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samedi 17 avril 2010

Asanas et pranayama pour les moins de 8 ans





Avant huit ans, la pratique sera courte et essentiellement ludique.
Les postures n’en restent pas moins des asanas. Les enchaînements dynamiques ne seront pas introduits, car ils demandent une plus grande attention et surtout une coordination du souffle qu’un enfant de moins de huit ans ne maîtrise pas. Les enfants individuellement, en groupe ou en duo, prendront des postures représentant des animaux, des objets, des personnages. En s’appuyant sur une petite histoire, ils partent en safari dans la jungle ou dans une ferme rencontrant vaches, papillons, serpent, lions, etc…
Cette forme de jeu inclut une large place au langage. Le développement intellectuel d’un enfant est étroitement lié à son développement verbal. Entre dix-huit mois et six ans, son développement cognitif peut être influencé par la quantité et la qualité des échanges parlés entre la mère et son enfant. Il paraît donc essentiel pour le professeur de yoga d’utiliser son imagination afin de rendre les asanas attrayantes et instructives pour le jeune enfant. Par exemple, à un moment de l’histoire où l’on rencontre le lion (Simhasana) dans la jungle, la langue pendante et gouttant de sueurs, proposer aux enfants de trouver à quel autre animal cette langue pendante leur fait penser. Est ce que leur propre chien le fait ? De cette manière on induit des idées, des regroupements, diverses informations et du coup, on peut enchaîner avec la posture du chien tête en bas Adho Mukha Svanasana et celle du chien tête en haut Urdhva Mukha Svanasana.
Même si la pratique avec les moins de 8 ans est ludique, le professeur doit amener l’enfant à respecter une règle majeure en yoga qui repose sur le respect des trois étapes qui constituent l’asana :
- la prise de la posture
- le maintien de la posture
- la sortie de la posture
En s’appuyant sur la métaphore de la cueillette d’un fruit, on l’aide à comprendre qu’il ne faut pas brûler les étapes. Il faut tout d’abord monter dans l’arbre, couper le fruit et enfin redescendre de l’arbre. Chaque étape est essentielle et indissociable l’une de l’autre. Le yoga est une discipline, une sadhana, apprendre dès le plus jeune âge à respecter un ordre précis de déroulement d’une posture évite les blessures, les sorties trop « brutales » et augmente l’attention et la concentration de l’élève.
Un exemple frappant est celui de la chandelle : les enfants ont tendance à prendre la posture très rapidement, se retrouvant à moitié tordus et envisageant un retour trop « brusquement».
Voici quelques exemples de pratiques ludiques:
  • Devenir un arbre : en solo L’enfant débute l’asana en feuille pliée (ou posture de l’enfant) qui représente la petite graine. L’enseignant décrit la pluie qui arrive et arrose la graine, le soleil revient et grâce à sa lumière la petite graine déploie ses racines dans la terre et commence à grandir. L’enfant se déroule et s’étire vers le ciel et ouvrant ses bras qui forment les grandes et larges branches de l’arbre.
  • Le lotus en floraison : en groupe Les enfants sont assis en cercle, leurs pieds pointant vers le centre, les mains en prière. C’est la nuit, la fleur dort, alors tout doucement, ils rapprochent leurs têtes des genoux comme dans paschimottanasana mais conservant leurs mains tenues ; puis le jour se lève et la fleur va commencer à s’ouvrir. En premier, ils reviennent en position assise puis soulèvent leurs bras et viennent s’allonger sur le dos ; ils soulèvent très doucement une jambe, puis l’autre, pour au final apporter les deux derrière la tête et se retrouver dans la posture d’Halasana. La fleur est totalement ouverte ; la nuit revient et la fleur va de nouveau se refermer.
  • en duo : Un enfant fait le chien tête en bas ou le pont et l’autre est un serpent qui rampe en dessous.
Concernant la respiration avant l’âge de 8 ans, il s’agira de situations de découvertes et d’hygiènes respiratoires.
  • La respiration abdominale sera naturellement ample et profonde. Laisser l’enfant découvrir son propre rythme sans lui imposer de compte ; lui déposer sur le ventre un petit bateau en papier qu’il aura au préalable fabriqué, et le laisser observer le mouvement que provoque sa respiration sur le bateau : à l’inspire lorsque le ventre se gonfle, une vague se crée et le bateau se soulève et lorsqu’il expire, la vague baisse, le bateau descend. Il y a un véritable lien de cause à effet, l’enfant développe la conscience de l’abdomen et de sa respiration abdominale jusqu’à présent inconsciente alors qu’elle est naturelle et spontanée.
  • Bhramari pranayama : Afin d’encourager une profonde inspiration, l’enfant doit au préalable avoir expiré entièrement. C’est le principe de la bouteille que l’on ne peut remplir que si elle a été au préalable vidée. Avec Bhramari, on demande à l’enfant de bourdonner aussi longtemps que possible sans reprendre sa respiration, cela encourage donc ensuite de profondes inspirations. Les enfants apprécient beaucoup cette respiration car ils adorent créer des sons, et en pratiquant tous ensemble, cela crée une sorte de chant. Mon fils de vingt mois adore le faire et dès qu’il entend le mot abeille, il se met à bourdonner.
  • Développer l’inspiration: l’exercice de l’escalier. Il s’agit d’imaginer vouloir monter un escalier garce à son inspiration. Monter le long de la marche, garder l’air, monter sur la deuxième marche en inspirant un peu plus, garder l’air, puis la troisième et ainsi de suite jusqu’à avoir rempli tout son espace respiratoire et gravi toutes les marches, puis expirer profondément en descendant par un ascenseur. Cet exercice peut se faire également dans l’autre sens pour développer l’expiration ; dans ce cas, on monte son inspire par l’ascenseur et on expire graduellement en descendant chaque marche. Après une certaine pratique, l’enfant réalise qu’il y a une coupure, une pause entre l’inspiration et l’expiration.
  • Nettoyage et conscience du nez : En yoga, on respire toujours par les deux narines. Il est important d’avoir une bonne hygiène du nez en apprenant à le nettoyer dès le plus jeune âge. Traditionnellement, on utilise un lota (récipient en forme de théière) dans lequel on met de l’eau salée (37°), on penche sa tête et l’on place le bec verseur dans l’une des narines en veillant à ouvrir la bouche légèrement ; l’eau s’écoulera par l’autre narine ; à faire des deux côtés. Pour faire sécher le nez, faire le lapin, c’est-à-dire « rider » le nez et souffler la bouche fermée pour chasser l’eau.
  • Enfin, on peut conclure tous ensemble, assis en cercle en se donnant la main, une face vers le ciel, une vers le sol, ainsi les mains sont en contact avec celles de son voisin. Cette technique a pour but d’apprendre à concentrer son esprit sur le souffle qui parcourt le cercle d’une main à l’autre et ressentir l’énergie, le prana qui circule comme un courant électrique d’une main à l’autre. L’enfant inspire dans la paume de la main gauche et expire dans celle de droite.

