lundi 30 août 2010

Un bilan pedagogique, pas d'ecole à la maison


Je sentais bien au fur et à mesure que nous approfondissions la pédagogie montessori que ça bloquait. Un peu. Sur certaines choses. C’est la relecture du livret Freinet sur les arts plastiques qui a achevé de nous faire prendre conscience que nous nous dirigions dans une voie erronée en considérant que nous allions faire l’école à la maison. J’ai beaucoup d’admiration pour les parents qui consacrent un blog (dont j’adore la lecture et qui sont remplis d’idées et de ressources) et une pièce à la maison pour faire salle d’étude, qui ont les murs remplie d’étagère avec des plateaux bien rangés, et qui consacrent des temps donnés et ordonnées à reproduire l’école à la maison.

Il y a dans la pédagogie montessori une rigidité qui ne nous correspond pas. Et nous persistons à penser que les choses ont suffisamment évolués pour nécessiter de revoir l’approche initiale de celle ci qui était quand même d’éduquer des enfants démunis de toute éducation et de toute ouverture culturelle. Pour finir Maria Montessori est totalement passé à coté du l’énorme potentiel d’apprentissage et de manipulation que représente la pratique et la connaissance des arts, et nous sommes totalement en désaccord avec sa façon d’appréhender le dessin, les couleurs, le tracé des formes et leur remplissage. Il est hors de question pour nous que le dessin soit des exercice de tracé de contour des formes, et de remplissage de celle ci avec seulement un ou deux crayons, parce qu’il ne faudrait pas s’éparpiller et que les enfants aiment l’ordre et la rigueur, et donc rangent avant de déranger!

Nous pensons que c’est un parti pris qui fonctionne dans la globalité de la démarche montessori, mais nous le trouvons complètement sclérosant par rapport à des domaines comme l’expression et la découvertes des sens et des sensations. Cela manque de sensualité. et la sensualité est indispensable à la découverte du monde, à son appréhension, et l’éducation catholique sur laquelle s’appuie Marie Montessori ne lui permet pas de développer cet aspect pourtant essentiel dans l’éducation de l’enfant. Tout est codifié. les odeurs sont rangées dans des boites, les gouts se déclinent au compte goutte, le toucher lui est par contre à la base de son éducation et c’est là que nous accrochons vraiment parce que justement on est dans l’appréhension par le sens: mais le toucher reste le rugueux, le papier de verre!

Nous n’avons pas expérimenté encore les lettres rugueuses, mais nous allons le faire, mais est ce que cela fonctionne mieux avec le rugueux plutôt qu’avec le doux de la feutrine? le geste et la matière doivent s’imprimer de la même manière je pense. mais nous n’en savons rien.

Toujours est il qu’aux flacons d’odeurs, nous préférons faire expérimenter les odeurs des produits destinés à la cuisine, des aromatiques ou des fleurs ou jardin( il sera temps de passer à un loto des odeurs plus tard), qu’aux exercices de vie pratique, nous trouvons plus intéressant de vivre la vie plutôt que d’en ranger des éléments sur un plateau pour s’entrainer à produire des gestes que la vie tout court devrait suffire à générer.

à l’exercice marcher sur une ligne en portant un verre d’eau nous préférons celui d’apporter une tasse remplie à l’un d’entre nous à travers toute la maison, à l’exercice des versés, nous préférons leur trouver une application utile dans les activités de la maison. Jardinage, cuisine, et pratique des arts!Plus une participation active utile et volontaire aux taches qui sont celles de la maisonnée, comme aider à mettre le couvert, passer le balai, l’éponge, ranger le linge ou les courses. Le tout étant d’accepter que l’on a le temps! à partir de là…

c’est sympa de proposer des plateaux d’activité pour répondre à un désir d’activité autonome, mais je pense que cela doit rester anecdotique par rapport à la vie quotidienne d’un enfant qui n’est pas à l’école, et dont la journée ne présente aucune nécessite d’être rythmée par des activités comme celle d’une classe entière!

C’est pourquoi nous abandonnons l’idée d’école à la maison. Il n’y a aucun intérêt à reproduire à la maison pour un enfant ou plusieurs, mais de toute façon pas une classe, le fonctionnement d’une classe. c’est pour faire fonctionner des classes que les pédagogues ont tant travaillés. A la maison, on a la possibilité de créer et de répondre à la curiosité et à la demande de chacun au moment ou c’est nécessaire. C’est à chacune des famille non sco de décider de l’environnement qui sera celui dans lequel se développera son enfant. les apprentissages dit fondamentaux, mais c’est encore du vocabulaire scolaire, peuvent et seront pour nous, intégrés à la vie de la maisonnée, pour ne pas dire école de la vie!

