique".
Ces penseurs ont donné des forces à Rudolf Steiner pour mettre en place les fondements de la pédagogie Waldorf.