dimanche 7 mars 2010

petit yogi deviendra grand yogi # 3

Hier encore, nous avons été confrontés à deux approches diamétralement opposées d'éducation ; le constat affligeant d'une éducation partielle. Nous avions les réunions d'entrée à l'école de notre fille, bientôt 10 ans en CM1 dans une école publique et celle de notre fils 18 mois, en pré maternelle privée à mi-temps. Les deux ayant lieu à la même heure, nous nous sommes partagés la tâche, mon mari assistant à celle du CM1 et pour ma part à celle de la pré maternelle.
À notre retour, nous avons échangé nos impressions et avons discuté. Quelle ne fut pas ma surprise en entendant qu'il y avait un classement (ceintures noires, bleues, oranges affichées au tableau), parfois des gestes "violents" envers les élèves (jeter ses cahiers par terre car il ne va pas assez vite, etc) et la suppression du sport les fois où ils sont trop "longs", l'art visuel abordé de manière simpliste à la va vite car non important d'ailleurs pourquoi en faire etc... voici donc à quoi ressemble une classe de CM1 à Nouméa en Nouvelle Calédonie en 2010, une classe au dire du maître qui se veut "performante" et "préparatrice" à l'entrée au collège.
La question qui me vient tout de suite à l'esprit est : mais alors, que reste-t-il de ce petit "plus" insufflé discrètement mais quotidiennement qui leur donne confiance en eux et qui leur permettent de devenir des adultes équilibrés, bien dans leur peau ?