Nous avons choisi de vivre dans une ferme entourés d’animaux dont la présence et l’observation, dont la reproduction et les pertes permettent à chacun d’entre nous de vivre quotidiennement le cycle de la vie, des relations entre les animaux, entre nous et les animaux, et donc au quotidien ,nous vivons la biologie, soins aux animaux, qui mange quoi, qui produit quoi, etc…,l’éthologie, et très rapidement la compréhension de ce monde s’élargit aux autres, le monde des insectes, le monde la foret, celui de la savane, et l’on aborde la géographie et la diversité, et tout cela de la manière la plus naturelle que ce soit, comme on apprend à parler! qui dit éthologie dit ethnologie, donc géographie, et tout s’emboite de manière pyramidale et exponentielle, pour peu que l’on propose à la curiosité les livres et les vidéos, voir les voyages permettant de continuer à nourrir et développer la curiosité. Nous avons donc choisi de vivre dans une ferme entourés d’animaux, d’insectes et parfois de parasites, c’est ça aussi la vie!…

Nous avons choisi aussi, surtout en ce moment le jardinage, la vie végétale, réaliser des versés pour remplir un pot de terre, ou pour arroser une plante. c’est ainsi que nous avons l’intention de proposer les activités montessori. en quelques sortes faire du montessori appliqué! il me semble plus important que les activités aient une réelle utilité que d’être présentées sur un plateau. Les lieux d’activités sont plutôt des espaces, espace peinture, espace plan de travail avec étagère de matériel associée pour l’activité en question. Les espaces d’activités sont chez Freinet ce que sont les plateaux chez Montessori. de même l’utilité de l’artisanat développé par l’atelier imprimerie chez Freinet rejoins plus notre conception de la production, même du geste pour la création de quelque chose plutôt que pour la répétition d’un même geste, pour sa seule réalisation. Comme le jardinage, l’artisanat aura une place pour réaliser des produit qui aura une nécessité dans la vie de la maisonnée. il est important de participer à la construction du monde dans lequel on vit, et l’enfant doit avoir les moyens d’y etre acteur, au sein de sa maison, comme au sein de sa vie.

Le centre de nos activités pédagogique sera la pratique des arts plastiques. contrairement à certains pédagogues très en vogue (dans les blogs parce que jamais entendu parler lors de mes études!), je pense que la pratique artistique doit être nourrie, ouverte sur le monde, qu’il faut proposer des outils à la création et non pas en faire un lieu clos.

La peinture, le modelage, la sculpture, le dessin, le découpage, l’assemblage, et tout autre manipulation vont permettre l’expression, développer l’activité motrice, et la motricité fine, par la manipulation, apprendre les couleurs en les pratiquant, apprendre l’histoire en regardant l’histoire de l’art. Pour être des activités quotidienne, aussi naturelle que de prendre un livre et de s’installer pour lire, il faut organiser ces activités, de manière à ce qu’elles soient à la portée de l’enfant, disponible à la demande. Nous pensons aborder les mathématiques, par le jeux, par la pratiques des jeux.

Voilà un programme qui n'en est pas un. Vivre en relation avec la nature, se promener, vivre entourés d’animaux, aborder la lecture par les lettres selon la méthode montessori, les maths par les jeux, coopératifs, mais en fait il est possible de changer les règles de beaucoup de jeux non coopératifs pour les rendre coopératifs, et le reste par la pratique des arts plastiques, et du jardinage lorsque c’est la saison à remplacer par la cuisine hors saison.

Et pour finir?

Lire des livres, tout pleins de livres, regarder des vidéos, des vidéos nature et des films d’animations. c’est ici que nous rejoignons Steiner, et nous éloignons encore plus de Montessori. faire une large part à l’imaginaire, visiter les contes, classiques aussi parce qu’ils sont tellement en référence dans les contes modernes, permettre le jeux, avec des jouets, rythmer symboliquement les saisons et le passage des saisons… passer du temps ensemble et vivre la vie de ses parents qui ont aussi leur vie à vivre! "

Article soumis par l'auteur eLeF Des Baies. Il ne s'agit en aucun cas de ma propre perception des choses. Merci. Sand.

dimanche 29 août 2010

La societe doit venir en aide au systeme scolaire

Un article bref mais interessant du romancier Alexandre Jardin. Je le trouve tres juste dans l'idee de la responsabilite citoyenne et parentale. Une societe se doit d'etre soudee, de fonctionner sur le mode de la cooperation mais egalement de la transmission et de l'echange et des interactions constantes entre ses membres.