Parallèlement, j'assistais à celle des pré maternelle, où le jeu et les activités dominent et où le temps, l'observation et l'écoute de l'enfant, ses envies, ses besoins priment. Bien entendu, ils n'ont pas le même âge, et alors ? 10 ans est un âge charnière dans l'éducation, un âge où les hormones entrent en scène et où des possibilités de changements brusques de comportement peuvent surgir, il faut d'autant plus redoubler d'écoute, d'observation et les encourager dans leur chemin de vie.

Or, on a trop tendance à oublier que notre cerveau est divisé en 2 hémisphères ayant chacune une fonction tout à fait différente, l'hémisphère droit gère les aspects intuitifs et spatiaux de notre être, l'hémisphère gauche gère les capacités analytiques et linéaires.
L'éducation en règle générale se base principalement sur le gauche donnant l'importance au linéaire, à la science, à la pure logique comme lire, écrire, l'arithmétique, ...
L'intuitif, l'artistique comme la danse ou les autres activités créatives n'ont pas de support financiers dans les programmes scolaires et donc sont totalement ou quasiment pas intégrés.
Actuellement, l'éducation dominante est une éducation partielle basée uniquement sur un niveau purement intellectuel malgré les effets désastreux sur les vies.

Il s'agit donc de rééquilibrer notre nature profonde en éduquant le cerveau, en développant le côté "pratique" on équilibre les 2 aspects de notre nature.
- cerveau / pensée
- interne / externe
- droite / gauche
- intuition / analyse
En yoga, l'hémisphère gauche correspond à la face extravertie, à la logique, c'est PINGALA nadi et l'hémisphère droit à la face interne , à IDA nadi. L'union des 2 hémisphères du cerveau est appelé l'éveil de la sushumna nadi, le nadi principal qui court le long de la colonne vertébrale.

Un enfant ne peut pas couper son corps en deux, rester assis sans bouger pendant des heures et uniquement se focaliser sur ce qu'il apprend ; une partie "haute qui doit réagir et une partie "basse" qui est non existante, en étant en permanence assis, on sépare le corps et l'esprit alors qu'ils sont INDIVISIBLES. Un enfant doit bouger ses membres par le sport et bouger son esprit en lisant par exemple. C'est l'une des raisons pour lesquelles les systèmes nord européens, mais également anglo-saxon, dédient les après midis aux activités sportives et créatives et non pas 2 heures perdues dans la semaine.

Mais surtout les enfants doivent évoluer en relation avec un processus d'apprentissage créatif, basé sur des méthodes de recherches et découvertes actives afin qu'ils ne s'ennuient pas, ne sentent pas frustrés ou déprimés.
Les enfants impriment et comprennent bien mieux la science par exemple en apprenant à fabriquer un instrument de musique.
La plupart des matières, la géo, l'histoire, les maths, physique, chimie, bio, botanique, etc peuvent êtres appris à travers une méthode symbolique.
La vie doit être un TOUT surtout à l'âge où les enfants se construisent. Le yoga développe les 2.

Le JEU également est une très ancienne forme de savoir, entre 2/6 ans il est le fil conducteur. Par le jeu l'enfant crée 1 situation imaginaire, et l'imagination est spécifique aux humains, elle permet l'attitude réelle. Les enfants qui jouent sont les seuls à démontrer une initiative personnelle. Le jeu réduit le stress et anticipe le succès. Jusqu'à l'âge de 7 ans, le yoga pour enfants est essentiellement basé sur le jeu, l'apprentissage est ludique mais réel. À cet âge en yoga, refaire les mêmes postures à chaque fois, c'est l'histoire préférée qu'on lit et relit à chaque fois ; après 7 ans le yoga devient plus structuré.
Maria Montessori accorde une large place au jeu : "une fois que l'enfant a choisi son activité de jeu, il la répète encore et encore".

Il est donc temps d'adopter une attitude différente basée sur L'EXPÉRIMENTATION et les recherches scientifiques et la pratique du hatha yoga est l'une de ces réponses.

Les personnes n'apprennent pas en apprenant mais par le biais des conséquences de leurs actions : c'est l'un des enseignements majeurs que transmet Krishna à Arjuna dans la Bagavad Gita, partie centrale du poëme épique du Mâhabhârata écrit entre le Vème et le IIème siècle avant J_C.
l'élève doit lui même s'entraîner à devenir conscient qu'il peut aboutir à des actions raisonnables pour lesquelles il acceptera leurs responsabilités.