Le gou­ver­ne­ment vient de décré­ter la « mobi­li­sa­tion géné­rale » contre l'illettrisme, qua­li­fié de « fléau inac­cep­table ». Le point avec l'écrivain. 21.05.2010

Morceaux choisis :

"Après 10 ans d'engagement, que vous ins­pire cette guerre décla­rée à l'illettrisme?

Elle m'inspire que, face aux évidences, les citoyens ont le devoir de com­men­cer à construire les solu­tions, et ne pas croire que l'État va se char­ger de nos pro­blèmes. Il faut sor­tir de cette logique infan­tile consis­tant à pen­ser que papa va s'occuper de tout."

"Elles sont orga­ni­sées par tout petits groupes, en géné­ral cinq enfants au maxi­mum, pour que tout le monde puisse voir les images et que la ques­tion de l'autorité ne vienne pas per­tur­ber la trans­mis­sion du plai­sir. Car nous ne sommes pas du tout là pour ensei­gner, mais pour faire ce que n'importe quel grand-père ou grand-mère fait avec ses propres petits-enfants."

"Coopérer doit deve­nir natu­rel pour nos écoles, nos quar­tiers et nos retrai­tés."

L'article se trouve ici. Deniche via le blog de Caroline, enseignante chargée des aides à dominante pédagogique en RASED http://educaroline.fr/.

Libre de peindre ce que tu veux ! : en vidéo

Puisque Le monde des enfants est l'endroit pour parler de la liberté de l'enfant, je vous offre une vidéo sur la liberté créatrice et en particulier sur la liberté en Peinture.

Pour voir la vidéo avec une qualité supérieure c'est par ici.

samedi 28 août 2010

Montessori, petit à petit...

En allant me promener sur le site de Meg, Sew liberated, j'ai découvert hier cette charmante vidéo d'une ambiance Montessori 3-6 ans située au Mexique. Et même sans comprendre l'espagnol, ce fut un ravissement de découvrir l'ambiance qui se dégage de cette jolie classe. L'investissement de chacun, éducateurs et parents, au service d'une même cause, celle de l'enfance.
Peu de temps pour écrire sur ce blog en ce moment, peu de temps avant la rentrée, beaucoup, beaucoup de temps passé dans ma classe à aménager un espace réfléchi pour les enfants...
Ce que j'aimerais vivre dans un cadre scolaire aussi serein et bienveillant que cette jolie classe mexicaine! Les choses se feront peut être, petit à petit...


jeudi 26 août 2010

Emmi PIKLER, autonomie des mouvements du bébé

... un ancien billet de mon blog, janvier 2008, avec quelques modifications...

Le petit d’homme a marché… C’était une étape cruciale, bien sûr, une étape vers plus d’autonomie. C’est aussi ce que nous, parents, attendons avec impatience. Mais pourquoi donc ? Pourquoi autant d’impatience dans le développement moteur de nos enfants ?

Les enfants font preuve d'un étonnement ambigüe de tous les instants dans leurs découvertes. C’est vrai que leur fonctionnement physiologique prend énormément de temps. Il répond à ses besoins primaires et quand nous pensons à une interaction, que nous rêvons devant ce premier sourire, nous nous rendons compte, avec un peu de désappointement la première fois, que le bambin sourit aux anges (c’est-à dire un état de béatitude au monde et non un sourire adressé à quelqu’un !).
J’avais envie de voir bouger mon fils. Il était par terre souvent, sur un tapis spécial bébé, doux et moelleux dans le salon, pas de parc et très peu de lit. Mais je m’impatientais de le voir se tourner, de couché sur le dos à plat ventre. J’ai pris énormément de plaisir à le voir se relever, se mettre debout, trouver son équilibre tout seul. L’haptonomie, après la naissance, permet de nous réinscrire dans une approche de l’autonomie de l’enfant, lui proposer dès le début de se tenir droit tout seul, de retrouver son centre de gravité, son centre affectif… alors oui, nous étions un peu sensibilisés. Et pourtant…



J’aurais aimé être sensibilisée aux théories d’Emmi PIKLER. Pour elle, le bébé n’a pas besoin de l’intervention d’un adulte pour changer ou garder la position. Le développement vers la position assise, debout ou de marche doit être le résultat d’une démarche active de l’enfant et il s’agit bien là d’un développement cohérent, pas plus lent ou moins assuré mais, peut-être justement, source de confiance en lui. Il faudrait partir du concept de « soin global » soit une prise en compte de tous les aspects de l’enfant (ergonomie de son terrain de jeu, des jouets, alimentation, repos, rythme journalier, thérapie éventuelle…) et concevoir dans le système éducatif une part importante à l’organisation de vie entre parents et enfants et à l’environnement proposé. Ainsi les parents pourraient proposer des activités libres à leur bébé avec toute la sécurité et la meilleure adaptation aux demandes du développement de l’enfant : un tapis moelleux serait remplacé par un tapis de sol (antichoc mais permettant une meilleure oscillation ou amplitude de mouvements du corps), des stimulations à bonne distance des mains potelées mais pas forcément de provocation parentale. Ainsi absorbés par leurs activités, sereins et en sécurité, les petits bouts de chou laissent leurs parents, sans sentiment de culpabilité, reprendre le cours de leurs occupations.

N’hésitez pas à aller sur le site de l’Association Pikler-Loczy de France .

Vanessa

dimanche 22 août 2010

Apprendre en liberté

"Chaque être humain vient sur terre avec des dons, des talents. Ce ne sont pas des choses que l’on apprend mais qui se manifestent lorsque l’on s'occupe des enfants avec amour et sagesse. Ces dons peuvent se réveiller lentement et sont parfois difficiles à reconnaître."

"Chaque enfant est unique. Dès les premiers temps de sa vie, l’enfant est considéré par ses parents comme un être distinct. C’est en partie parce que chaque bébé arrive sur terre avec des caractéristiques et des talents potentiels, à l’état brut, bien sûr. Et une étrange force innée pousse chaque enfant à explorer ses possibilités. Cela le conduit parfois dans des directions que son entourage désapprouve. Et trop souvent, nous, les adultes, nous ne comprenons pas que ces particularités (ces « problèmes ») peuvent être des signes des dons de l'enfant."

>> Lire la suite de l'article.

"Oui, chaque enfant naît avec des capacités prêtes à se manifester ; non, cela ne signifie pas que nos enfants sont destinés à la grandeur, à la célébrité ou à la fortune. Cela signifie simplement que les enfants doivent pouvoir développer leur propre grandeur personnelle. Nous tous, adultes, nous connaissons ce processus permanent, cette recherche constante d’accomplissement ; il se manifeste à travers une quête du bonheur, de la joie, de la santé, du bien-être, du sentiment d’être utile, valorisé et reconnu."

"Laissés à eux-mêmes, les enfants agissent un peu comme des génies. Quels sont les comportements typiques associés aux génies ?..."

Extraits de l'article "Apprendre en liberté", par Laura Grace Weldon, magazine l'initiation.

vendredi 20 août 2010

Une lecture amenant à la pédagogie JAQUES-DALCROZE: Totto-chan

... je reprends ici un billet archivé de mon blog principal, il date d'octobre 2008, je ne l'ai que très peu modifié pour vous laisser mon enthousiasme...

En lisant « Totto-chan, la petite fille à la fenêtre » de Tetsuko KUROYANAGI, j’ai vraiment été touchée par une pédagogie musicale différente. En effet, le directeur de l’école primaire TOMOE, où la petite fille a passé quelques années, a été le premier à exporter la pédagogie JAQUES-DALCROZE dans le milieu scolaire de l’enfance au Japon.

Je suis incapable d’être en rythme dans le chant, la musique ou la danse. Alors, la pédagogie d’Emile JAQUES-DALCROZE basée sur l’apprentissage du mouvement par et pour la musique comme une manière de vivre m’a rendue perplexe… puis enthousiaste. Il s’agit d’investir notre corps et de le rendre sensible au rythme et à la musique. Nous sommes loin des cours de solfège ou de danse traditionnelle. Ici il est question de naturel avant de laisser parler la technique…
Par des exercices de « rythmique », le corps évolue en entier et fait appel à la voix et aux sens auditif, visuel, tactile et kinesthésique. Avec la musique, le corps est en mouvement et par des jeux, des exercices de coordination, de réaction, de dissociation et des improvisations, les élèves apprennent les notions de rythme (mesure, carrure, pulsation, rapport des durées), d’harmonie et de mélodie (gammes, tonalités, intervalles, accords). Le solfège n’est pas forcément présent.