La rébellion est un processus naturel : les jeunes ont toujours voulu casser les barrières des sociétés qui les entouraient en créant des nouvelles formes d'expression rectifiant les injustices. La différence avec les temps modernes, c'est que les jeunes ont la possibilité de connaître les idées des autres jeunes à travers le monde (communication mondiale), partager des idées et dénoncer largement les injustices.
Les technologies et la diffusion de l'éducation ont offert aux jeunes plus de facilités, chances de faire leur propre expérience et c'est extrêmement positif pour l'évolution de l'humanité.
C'est dans cette recherche de vérité que les jeunes ont universellement adopté le yoga. ils découvrent que le yoga ne leur demande pas d'accepter des dogmes ou des stéréotypes, mais qu'il suggère :
- une technique
- de trouver par eux même
- donne un état d'esprit, un mode de vie qui transcende les frontières.
si le yoga imposait des règles, un dogme et disait que c'est la seule possible, les jeunes ne voudraient pas y venir. Aucun jeune ne veut suivre désormais "bêtement" le chemin déjà tracé par ses parents si ceux ci sont malheureux.
ils veulent vivre dans la joie, dans le bonheur.

Swami Satyananda s'imagine à penser ce qui se passerait si le yoga était enseigné dans toutes les écoles du monde, au même titre que les maths ou les sciences. Sachant que 60% de la population mondiale a moins de 18 ans, les implications seraient stupéfiantes.
chaque jeune serait ou qu'il soit, bien dans sa peau, en bonne santé et heureux. Il serait conscient de leur propre potentiel et capable de se "réaliser" et emploierait ce niveau de conscience supérieur à juste titre à l'"extérieur" dans leur vie sociale.
le Yoga encourage le service et pourrait servir grandement l'Humanité.
Yoga signifie 'Union" et nous avons besoin d'obtenir une union des peuples à travers le monde, lever le niveau de conscience et de vie.
bien entendu, il réalise qu'il faudrait alors que les guerres cessent, que les hommes soient capable d'apprécier leur prochain, que les adultes comprennent les jeunes et que les jeunes comprennent les anciens.

L'éducation devrait illuminer le génie intérieur déjà dans l'homme et aider le processus d'évolution, elle devrait intégrer et équilibrer la personnalité de l'homme et aider à développer sa nature divine.

Le Yoga n'est pas une religion mais une science de la vie en accordance avec nos pensées et notre façon de vivre.

Le yoga avec les techniques posturales et le pranayama apporte la santé physique et mentale qui sont les étapes basiques pour installer un bonheur permanent.

Alors à quel âge débuter le yoga ?

Avant 8 ans : seuls le jeu et l'imagination prédominent ; Après 8 ans, la discipline et la concentration peuvent être graduellement introduit.
Donc avant 8 ans, les cours de yoga pour enfants seront de courtes durées, pas au-delà de 35 minutes et essentiellement ludiques basés sur le jeu ; à partir de 8 ans, les cours s'échelonneront sur 1 heure et seront moins basés sur le jeu, plus traditionnels.

Dans la tradition védique, en Inde, les enfants débutent le yoga entre 8 et 10 ans. Comme dans de nombreuses traditions, c'est la période qui sonne la fin de l'enfance, marque la transition de la conscience du passage de l'enfance à la vie adulte. Ce passage est symbolisé par une cérémonie appelée UPANAYANVIDHI durant laquelle l'enfant apprend les 3 piliers de sa pratique quotidienne. Il s'agit d'un enchaînement d'asanas = la salutation au soleil : SURYANAMASKARA , d'un pranayama (contrôle de la respiration): NADI SHODANA (la respiration alternée) , et d'un mantra à chanter la GAYATRI.

Aussi bien d'un point de vue physiologique que psychologique, 8 ans est un "âge charnière" :

- il y a tout d'abord un accroissement des alvéoles pulmonaires dès 8 ans. Entre la naissance et 2 ans (voire jusqu’à 7 – 8 ans), le cloisonnement et la multiplication alvéolaire sont responsables d’une augmentation extrêmement importante et rapide du nombre et de la taille des alvéoles, donc du volume alvéolaire, alors que la croissance des bronchioles terminales est beaucoup plus faible. Au delà de 8 ans, le nombre d’alvéoles reste à peu près stable, la croissance se fait essentiellement par augmentation de la taille des structures existantes, dans toutes les directions de l’espace.
8 ans est donc un âge idéal pour introduire le pranayama, ainsi, le système cardio et respiratoire seront bien entraînés assurant vitalité et haut niveau de résistance et d'endurance à travers les différents âges.
Avant l'âge de 8 ans, nous le verrons dans la seconde partie consacrée à la pratique, il s'agit d'une approche de la fonction respiratoire par le biais d'observation et de jeux, à partir de 8 ans, les techniques de pranayama sont progressivement introduites dont la toute première est nadi shodana, la respiration alternée.