*source du dompteur, site français JAQUES-DALCROZE

Il n’y a pas de méthode unique et chaque enseignant a improvisé sa vision de la « rythmique », très différente des méthodes passives d’enseignement de la musique ou de la danse traditionnelle. Ainsi le Directeur de TOMOE, Mr Kobayashi, après avoir suivi des cours en Europe, a dispensé les siens tous les matins à ses petits élèves : sur une musique jouée au piano, ils marchent de « façon parfaitement décontractée, en traînant presque le gros orteil par terre » puis ils adaptent l’allure au nombre de temps dans le rythme, 2 temps, 3 temps, jusqu’à 6 temps. Les mouvements des bras suivent, s’accélèrent, se modifient en fonction avec une gestuelle spécifique au nombre de temps. Et puis les changements de temps s’opèrent, il faut s’adapter ou continuer dans l’ancien rythme jusqu’à nouvel ordre… « Quand on lui demandait ce qu’était la rythmique, M.Kobayashi répondait : « C’est un jeu destiné à affirmer les mécanismes corporels, un jeu qui apprend à l’esprit à contrôler les mouvements du corps et à l’esprit de comprendre le rythme. Par sa pratique, la personnalité trouve son rythme. Une personnalité rythmée est belle et forte, et se conforme d’elle-même aux lois de la nature ». »

Mr Kobayashi, persuadée de l’intérêt de cette pédagogie pour harmoniser le corps et l’esprit, avait poussé la pratique par des séances, son cours de musique, de dessins à la craie sur le parquet de la salle commune. Affalés, couchés, assis, ou dans n’importe quelle position qui leur convenait, les enfants dessinaient les rythmes en notes de musique sans portée, fluettes ou grosses, prenant tous l’espace ou microscopiques… elles devenaient des dessins d’enfant et de vie : une « cabriole » par-ci, un « drapeau » par-là, un « drapeau-drapeau » ou un « double-drapeau », une noire, une blanche avec ou sans « grain de beauté », une ronde….

*source peinture de Ba Da Shanren (Shitao), Galerie de Andy

« Une grenouille qui saute dans un étang : qui n’a jamais assisté à pareille scène ? Pourtant seul Bashô a pu écrire :

Le vieil étang
Une grenouille plonge
Le bruit de l’eau !

(…) Le directeur rappelait alors la célèbre formule : « Rien n’est plus à craindre en ce monde que d’avoir des yeux incapables de voir la beauté, des oreilles incapables d’apprécier la musique, un esprit incapable de saisir la vérité et un cœur incapable de s’enflammer ». C’est là sans doute ce qu’il cherchait à éviter en incluant la rythmique au programme de l’école. »

Pour vous faire une idée de cours de solfège enseigné ailleurs avec ce même esprit JAQUES-DALCROZE, voici quelques extraits :


Cours de Rythmique-Solfège II
envoyé par Dalcroze


Cours de Rythmique-Solfège V
envoyé par Dalcroze


Cours de rythmique Parents-enfants
envoyé par Dalcroze

Pour en savoir plus sur cette pédagogie, lisez donc ici sur leur site français. La finalité de la rythmique (et une définition plus complète de la rythmique de JAQUES-DALCROZE) vous est présentée là et puis n’hésitez pas à essayer le petit questionnaire en bas de cette page, très instructif sur notre façon de concevoir la musique et le rythme. Il est aussi très intéressant de voir qu’en considérant l’espace, le temps, l’énergie dans le mouvement et la rythmique, cette pédagogie sert aussi en cas de handicap ou d’exercice de psychomotricité, par exemple pour les séniors.