- le développement et la programmation du système immunitaire qui se développe pendant la vie intra utérine et pendant la petite enfance cesse.
La pratique de SURYANAMASKARA, NADI SHODANA assurent un développement CONTINU des réponses immunitaires, permettant un "encodage" (mémoires cellulaires) de bonne santé dès 8 ans alors qu'à cet âge en principe cela cesse.

- la glande pinéale qui a une influence sur la pituitaire et l'ensemble du système endocrinien commence à s'affaiblir dès 8 ans.
C'est une glande qui se trouve dans la medulla oblongata du cerveau, en haut la moelle épinière et se situe en avant du cervelet dans la fosse postérieure du crâne. Il y a des milliers d'années cette glande était active dans le développement du cerveau, désormais c'est une glande "vestige" mais qui reste très active chez les enfants jusqu'à l'âge de 8/10 ans où elle commence à se calcifier. Si on ne prend pas des mesures adéquates pour la protéger d'ici quelques centaines d'années, elle sera à jamais perdue. Quand elle dégénère vers 8 ans, la glande pituitaire entre en action avec l'arrivée de son flot d'hormones et c'est le début de la puberté; beaucoup d'enfants n'arrivent pas à faire face pendant cette période transitoire où la conscience sexuelle se développe, d'où un comportement désordonné (colère, violence...)
Cette glande a une influence équilibrante sur les activités du cerveau qui garde tout le cerveau dans une attitude réceptive et est responsable du maintien de l'état de "conscience" des enfants et retire tout conscience et rôle sexuel.

Il s'agit donc de trouver le moyen de retarder la décadence de cette glande afin de maintenir un équilibre entre le système sympathique (pingala) et parasympathique (ida) du système nerveux afin que l'enfant continue son expérience d'enfance sans stress et sans impulsions inappropriées.
Le yoga dès 8 ans permet de retarder la pré-adolescence , maintenir l'état d'enfant aimant pendant encore quelques années ; l'éveil des émotions sexuelles et passions est ainsi remis à plus tard jusqu'à ce que l'enfant soit prêt à faire face à ses émotions psychologiques et physiologiques qu'engendrent son identité sexuelle.
Ces enfants deviennent plus intuitifs, intelligents et sensibles comparativement à ceux qui ont été trop prématurément confrontés à des conflits émotionnels. Ils sont capables de gérer et d'avoir une meilleure compréhension de ce qui se passe dans leur corps et leur tête.

- la capacité de raisonnement à comprendre des concepts, idées et abstractions qui fondent la base technique et moral de l'éducation débutent à 8 ans.
C'est le moment où l'enfant est prêt à apprendre et se concentre sérieusement. Le processus psychologique et physiologique de la différenciation entre "soi" et "l'autre" qui d'un point de vue spirituel correspondant à la manifestation de l'EGO se manifeste à cette période.

Voilà, après m’être attardée assez longuement sur le chemin de l’observation lors de ces trois derniers articles, je vais désormais dans les prochains posts m'engager plus concrètement sur le chemin de la pratique et tenter de vous présenter des techniques et exercices posturaux, de respiration, de concentration et de relaxation pour les plus jeunes (2/7 ans) et pour les enfants à partir de 8 ans.

jeudi 25 février 2010

petit yogi deviendra grand yogi # 2


Tous les enfants n'évoluent pas au même rythme, chaque enfant a sa propre personnalité, ses propres niveaux d'intérêts et cela dès le plus jeune âge ; on peut avoir dans une même famille, 2,3,4 enfants voir plus qui se ressemblent physiquement mais dont les comportements, les désirs sont totalement différents.
C'est la raison pour laquelle, on ne peut envisager d'avoir les mêmes réactions, attitudes envers l'un ou l'autre, avoir une recette "miracle" que l'on sort à chaque fois. Il en va de même lorsque l'on enseigne le yoga aux enfants.
L'observation et l'analyse de cette observation amène à adopter une attitude différente basée sur l'expérimentation et les recherches scientifiques.

Selon la philosophie hindoue, la conscience se manifeste selon trois formes, trois qualités.
Pour l'homme, sa vie et sa conscience, ainsi que tout le cosmos, sont les émanations de la seule et même prakrti (la matière ou la substance cosmique), émanations dont le caractère diffère selon que prédomine l'un ou l'autre des guna.
Ces gunas (qualités ou manière d'être) sont :
- Sattva (qualité de pureté et de bonté qui illumine) qui conduit à la clarté et à la sérénité, symbolisée par la couleur blanche.
- Rajas (qualité de mouvement ou d'action) qui rend une personne active et énergique, tendue vers un but et volontaire, symbolisée par la couleur rouge.
- Tamas (qualité d'obscurité et de retenue) qui obstrue et s'oppose à la tendance de rajas pour l'action et de Sattva pour la révélation, symbolisée par la couleur noire.

Cette classification est tout a fait adaptable aux enfants, on peut ainsi déterminer quel type d'attention prédomine afin de mieux cibler sa pratique yoguique.

Les enfants ont beaucoup de problèmes inexprimés et inexpliqués ; la plus part du temps, ils ne peuvent pas les exprimer car ils n'ont pas la maturité psychologique, donc ils s'expriment à travers leurs comportements.
La croissance physique et psychologique n'arrivent pas à maturité ensemble, parfois l'une est plus en avance que l'autre.

Certains enfants sont très intelligents mais extrêmement dissipés, d'autres oscillent entre intelligence et "idiotie" et d'autres sont intelligents et conformés.
Lorsqu'un enfant est intelligent et conforme, il s'agit de s'assurer qu'il ne régresse pas.
Lorsqu'un enfant est intelligent et "idiot", il s'agit de veiller à ce que cette oscillation cesse.
Lorsqu'un enfant est très intelligent et dissipé, il s'agit de trouver une unité.

- un enfant dont l'attention est lâche, voir apathique, dont les yeux sont souvent fermés et qui est assez docile a clairement une tendance TAMASIQUE, cet enfant a donc plus besoin d'être STIMULE (travail postural) que relaxé.
l'enfant peut souffrir de dépression, de retrait, d'anxiété, d'une certaine léthargie, il lui manque une énergie vitale (prana shakti) car il ne peut transformer son énergie mentale (manas shakti) en une action créative.

- un enfant dont les yeux partent à droite, à gauche, avec la langue et les dents fréquemment en mouvement, mordillant ses lèvres, jouant avec ses cheveux, avec des expressions du visage changeant rapidement a une attention inégale, a une tendance RAJASIQUE, il a besoin de RELAXATION et à apprendre à se relaxer.
l'enfant a trop d'énergie vitale (prana shakti) et pas assez d'énergie mental (manas shakti), il peut devenir destructeur, agressif, hyperactif c'est une voiture de course sans frein.

- un enfant dont les yeux sont absorbés par leurs activités mais ne sont pas des rêveurs, ayant une attention concentrée, a une tendance SATTVIQUE, il s'agit de trouver un équilibre entre la relaxation et la stimulation.

- un enfant dont les yeux sont parfaitement brillants, alertes et pétillants, souriant, les muscles faciaux relâchés et sans tension, ayant des réactions souvent spontanées et appropriées sont des enfants d'une intelligence exceptionnelle et dotés de pouvoirs de concentration, ils n'ont pas besoin d'exercices précis, ils progressent seuls.

Cette observation peut également se faire pour décrypter le moment le plus opportun pour pratiquer.
le lundi matin à 8h30, est un créneau tamassique et le vendredi 16h rajassique donc le professeur orientera la pratique différemment selon qu'il faille relaxer (vendredi 16h) ou dynamiser (lundi matin).