Et Totto-chan m’a encore emmenée plus loin dans la découverte de la danse, comme j’aurais aimé en faire, loin des pointes ou des dictats, bien plus près de chacun tout en étant aussi énergique (et sportif). Elle a suivi quelques cours avec le célèbre professeur Baku ISHII, chorégraphe réputé, fondateur du « Centre de Recherches sur la Danse » à Jiyû-ga-oka. Paradoxalement elle attendait plus de rigueur, de pointes et de postures, des battements de cygnes pour danser sur le lac ! J’aurais aimé, pour ma part, répéter des phrases en musique comme « Soleil sur la montagne ! » : « - C’est bien que tu veuilles être un cygne, mais ce que je voudrais, c’est que tu prennes goût à danser à ta manière. »

Vanessa

lundi 16 août 2010

L'ostéopathie après un accouchement

Je reviens de vacances et pendant mon séjour nous sommes passés à côté d'une maman toute fraîche, cela devait être son premier (une primipare avec ce nom atroce qui indique la parentalité première). Son bébé dans les bras, le petit ventre contre sa poitrine, elle avait le regard très bouleversé: son enfant regardait par derrière lui.

Je n'ai pas osé m'arrêter. Je ne savais pas comment elle pourrait prendre mes paroles... et maintenant je m'en veux. Son bébé avait cette attitude là (ceci est une photo personnelle de mon fils à moins d'1 mois dans mes bras).

Que dire de ces moments où notre fils perdait du poids et ne me regardait pas. J'avais ce doute affreux de ne pas être aimée. Bien-sûr c'est un sentiment qui revient souvent chez moi, comme vous avez pu le constater en suivant mes divagations de parentalité sur mon blog. Mais bien-sûr aussi qu'un bébé aime sa maman, pour tout ce lien, pour ce besoin de sécurité et pour combler tous les autres: alimentaire et affectif (l'affectif si important).

Mais j'ai eu mal de le voir tordre la tête si loin de mes yeux, si loin de mon regard... jusqu'à ce que quelqu'un m'indique que notre lutin était coincé! Oui, l'accouchement avait dû bloquer quelque chose. Nous avons fait une séance d'ostéopathie et sa tête a repris sa place, son équilibre sur la colonne vertébrale.
L'ostéopathie a réparé en quelque sorte le traumatisme de l'accouchement (arrivé par voie basse grâce en partie à l'haptonomie, en partie seulement... et sorti par forceps à la vue de mon hypotension). Sa colonne vertébrale a retrouvé sa forme.
L'ostéopathie offre aussi, par manipulation légère (très) du crâne une remise en service des organes comprimés lors de l'accouchement, en plus.

J'aurais dû m'arrêter...

Rajout du 17/08/2010: je vous invite à regarder ce site pour les différents symptômes du nouveau-né, le crâne lui-même, la tête, le sommeil, la digestion ou l'état nerveux.

Vanessa

jeudi 12 août 2010

Le colibri et l'education


Pierre Rabhi parle d'éducation
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« Tout changement implique le changement de soi car si l’être humain ne change pas lui-même, il ne pourra changer durablement le monde dont il est le responsable. » Pierre Rabhi.

La Maison des Potentiels

Bonjour,

Je suis nouvelle sur le blog que j'ai découvert récemment.

Je me présente, je m'appelle Laurence Legrand, j'ai 40 ans dans quelques mois et je suis la maman de Luckas né le 24 décembre 2008. Sa venue au monde que nous n'espérions plus a transformé ma vie tant personnelle (quel apprentissage !) que professionnelle. depuis, je consacre pas mal de mon temps au domaine de l'éducation via la relation d'aide (Approche de l'Alignement) et la préparation de stages "parents" pour 2011.

Mais surtout j'ai lancé un projet que je souhaite vous présenter ici: la Maison des Potentiels. Il s'agit d'un lieu, alternative à l'école - pas une école, où les enfants viennent "apprendre" ce qu'ils veulent, au rythme qui est le leur. Ce sont les parents qui se relaient pour organiser, proposer, accompagner les activités que les enfants souhaitent faire. Des Mentors seront également de la partie, c'est-à-dire des personnes - (grand-)parents ou non - qui souhaitent transmettre leur expérience aux enfants (en astronomie, sculpture, jardinage, etc..).
La Maison sera ouverte 365 jours par, chaque jour de la semaine, dès le matin et jusqu'au soir, car les enfants n'ont pas d'horaire pour avoir envie d'apprendre - pourquoi ne pas faire de la peinture le dimanche à 19h ?
Les enfants émettront leurs demandes d'apprendre telle ou telle chose (on leur fera également des propositions) et nous trouverons les "mentors" qui auront à coeur de leur transmettre ces connaissances par le biais du concret.
Cette maison entre dans le cadre d'un habitat groupé, histoire de donner aux enfants une "tribu" de référence, plutôt que juste papa et maman et la famille autour.. des adultes conscients et bienveillants, animés d'une même motivation: donner la possibilité aux enfants de développer leurs potentiels et déployer leurs ailes.