Prendre en compte tous ces éléments comportementaux, les intégrer à sa pratique permet aux enfants d'équilibrer leur stabilité émotionnelle et au professeur de réguler et harmoniser son cours.

vendredi 19 février 2010

petit yogi deviendra grand yogi # 1









L'observation, est un des éléments si ce n'est l'élément fondamental de la pédagogie de Maria Montessori.
Cette qualité d'observation, je l'ai appliquée à la naissance de mon 2ème enfant, 8 années après mon aînée. Consciente de ma pratique de 10 années de yoga dont 5 à enseigner, mon regard a été amplifié, décuplé.
Et telle la petite graine que l'on plante en terre, que l'on arrose consciemment chaque jour par son amour, son regard, sa tendresse, elle se développe, s'ouvre, s'épanouit.
Cet apprentissage, ce développement que l'on nomme motricité aborde étape par étape dès la naissance des postures de yoga, des asanas. les asanas signifiant en sanskrit le fait de s'asseoir.
La nature a donc tout bien préparé, chaque étape de la tonification musculaire est essentielle, et doit se faire dans la mesure du possible sans aide extérieure ;
l'enfant apprend à mouvoir son corps dans l'espace, à le connaitre, à sentir ses limites et c'est seul, soutenu par nos encouragements, notre regard bienveillant, qu'il découvre son corps.
Notre nouveau né au cours de ses premiers mois va donc retracer l'évolution naturelle de l'homme, couché puis progressivement assis, rampant et se levant comme la graine qui devient fleur, arbre, le petit d'homme découvre et apprivoise progressivement sa verticalité
afin de devenir ce trait d'union entre la terre et le ciel.

A leur naissance, le tonus musculaire du bébé n'est pas suffisamment développé pour envisager d'autres positions que celles allongées sur le dos ou le ventre ou lovées dans l'écharpe de portage collé à notre cœur.
 Leur tête entre nos mains, nous les maintenons tout contre nous, Ils retrouvent les sensations de confort, de sécurité qu'ils avaient dans le ventre de la mère.
Progressivement, de jour en jour, rapidement, des points serrés tout contre soi, un bras s'étire puis l'autre. 

Partant de la tête, le développement postural va se poursuivre vers le bas, en plaçant quelques minutes tous les jours sur le ventre le bébé, il tente puis réussit à lever son menton, décoller les épaules, la poitrine, et les deux pieds, l'aidant ainsi à supporter le poids de sa tête.
il pratique Shalabhasana, la posture de la sauterelle (1ère photo)
Parallèlement, lorsqu'il est sur le dos, il redresse sa tête et les deux jambes pour voir ce qui se passe , écouter il pratique Navasana, la posture de la barque (2ème), qui tonifie de manière spectaculaire la sangle abdominale, le menton bien calé dans la fourchette du sternum, plaçant un Jalandhara naturel (verrouillage énergétique). 


Les genoux progressivement se rejoignent vers la poitrine, il attrape ses pieds, et d'une facilité déconcertante les amène à sa bouche c'est Pada angustha mukha sparsha asana, la posture où le pied touche le visage (3ème) ; il prend ainsi contact avec ses limites corporelles, de ses extrémités, de son corps dans l'espace.
Puis il commence à rouler sur le côté et se met tout seul sur le ventre et là débute la phase de tonification des grands dorsaux sollicités par Bhujanga asana, la posture du cobra (4ème) maintenue plusieurs minutes, et même en torsion.
Dès lors, il va repousser toujours un peu plus ses mains et ses avants bras dans le sol de manière à redresser encore davantage son dos pour progressivement ramper et se mettre sur 4 appuis et si sa force de petit yogi en herbe lui permet il nous propose le guetteur Caturanga dandasana (5ème).
Son champs visuel s'élargit, il se redresse et commence le 4 pattes qui lui permet de partir à la découverte de son environnement.
Du 4 pattes il repousse le sol avec ses genoux, fait le gros dos du chat Majariasana et le chien qui s'étire face au sol Adho mukha svanasasana (6ème) et enchaîne comme dans la salutation au soleil (Suryanmaskara) (7/8ème) chien tête en bas, cobra, renforçant, tonifiant, musclant tout son dos, ses bras, il est désormais prêt à se redresser.
En l'espace de quelques mois, environ 12 mois, le cycle d'une année, notre petit être passe de l'état de fœtus lové dans la matrice, à celui de reptilien, quadrupède à bipède, le parachèvement de sa courbure lombaire se faisant vers les 10 ans.

Tout cela sans aucune aide extérieure, uniquement naturelle, comme sa respiration qui sera instinctivement abdominale, il sait, il connaît, c'est inscrit dans ses cellules, mémorisé, programmé depuis des millénaires.
Nous naissons donc yogi et yogini, mais que faire pour préserver cette nature inhérente au cours des années à suivre.
c'est ce que je tenterais de vous faire partager les prochaines fois.
Hari OM
merci à Merlin mon petit yogi en herbe.