Et la pédagogie ? et bien je me rend compte que plus je lis plus je trouve que tout la monde a raison (même les détracteurs à propos de ces mêmes pédagogies avec lesquels je suis à priori d'accord) car il ne s'agit jamais que du point de vue de la personne dans un contexte donné, avec ses propres croyances à propos d'éducation, d'enfance, de parentalité, etc.... je veux dire que pour moi il n'y a pas UNE pédagogie mais des parents et des enfants qui doivent trouver leur mode de communication, leur façon de respecter les besoins des uns et des autres.. Et quels sont ces besoins ? ma base, ma colonne vertébrale, mon fil rouge ce sont les 7 besoins fondamentaux de l'Approche de l'Alignement: sécurité, repères, liberté, amour, cohérence, sens et réalisation. Mon travail personnel consiste à identifier et changer ce qui en moi (mes croyances - mon filtre - ma manière de voir le monde) m'empêchent de satisfaire mes Besoins Fondamentaux. C'est également ce que je fais dans mon cabinet quand j'aide les personnes à aller mieux dans leur vie, voir ce qui bloque dans leur tête et les empêche d'être vraiment heureux. Lorsque nous changeons les croyances disharmonieuses en croyances harmonieuses, les expériences que nous faisons sont totalement différentes et agréables. Bon, pour en revenir aux enfants, il s'agit de comprendre que nos enfants s'imbibent comme des éponges de nos croyances (l'effet miroir vous connaissez..), ils nous imitent à merveille.. et donc pour moi, en tant que parent, enseignant, mentor, il s'agit surtout de faire du travail sur nous, de changer nos croyances, de faire du ménage dans nos têtes, histoire de transmettre un peu moins de "trucs tordus"..
La clé pour moi, c'est mon expérience en tout cas, c'est la conscience et la volonté de s'améliorer. Il ne s'agit pas de culpabiliser (je suis passée par là oui oui) mais de se responsabiliser.. et d'accepter d'être là où on en est, s'excuser éventuellement si on dit ou fait quelque chose de travers, de comprendre qu'on a quelque chose à changer et le faire.. c'est pour moi, la meilleure chose à faire pour nos enfants.

Les enfants ont un potentiel énorme à exprimer.. et ce potentiel est progressivement mangé/coupé/cassé au fur et à mesure du temps, par nos remarques (bien intentionnées c'est certain) mais qui finissent par limiter nos enfants dans leurs possibilités (ex: les encouragements et félicitations poussent peu à peu nos enfants à faire ce qu'ils croient qui va nous plaire et pas ce que eux ont vraiment envie de faire; ils deviennent dépendants du regard des autres). Pourquoi tant d'adultes ont-ils peur de faire ce qu'ils ont vraiment envie de faire ? par peur notamment du regard des autres, de ne pas plaire surtout (ne plus recevoir de félicitations et de regard approbateur).

Dans la Maison des Potentiels, des réunions hebdomadaires seront organisées pour voir où l'on se situe, ce qui s'est passé pendant la semaine avec les enfants et entre adultes, ce que l'on peut en apprendre.. ensemble et individuellement, faire du travail sur soi; pour cesser aussi de transmettre de génération en génération nos blessures et nos difficultés, afin de libérer nos enfants de ce poids.
Alors oui, j'entend des voix me dire que c'est un peu idéaliste et utopique, qu'il y a des choses qu'on ne peut pas changer en soi, ou qu'il y en a trop.. oui peut-être. mais il est bon de commencer, n'est ce pas ?... pas après pas.. nos enfants ne sont ils pas en droit de nous le demander ? je vous le demande..

La Maison des Potentiels ouvrira ses portes à Bruxelles en septembre 2011. Si le projet vous intéresse ou vous aimeriez lancer quelque chose de similaire dans votre région, n'hésitez pas à me demander avis/conseils. Je me ferai un plaisir de vous aider.

Je reviendrai régulièrement poster sur l'avancée du projet et sur quelques principes éducatifs qu'il me semble intéressant de partager..

J'attend vos commentaires !

Laurence

La maison des potentiels